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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 124, janvier-février 2019

Usine PSA Saint-Ouen : les salariés mobilisés contre la fermeture

Mis en ligne le 5 février 2019 Convergences Entreprises

Pressentie depuis des années, la fermeture de l’usine de pièces automobiles de PSA à Saint-Ouen a été annoncée officiellement en novembre dernier aux salariés. La direction de PSA se cache derrière le projet de l’AP-HP de construire un Grand hôpital Nord sur le site de Saint-Ouen pour justifier cette fermeture. Ce projet implique aussi la fermeture du magasin Conforama, situé sur la même parcelle et des hôpitaux Bichat et Beaujon, qui seraient ainsi regroupés, avec les suppressions d’effectifs qui accompagnent ce compactage hospitalier.

À Saint-Ouen, la direction veut en finir vite, bien sûr au moindre coût. Les salariés sont actuellement 324, après de nombreux départs « volontaires » ces dernières années. PSA les incite à quitter le groupe avant septembre prochain, pour 20 000 euros, 18 mois de salaire et quelques autres mesures d’accompagnement. Pour ceux qui iraient dans un autre site PSA en région parisienne, c’est un mois de salaire et 7 500 euros, 15 000 euros pour ceux qui iraient en province. Les salariés jugent ces propositions insuffisantes. Il n’y a pas de véritable plan de reclassement, avec garantie d’un CDI, pas de mesure d’âge et les congés senior feront perdre de l’argent aux salariés concernés.

Un certain nombre d’ouvriers de Saint-Ouen ont déjà vécu des fermetures, celles de Melun ou Aulnay. Un salarié déclarait ainsi à un journaliste du Parisien du 93 présent lors d’une de leur mobilisation qu’il avait déjà déménagé une fois, et qu’il n’allait pas « acheter un mobile-home pour suivre PSA partout »  !

Le 10 janvier, une centaine d’ouvriers des équipes du matin et d’après-midi se sont réunis en assemblée générale et ont manifesté dans l’usine. Ils sont ensuite sortis de l’usine (par la grande porte, celle réservée à l’entrée des camions, que la direction a dû ouvrir sous la pression !) avec pancartes et banderoles et sont allés distribuer des tracts au métro Garibaldi, très bien accueillis par la population et salués à coup de klaxon par les automobilistes, dont l’un a même cru qu’il s’agissait d’un rassemblement de Gilets jaunes avant de venir prendre la parole pour les soutenir face à la fermeture. Les grévistes sont ensuite allés à Conforama, où ils ont pu s’adresser aux salariés concernés eux aussi par la fermeture. Tous étaient très contents de cette action, contents aussi d’être sortis de l’usine pour se montrer et nouer des contacts. Mardi 15, les salariés se sont à nouveau mobilisés, avec assemblée générale à une centaine, puis sont sortis de l’usine à une soixantaine en manifestation et ont distribué un tract aux passants. La nuit, plus de la moitié de l’équipe a débrayé.

L’attitude de l’Alliance, le regroupement électoral de tous les syndicats pro-patronaux de l’usine (SIA, FO, CGC, CFTC), a contribué à entretenir la colère : le 17 janvier, ils ont sorti un tract annonçant qu’ils allaient signer les mesures spécifiques proposées par PSA pour la fermeture de Saint-Ouen et, dans leur tract, ils osaient dire qu’ils étaient venus voir les ouvriers et que leurs retours sur cet accord étaient majoritairement positifs ! Devant l’indignation des salariés, ils ont dû interrompre leur distribution et les ouvriers ont décidé de faire la liste de tous ceux qui sont contre l’accord. À l’heure où nous écrivons, cette liste en est à plus de 140 signatures et elle continue d’être signée. Le 24 janvier, le directeur de l’usine a dû venir répondre aux questions des salariés et est resté face à eux plusieurs heures. Il a osé affirmer que « dans le pire des cas, des ouvriers iraient à la chaîne à Poissy », ce qui a évidemment provoqué la colère de tous les présents.

La situation est difficile pour les salariés de Saint-Ouen, qui ne sont plus très nombreux sur le site, mais, grâce à leur colère et à leur capacité à s’adresser à ceux qui sont aussi concernés par le projet de Grand hôpital Nord et à tous ceux qui peuvent les soutenir, ils peuvent faire reculer PSA et obtenir les garanties dont ils ont besoin face à la fermeture de leur usine.

25 janvier 2019, Correspondant

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