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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 47, septembre-octobre 2006

Linkspartei ? Was ist das ?

Mis en ligne le 26 septembre 2006 Convergences Monde

Le nom de Linkspartei (Parti de gauche) prête à confusion. Pour le moment, ce parti n’existe pas. C’est encore un projet. Existent d’une part le PDS qui s’est développé à partir de la déconfiture du vieux parti dirigeant de RDA et s’est rebaptisé il y a plus d’un an Linkspartei-PDS. D’autre part la WASG qui devrait fusionner avec le premier, dans un processus inachevé auquel se sont invités presque tous les petits groupes de l’extrême gauche allemande.

En 2004, face à la politique de « réformes » anti-ouvrières (« néolibérale » diraient certains) du gouvernement social-démocrate de Schröder, de plus en plus impopulaire, une opposition s’est constituée aux franges de gauche des appareils du SPD et des syndicats. De ces petits cercles qui ne font pas le poids mais autorité dans le milieu altermondialiste, associatif, voire d’extrême gauche, naît la WASG - l’Alternative électorale pour l’emploi et la justice sociale. Mais c’est un ancien dirigeant du SPD, ancien ministre, Oskar Lafontaine qui en a pris la tête en 2005.

On commence à discuter d’un nouveau parti de gauche, d’une fusion entre WASG et PDS. C’est l’annonce par Schröder, à l’été 2005, d’élections législatives anticipées qui accélère le processus. Les délais sont trop courts pour fusionner, pas pour une campagne électorale commune : pour la circonstance, le PDS change de nom et s’appelle désormais Linkspartei-PDS. Les candidats de la WASG se présentent sur ses listes. Avec 8,7 % des suffrages et 54 élus, ce Linkspartei entre au parlement et forme une fraction présidée par Gregor Gysi du Linkspartei-PDS et Oskar Lafontaine de la WASG.

Dans la marmite en fusion, il y a donc aujourd’hui : l’ancien PDS rebaptisé Linkspartei-PDS ; la WASG qui garde une existence propre ; une fraction parlementaire où les deux se trouvent réunis. La cuisson devrait donner un seul parti de gauche, probablement sous le nom de Linkspartei ou tout simplement Die Linke (La gauche).

L’intermède des élections berlinoises

Ce qui a un peu marqué les élections régionales du 17 septembre à Berlin, c’est le fait que la majorité de la WASG berlinoise, influencée par le groupe trotskyste SAV (lié au Socialist Party anglais), a décidé de se présenter concurremment au Linkspartei-PDS. Pour ne pas cautionner la politique anti-ouvrière que celui-ci a menée pendant 5 ans avec le SPD au gouvernement régional. Voilà qui a suscité des débats internes et surtout le courroux des directions nationales du Linkspartei-PDS aussi bien que de la WASG. La lutte a atteint son paroxysme avec la tentative de la direction nationale de la WASG, en avril-mai 2006, de démettre la direction berlinoise pour empêcher cette candidature indépendante. Mais la direction berlinoise a porté l’affaire devant la justice bourgeoise, qui l’a effectivement remise en selle. La WASG a donc présenté sa propre liste, dirigée par Lucy Redler, une jeune permanente du SAV.

À noter que les groupes trotskystes qui militent au sein de la WASG ont divergé sur la question de la candidature séparée. Y étaient opposés, en particulier Linksruck lié au SWP anglais et l’ISL lié au SU de la IVe, tous deux siégeant à la direction nationale de la WASG. Le premier courant estimait que c’était rompre l’unité propice à l’émergence d’un nouveau parti, peu importe sa politique réformiste ! Le représentant du second à la direction de la WASG, pour des raisons similaires mais moins avouées, adoptait finalement une attitude de « ni... ni... », ni voter pour le PDS ni pour la WASG ! Mais continuer à militer pour la fusion des deux !

Certes, la WASG berlinoise a fait une campagne « 100 % social », de dénonciation de la politique du Sénat, avec pour leit-motiv « Privatisation : pas avec nous ! », « Jobs à un euro : pas avec nous », « Frais d’inscription en fac : pas avec nous ! »... Mais encore ? Quelles mesures radicales les travailleurs devraient-ils mettre en avant ? Par quels moyens les faire aboutir ? Grands blancs sur la question. La campagne de Lucy Redler, tout en évoquant les luttes, insistait surtout sur la perspective d’envoyer « une opposition sociale au parlement ». Bien dans la ligne, de ce point de vue, de la WASG nationale qui, comme son nom de baptême l’indique, est une « alternative électorale ».

Finalement, foin des déboires électoraux du PDS, Oskar Lafontaine lui-même a tiré un bilan plutôt satisfait de cette campagne berlinoise. Selon ses déclarations, ces candidatures séparées n’auraient nullement entravé le processus vers une fusion. Il est même probable qu’en son for intérieur, il se réjouisse de la déconfiture du PDS qui rétablit un certain équilibre en sa faveur, et du fait que la WASG berlinoise qui lui a tenu tête n’ait pas fait une percée ! Les responsables berlinois du PDS restent plus teigneux à l’égard de la WASG.

Par-delà les tribulations des élections berlinoises, le Parti de gauche projeté par alliance entre des hommes d’appareils réformistes rôdés, n’offre que des illusions aux travailleurs, et déjà des désillusions si l’on en juge aux résultats du PDS berlinois.

Les quelques petits groupes trotskystes qui y militent, s’y usent en fait à des chicaneries internes contre les Goliath de l’appareil. Ils édulcorent voire dénaturent leur programme pour ne pas se faire jeter (y compris de la WASG berlinoise), sans même avoir la contrepartie d’une vie démocratique qui rendrait des travailleurs partie prenante de ces luttes politiques. Pas vraiment une politique de révolutionnaires !

Toni ROBERT


Dates et sigles...

3 juillet 2004

Des membres du SPD et des cadres syndicaux fondent une association portant le nom « Travail et justice sociale - l’alternative électorale » (WASG).

22 janvier 2005

La WASG devient un parti, que rejoignent des groupes trotskystes qui y sont encore : le SAV (courant « militant » anglais), Linksruck (courant SWP anglais), dont une dirigeante, Christine Buchholz, est membre de la direction nationale de la WASG, l’ISL (une des deux tendances de la IVe en Allemagne), dont un dirigeant, Thies Gleiss, est lui aussi membre de la direction nationale de la WASG. À noter que l’autre section de la IVe, le RSB, est critique et refuse l’entrée.

Début mai 2005

Premier congrès national du parti. Quelque 5 000 membres.

22 mai 2005

Premières élections régionales auxquelles se présente la WASG, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. La tête de liste est un prêtre. Résultat : 2,2 % (182 000 voix). À titre de comparaison : le PDS se présente depuis 1990 et recueille 0,9 % des suffrages. Quelque 8 000 membres.

18 juin 2005

Oskar Lafontaine devient membre de la WASG (Ministre-Président SPD de Sarre de 1985 à 1998. Dirigeant du SPD de 1995 à 1999. Ministre des finances dans le gouvernement Schröder en 1998, dont il démissionne en mars 1999, pour des raisons de rivalité avec Schröder). Début septembre : 10 500 membres.

18 septembre 2005

Elections anticipées pour le Bundestag. La WASG se présente sur les listes du Linkspartei-PDS. Résultat : 8,7 % (54 députés).

Mars 2006

11 800 membres.

26 mars 2006

Elections régionales en Rhénanie-Palatinat et Bade-Wurtembourg. La WASG se présente, avec des membres du Linkspartei-PDS sur ses listes. Résultats : 2,5 % en Rhénanie, 3,1 % dans le Bade-Wurtembourg.

Mai 2006

La direction de la WASG berlinoise est destituée par la direction nationale, parce qu’elle rejette une candidature commune avec le Linkspartei-PDS aux élections régionales à venir de septembre 2006. Puis elle est réintégrée, suite à une action en justice. Elle a mené sa campagne électorale autonome, concurremment au Linkspartei-PDS.

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