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Grèves

Débrayage sur les salaires à Arc International : « On est des moutons noirs ! »

Mis en ligne le 19 décembre 2021 Convergences Entreprises

Mardi 14 décembre, un débrayage regroupant 600 ouvriers et ouvrières sur les 5 500 que compte l’usine d’Arques (Pas-de-Calais) a eu lieu sur les salaires à l’occasion des NAO (négociations annuelles obligatoires). À partir de 9 heures, ils se sont regroupés sous les fenêtres de la direction pour montrer leur détermination de ne pas céder au chantage patronal voulant faire croire que les travailleurs devraient de nouveau se serrer la ceinture. Alors que les conditions de travail se dégradent et qu’aucun investissement sérieux n’est réalisé sur le site de production, les actionnaires, eux, continuent à empocher des millions.

À l’issue de la discussion avec les organisations syndicales, ces dernières ont presque toutes accepté la signature d’un accord qui promet 1 % d’augmentation en janvier, 1 % en juillet et une prime de 100 euros par salarié [1]... En réponse : huées des travailleurs, refusant ces broutilles qui ne représentent rien.

Pour les syndicats, l’affaire serait pliée. Il faudrait maintenant reprendre le boulot tranquillement. Mais les travailleurs n’ont pas dit leur dernier mot.

Bien différente des propos résignés voire défaitistes de dirigeants syndicaux, la parole d’un salarié :

Le climat, c’est quoi ?

« Là, ça bouge un peu. Les équipes débrayent spontanément en fin et début de poste, par petits groupes. Mais ces groupes grossissent un peu chaque jour. C’est bien. On leur met la pression et on leur montre bien que si on veut, on peut tout bloquer, histoire de perturber les vacances au ski des grands chefs... ! Alors maintenant, c’est qui le patron ? »

Une organisation entre salariés à la base pourrait-elle se développer ?

« Oui, j’espère, déjà des rencontres. C’est bien de rencontrer des gens de secteurs différents. Sans ça, on ne se croise jamais. Sur un rond-point avec un des pneus qui brûlent, la colonne de fumée qui se voit à des kilomètres à la ronde, faire coucou aux voitures qui klaxonnent pour manifester leur soutien... Ça m’avait manqué... Et maintenant tout le monde sait qu’il se passe quelque chose à l’usine... On est des moutons ? Oui, mais des moutons noirs ! C’est une colère générale... on se sert la ceinture depuis des années, on était en première ligne pendant la crise sanitaire. Et tout ce qu’on récolte, c’est du mépris. Il est clair dans la tête de tous qu’il faut les forcer à réouvrir les négociations pour nous rendre ce qui nous est dû. Moi, je pense qu’il ne devrait pas y avoir de salaire en dessous de 2 000 euros. Mais on en est très, très loin. Pour l’instant on se bat pour qu’on nous respecte parce que notre parole, c’est pas de la merde. »

Correspondant local


[1Les directions syndicales concernées sont la CGT, l’Unsa, la CFE-CGC, la CFDT. Seul Sud a refusé de signer.

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Numéro 143, janvier-février 2022