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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 113, juin-juillet-août 2017

Editorial

Combattre ce nouveau gouvernement du patronat

Mis en ligne le 9 juin 2017 Convergences Politique

L’état-major de l’offensive patronale a donc été nommé par le Premier ministre Édouard Philippe. Macron jouait les « antisystème », le voilà qui aligne une brochette d’énarques, de vieux routiers de la politique prêts à retourner leur veste et de dirigeants d’entreprises. À commencer par Édouard Philippe lui-même, qui cumule les trois.

La « société civile » fait donc son entrée au gouvernement. Ce n’est pas une première, il n’y a de nouveau que l’ampleur. Mais s’ils n’ont jamais exercé de mandat politique, ces « nouveaux venus » n’ont rien de nouveau dans le monde des élites et du pouvoir.

La ministre des Transports, Élisabeth Borne, était depuis deux ans PDG de la RATP, où elle préparait l’ouverture à la concurrence par des réductions d’effectifs et le gel des salaires. Son bilan 2016 : 432 emplois supprimés, malgré 141 millions d’euros de bénéfices.

Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, était directeur de l’Essec, une école de commerce où les futurs cadres dirigeants apprennent à licencier et pressurer les salariés. Ancien directeur de l’enseignement scolaire sous Sarkozy, il s’y connaît en coupes budgétaires et suppressions de postes. Dans une interview donnée avant sa nomination à une association parents-profs de la droite catholique bien réac, il proposait d’aller vers une délégation au privé de l’école publique. Il commence son mandat par la mise en œuvre à marche forcée de la réduction à 12 du nombre d’élèves par classe de CP-CE1 en éducation prioritaire et propose que les devoirs soient faits dans l’établissement plutôt qu’à la maison. Si cela semble en apparence souhaitable, ce n’est que poudre aux yeux quand le gouvernement ne prévoit pas de moyens et effectifs supplémentaires.

Au ministère pompeusement rebaptisé de la « Transition écologique », c’est Nicolas Hulot qui s’y colle. Avec un Premier ministre qui a voté contre les lois – bien peu contraignantes – sur la transition énergétique et sur la biodiversité et qui appelle à « passer aux actes » dans la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, l’idiot utile du capitalisme qui lave plus vert que vert aura donc essentiellement pour mission d’avaler des couleuvres.

Business France au ministère du Travail !

Quant au ministère du Travail, d’où seront lancées les principales attaques, il est confié directement au Medef. La ministre, Muriel Pénicaud, ancienne DRH de chez Danone où elle a supprimé 900 emplois, ancienne administratrice d’Orange au moment des réorganisations qui ont provoqué de nombreux suicides, cumulait jusqu’à sa nomination les mandats d’administratrice d’Aéroports de Paris, d’administratrice à la Fondation Bettencourt-Schueller, de directrice générale de Business France et de membre du conseil de surveillance de la SNCF. Son directeur de cabinet, Antoine Foucher, était, lui, directeur général adjoint du Medef jusqu’en 2016.

Ils seront épaulés par un professionnel de la politique devenu girouette en chef, Bruno Le Maire, à l’Économie. Lors de la primaire de la droite, Le Maire affichait son mépris pour les classes populaires, avec un programme cumulant la suppression de l’ISF, la baisse des allocations chômage et du RSA et l’instauration de petits boulots payés 5 euros de l’heure. En 2015, Le Maire prétendait aussi ramener le Code du travail « à 150 pages », pour que l’essentiel soit « négocié » entreprise par entreprise. Un programme qui colle parfaitement aux objectifs de Macron et du patronat.

Parmi les vieux routiers, il y a aussi Bayrou, à la Justice. Lui qui avait rêvé d’incarner ce prétendu renouveau politicien doit se contenter d’un second rôle. Bayrou sait coller des baffes aux gamins qui lui font les poches, mais peu de chances qu’il en colle aux politiciens avec la loi bidon sur la moralisation de la vie publique promise par Macron. Surtout quand on voit l’empressement du gouvernement à justifier les magouilles du ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand, qui s’est enrichi en faisant attribuer à sa femme un marché immobilier juteux par les Mutuelles de Bretagne dont il était directeur général.

Ce gouvernement est donc bien un gouvernement de combat contre les classes populaires, fait de généraux bien aguerris issus directement des rangs du patronat et de l’appareil politique traditionnel de la bourgeoisie. L’heure n’est donc pas aux civilités, mais à la lutte. 

25 mai 2017

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Numéro 113, juin-juillet-août 2017