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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 47, septembre-octobre 2006

Altis (Corbeil, Essonne) : L’engrenage infernal des suppressions d’emplois et des aggravations d’horaires...

Mis en ligne le 26 septembre 2006 Convergences Entreprises

Depuis plus de dix ans, les salariés de l’usine Altis (ex-IBM) de semi-conducteurs de Corbeil Essonnes sont soumis au chantage à la fermeture. En invoquant une fois encore la forte concurrence, « notamment asiatique », la direction a annoncé en avril dernier un « plan de sauvegarde de l’emploi » qui lui permettrait de réaliser 15 % d’économies sur la masse salariale. En fait de sauvegarde d’emplois, il s’agit d’un plan de suppression d’emplois et aggravation des conditions de travail.

Du feu continu... aux horaires continus

Les usines de semi-conducteurs tournent à feu continu. Jusqu’en 1999, à Corbeil, la production s’effectuait en horaires dits « discontinus », avec des équipes en semaine et de week-end. L’horaire dit « continu » a été imposé en 1999, à l’occasion d’un plan social supprimant 800 emplois. Les 1 200 opérateurs restant travaillent depuis en cinq équipes, par factions de 8 heures et sur un cycle de 10 jours (deux matins, deux soirs, deux nuits, suivis de quatre jours de repos).

La mise en place de cet horaire a permis à la direction d’économiser sur les primes qui étaient accordées avant 1999 aux équipes de nuit et de week-end, tout en profitant au maximum de la flexibilité autorisée par la loi des 35 heures. De plus, les horaires continus lui ont permis d’harmoniser les méthodes de travail pour accroître le rendement.

Du côté des salariés, ce nouvel horaire a été une régression immense : au delà des problèmes de sommeil, la vie sociale est très perturbée. Le décalage constant par rapport au rythme hebdomadaire ne permet plus la moindre activité régulière dans la semaine, les week-ends libres ne se présentant que très irrégulièrement, à peine plus d’une fois par mois.

Et régression continue

Mais, taux de profits exigent, ça ne suffit pas à la direction d’Altis, qui en rajoute aujourd’hui. Le plan annoncé prévoit 323 suppressions d’emplois et, pour ceux qui resteront, le passage en factions de 12 heures sur des cycles de 8, 10 ou 12 jours.

Douze heures d’affilée, c’est d’autant plus épuisant que les opérateurs travaillent debout et parcourent des kilomètres en ligne, pour passer d’une machine à l’autre. De plus le travail requiert une concentration constante, la moindre erreur pouvant aboutir au rejet définitif d’un lot qui, comme la direction le rappelle insidieusement, représente la valeur de deux Twingos.

La leçon de Dresde

Les deux entreprises dont Altis est filiale, IBM et Infinéon, ont annoncé leur prochain désengagement du capital de l’entreprise, ce qui permet à la direction de jouer à fond le chantage à la « viabilité » pour tenter d’imposer son projet.

Cependant, pendant que les patrons se plaignent de leurs difficultés, les usines n’en continuent pas moins de tourner. Et Altis et ses maisons mères ne manquent pas d’argent ! À Corbeil, les opérateurs sortent l’équivalent de 1,5 millions d’euros chaque jour.

Depuis l’annonce du Plan, l’intersyndicale dénonce « l’absence de projet industriel ». Pour se montrer responsable, elle a présenté une « contre-proposition » qui s’aligne sur l’objectif de réduction de 15 % des coûts. Ce projet tente bien de plaire aux salariés, puisqu’il préconise un retour aux horaires discontinus d’avant 1999. En revanche, il inclut toujours la suppression de près de 200 emplois ! Toujours le même piège donc.

Infinéon possède une autre usine à Dresde, en Allemagne, très semblable à celle de Corbeil. Les factions de 12 heures y sont en vigueur depuis janvier 2006. Cependant, depuis le mois d’août, les actionnaires font de nouveau planer la menace de 500 suppressions d’emplois. En Allemagne comme ailleurs, rien ne calme l’appétit des actionnaires. On ne demande de sacrifices aux travailleurs que pour préparer les suivants.

Laurent VASSIER

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