Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Accueil > Convergences révolutionnaires > Numéro 143, janvier-février 2022

Algérie. Suspension du Parti socialiste des travailleurs : non à la répression

Mis en ligne le 20 janvier 2022 Convergences Monde

Ce jeudi 20 janvier en Algérie le Conseil d’État a prononcé la suspension des activités du Parti socialiste des travailleurs, parti de militants d’extrême gauche, qui existe depuis les années 1970, et dont le crime aux yeux du régime est d’avoir activement participé au mouvement du Hirak de 2019 et d’avoir depuis soutenu les luttes sociales et les mouvements de grève qui ont suivi, notamment la longue grève de l’été et l’automne 2020 des travailleurs de Numilog, l’entreprise de logistique portuaire de Bejaia, propriété d’un des patrons les plus riches du pays.

Ci-dessous le communiqué de protestation du NPA :


Communiqué du NPA

Solidarité avec le Parti socialiste des travailleurs et ses militantEs !
Non à la répression !

Le pouvoir algérien vient d’ordonner la suspension des activités du Parti socialiste des travailleurs (PST), ainsi que la fermeture de ses locaux. Ses membres sont désormais en danger d’arrestation dans une Algérie où des militantEs, des journalistes et des manifestantEs sont régulièrement emprisonnés.

Le PST agit depuis plus de 30 ans pour la défense des droits des classes populaires, des travailleurEs, des femmes, de la jeunesse. Il dénonce avec acharnement l’impérialisme, notamment l’impérialisme français en Algérie et conteste le pouvoir, ce qui l’a notamment mené à être une des forces les plus constantes dans la construction du Hirak qui a mené à la destitution de Bouteflika et, depuis, à continuer à construire la mobilisation populaire et les mobilisations ouvrières dans une perspective anticapitaliste.

Le NPA et son candidat Philippe Poutou condamnent la répression contre le PST, nouvelle atteinte au multipartisme et aux libertés démocratiques en Algérie. Nous appelons toutes les organisations du mouvement ouvrier à s’y opposer également, et à refuser toute répression par le régime en place en Algérie contre les militantEs qui le contestent et construisent les mobilisations.

Montreuil, le 20 janvier 2022



Le régime algérien veut empêcher toute contestation sociale

Depuis des mois maintenant, le régime algérien tente de mettre fin à toute contestation sociale, et les arrestations de militants se multiplient, certains pour quelques jours en forme d’intimidation, d’autres incarcérés plusieurs mois avant même tout procès. Il y aurait près de 250 militants détenus pour leurs opinions.

Ainsi en décembre dernier, le porte-parole du MDS (Mouvement démocratique et social, héritier de l’ancien Parti communiste algérien), Fethi Ghares, passait en jugement, six mois après son arrestation. La condamnation est tombée le 10 janvier : deux ans de prison ferme sous les prétextes bidon d’« outrage à corps constitués » ou « diffusion d’informations pouvant porter atteinte à l’intérêt national ». Il avait pris la défense d’un journaliste du journal Liberté, emprisonné pendant six mois pour un reportage sur les mouvements sociaux dans le sud du pays, cette riche région pétrolière où les gens sont si pauvres, et les jeunes au chômage.

Le 5 janvier, un autre parti qui n’est pourtant qu’un parti bourgeois bien classique, le RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie) recevait de la justice un « avertissement » pour « l’utilisation de son siège pour des activités non conformes avec les objectifs prévus pour lui par la loi ». Quelle activité criminelle : avoir accueilli dans ses locaux une réunion des partis et associations appelant à la constitution d’un front contre la répression et pour la libération des détenus d’opinion.

La suspension des activités du Parti socialiste des travailleurs qui vient d’être prononcée, et la fermeture de ses locaux, outre qu’elle a pour but de paralyser toute activité de ce parti, est une menace directe contre les camarades du PST (dont certains ont déjà à plusieurs reprises été interpellés) qui pourraient se voir désormais condamnés pour « activité illégale » dès lors qu’ils exprimeront leurs opinions ou participeront à un mouvement.

Ils ont besoin de tout notre soutien.

Convergences révolutionnaires

Mots-clés :

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article

Abonnez-vous à Convergences révolutionnaires !

Numéro 143, janvier-février 2022

Mots-clés