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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 24, novembre-décembre 2002

Echanges et points de vue

Un front, oui… mais pour quels objectifs ?

Mis en ligne le 22 novembre 2002 Convergences Politique

A la suite d’une proposition des camarades de la LCR qui éditent Débat Militant, et en rappelant que Convergences Révolutionnaires a toujours ouvert ses colonnes, dans la mesure de ses possibilités, aux autres courants révolutionnaires, nous publions ci-dessous un échange de points de vue sur la situation présente et la politique à défendre au sein de l’extrême gauche.


Il ne pourra y avoir de front des révolutionnaires que sur des objectifs précis. Pour ne parler que de nos deux organisations, LO et LCR, trop de choses les séparent, fondamentales comme conjoncturelles, dans les méthodes comme dans les buts, pour imaginer que du simple débat puisse surgir une alliance structurelle. Il suffit de confronter les analyses de Débat militant, tendance de la LCR à laquelle appartient Yvan Lemaitre et de la Fraction pour saisir des divergences considérables, même s’il y a aussi évidemment bien des convergences entre deux tendances qui, dans la LCR d’une part, LO de l’autre, partagent pourtant nombre de convictions communes. Pour notre part nous ne pensons pas, par exemple, que nous sommes entrés dans une nouvelle période politique, la situation des travailleurs, salariés, immigrés et exclus de ce pays ressemblant au contraire furieusement à celle qu’ils enduraient déjà avant le printemps, indépendamment des changements de rapports de forces électoraux entre les partis de droite, de gauche ou d’extrême droite, d’ailleurs moins importants que la LCR a voulu les voir.

Certes un débat entre les révolutionnaires n’est jamais inutile. Pour notre part nous y sommes toujours prêts. Et la Fraction le mène régulièrement d’ailleurs avec les camarades de Débat militant, comme elle l’a mené ou le mène avec toutes les tendances ou les groupes, petits ou grands, qui nous l’ont proposé. Le titre de cette revue Convergences révolutionnaires – que nous avions commencée en collaboration avec les camarades qui formaient la tendance Révolution !, maintenant dissoute, de la LCR – n’est-il pas tout un programme ?

Notre différence donc avec les camarades de Débat militant est que nous ne pensons pas qu’il s’agit d’abord de rassembler pour faire surgir ensuite les objectifs communs, mais rechercher (et proposer) ces objectifs qui, s’ils donnaient lieu à une intervention commune, pourraient ensuite favoriser un rassemblement. Ce n’est pas le cadre qu’il faut installer d’abord pour le remplir ensuite, c’est le contenu de l’alliance qu’il faut définir pour qu’il puisse servir de socle à l’éventuel cadre dans lequel nous pourrions nous retrouver.

Ces objectifs communs existent-ils aujourd’hui ? Nous le pensons. Mais ce ne peut être l’objectif politique général que se fixent chacune de nos organisations. Vouloir un parti à gauche de la gauche (surtout prêt à prendre une place dans un futur gouvernement de gauche comme Olivier Besancenot a pu l’écrire il y a peu) est antinomique à la construction d’un parti communiste révolutionnaire sur une base de classe que propose LO. Là-dessus aucune entente n’est possible tant que l’une ou l’autre des deux organisations n’aura pas changé son fusil d’épaule (et pour notre part nous militons pour que ce soit la LCR et surtout pas LO).

En revanche, face aux attaques redoublées et tous azimuts du patronat et du gouvernement, LO et la LCR, et plus largement bien des révolutionnaires, pourraient se retrouver, sur la nécessité d’intervenir dans la lutte de classe, non seulement pour aider chacune des luttes à aller le plus loin possible, mais aussi pour défendre et populariser la perspective d’un mouvement d’ensemble sur les revendications d’ensemble, seule riposte à la hauteur de l’offensive subie. Ce mouvement ni les confédérations syndicales ni la gauche n’ont la moindre intention de l’impulser, plutôt de dresser sur sa route tous les obstacles possibles (à commencer par l’émiettement systématique et organisé des journées d’action par branche auquel nous assistons depuis un mois). Sur ce point, si l’on en croit leur presse, les révolutionnaires se retrouvent aujourd’hui à peu près d’accord. Voilà donc bien la première opportunité de constituer un front !

C’est pourquoi nous proposons aux camarades de Débat militant de défendre dans nos organisations respectives, LO et LCR, l’idée d’une campagne nationale commune auprès des travailleurs comme des militants et organisations politiques, syndicales et associatives du monde du travail pour un mouvement d’ensemble sur les revendications qui constitueraient aujourd’hui le programme de la riposte ouvrière à l’offensive capitaliste : salaires, chômage, licenciements, précarité, retraite, sécurité sociale…

Le 10 novembre 2002

Jacques MORAND

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