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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 59, septembre-octobre 2008

Menaces sur La Poste

Un référendum contre la privatisation ? Nouveau hochet de la gauche

Mis en ligne le 2 octobre 2008 Convergences Entreprises

À l’initiative de directions syndicales de La Poste, d’abord apparemment FO puis SUD, suivies par la CGT et la CFTC, des partis, organisations, associations, de gauche et d’extrême gauche (du moins la LCR – Olivier Besancenot en tête, car ni Lutte ouvrière ni le POI ni la plupart des groupes anarchistes ne s’y sont joints), viennent de se constituer en « Comité national de mobilisation contre la privatisation de La Poste, pour l’ouverture d’un débat public et un référendum sur le service public postal » . Ce comité national appelle à créer dans tout le pays des comités locaux, pour l’organisation d’un référendum contre la privatisation.

Les premières réactions parmi les postiers qui ont fait grève le 23 septembre, ont été de scepticisme. À noter que dans le cortège parisien, c’étaient FO et la CFTC, peu réputés pour être à l’avant-garde des luttes, qui avaient choisi d’étaler en gros ce référendum, sur leurs banderoles et slogans. Un objectif que les révolutionnaires pourraient proposer aux postiers ? Pas à notre avis.

Les signataires de l’appel parlent certes de « mobilisation » contre la privatisation, pour et par le référendum. Voilà qui fait combatif ! « Tous aux urnes, citoyens ! », ça peut effectivement faire du déplacement ! Mais force est de constater que ceux qui prônent une telle « action » ne sont pas les plus chauds partisans de la mobilisation des salariés eux-mêmes, sur leur propre terrain de classe et de lutte. Il s’agit d’appareils syndicaux qui ont brillé par l’engluement dans des négociations entérinant des reculs anti-ouvriers. Il s’agit d’appareils politiques qui appellent à voter pour des notables qui ensuite, dans les institutions municipales, régionales voire surtout au gouvernement, participent aux privatisations. Le parti socialiste est évidemment le champion. C’est lui qui avait en quelque sorte lancé le démantèlement des PTT par la loi Quilès du gouvernement socialiste de Rocard en 1990, et accompagné lorsqu’il a été au pouvoir les mutations qui ont conduit des entreprises publiques à passer sous le contrôle total d’intérêts privés. France Télécom est désormais société anonyme détenue à plus de 70 % par des capitaux privés. La Poste est probablement vouée au même sort, même si l’actuel président Bailly jure ses grands dieux qu’il ne serait question que d’une petite ouverture du capital ! Refrain connu, et largement chanté à d’autres occasions par des ministres de gauche. Défiance donc, à l’égard de ce référendum et de ses initiateurs.

Sans compter qu’il n’est même pas certain qu’il se trouve une majorité d’électeurs pour rejeter la privatisation de La Poste. Entre une opinion bourgeoise réactionnaire et anti-ouvrière qui peut applaudir des deux mains à une rentabilisation plus forcenée encore (surtout qu’on peut faire confiance au gouvernement et à la direction de la poste pour faire leur pub en faveur de la libre concurrence), et une opinion populaire crédule, souvent excédée contre des « fonctionnaires » qu’elle rend responsables des queues aux guichets des bureaux de poste, quel sera le verdict ?

Ce projet de référendum que les récentes transformations constitutionnelles de Sarkozy rendrait possible, sous réserve de trouver le contingent nécessaire de citoyens et parlementaires signataires en sa faveur, est bel et bien une opération politicienne de la gauche, autour d’un PS qui peut prendre ainsi à bon compte une posture de défenseur des services publics… et agglutiner autour de sa démagogie la « gauche de la gauche ».

Pour les militants postiers d’extrême gauche en tout cas, l’objectif est tout autre : proposer aux travailleurs de la poste et leurs organisations, y compris de gauche, des étapes d’une mobilisation oui, mais sur leur propre terrain, celui de la lutte de classe.

Michelle VERDIER


Privatisation, à droite et à gauche…

Qui donc a transformé France Telecom en société anonyme ? Un certain François Fillon, ministre des postes et télécommunications sous le gouvernement Juppé en 1996. Qui donc a protesté alors en signant une pétition contre la privatisation des Telecom ? Un certain secrétaire du PS, Lionel Jospin… Qui n’en a pas moins, un an plus tard au gouvernement, ouvert le capital au privé en affirmant que ce n’était pas une privatisation, l’État restant majoritaire à plus de 50 %.

En 2002, France Telecom qui s’était portée acquéreuse d’entreprises survalorisées, avait accumulé une dette de 70 milliards d’euros tout en continuant de distribuer des dividendes aux actionnaires. L’État a volé à son secours face à l’effondrement de la valeur des actions en injectant 9,2 milliards dans son capital. Ce qui n’empêche pas aujourd’hui le groupe d’être privatisé à plus de 70 %. Et malgré les prétendus bienfaits de la concurrence, la facture est de plus en plus lourde pour les salariés et les usagers.

A.H.

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