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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 59, septembre-octobre 2008

John McCain, le républicain (mal) masqué

Mis en ligne le 2 octobre 2008 Convergences Monde

Cette année, les républicains promettent aussi du changement, tout comme Barack Obama. John McCain, sénateur de l’Arizona, et sa colistière Sarah Palin se présentent comme des opposants à la politique de l’administration Bush, tout en soutenant entièrement son actuelle politique.

McCain a fait de son passage au Vietnam, où il passa cinq ans prisonnier, un des axes de sa campagne. Pilote et prisonnier semblent être devenus dans sa bouche les deux qualités fondamentales pour remplir la fonction présidentielle ! Cela n’empêche ce soi-disant expert des questions militaires d’avoir des avis bien fluctuants sur la guerre en Irak : dans le passé, il a clamé qu’elle durerait 100 ans, à présent, il promet de la finir et de la « gagner »… d’ici 2013.

McCain aime rappeler qu’il n’a pas toujours voté avec le parti républicain et qu’en 2000 il s’est opposé à Bush lors des primaires. Alors, il critiquait en effet la droite religieuse, appelant le révérend Jerry Farewell un «  agent d’intolérance  ». Bush entré en fonction, il a été des deux sénateurs républicains à avoir voté contre les baisses d’impôts pour les plus riches. Il s’est prononcé contre l’utilisation de la torture. Mais en 2008, devenu le candidat républicain, ses positions ont changé. À présent il encense la droite religieuse, a changé de position sur la torture et propose de nouvelles réductions d’impôts pour les plus fortunés. Depuis lors, il ne s’est jamais démarqué de Bush au sujet des guerres irakienne et afghane ou encore du « Patriot Act ».

Sa campagne le présente comme un homme au-dessus de la corruption régnant à Washington, alors qu’il fut impliqué dans un scandale des années 1980 relatif à l’épargne et au crédit. À cette époque 747 associations de crédit et d’épargne ont fait faillite. Ce sont évidemment les clients qui ont payé cette faillite par la perte de leurs économies, comme les contribuables au travers des centaines de milliards reversés à ces associations. McCain était l’un des quatre sénateurs qui avait retardé la saisie de Lincoln Savings and Loans, dont la faillite a coûté 2 milliards de dollars.

L’événement le plus marquant de la campagne de McCain est l’introduction récente de sa colistière Sarah Palin, gouverneur d’Alaska. Palin, tout comme McCain, est présentée comme un électron libre en politique. Pourtant à Wasilla (Alaska), une ville de 10 000 habitants, elle a fait toute sa carrière politique sur un créneau réactionnaire et fortement teinté de religiosité. Son hostilité à l’avortement ou au mariage gay font partie de sa carte de visite. De toute évidence elle n’a été promue colistière de McCain, que pour pouvoir rafler le vote des femmes et ainsi récupérer l’espace laissé vacant par Hillary Clinton, concurrente malheureuse d’Obama.

McCain et Palin se présentent tous deux comme des Américains ordinaires, différents de l’élite que représentent Obama et les démocrates. Avec un emballage médiatique finement calculé, ils espèrent faire oublier que sur le fond rien ne les différencient de l’administration Bush.

Victor FRANKS

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