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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 24, novembre-décembre 2002

Quelques aperçus de la situation à Cuba

Mis en ligne le 22 novembre 2002 Convergences Monde

Nous avons reçu une correspondance de Cuba dont nous extrayons quelques passages qui donnent un aperçu des problèmes de la population de l’île.

Les difficultés de la vie quotidienne…

Comme tous les pays du Sud, la situation ici est grave. Peu d’essence et économie d’électricité : le pétrole qui est extrait à Cuba même ne peut être transformé en essence et le Venezuela en fournit moins. La vie est plus chère, je ne parle bien sûr que des marchés et magasins en pesos (car il y a aussi ceux uniquement en dollars), que les cyclones, et les très gros orages détruisent et désorganisent. Cependant la libreta (le carnet d’alimentation) fournit toujours un minimum, ce qui fait qu’on est loin de ce qui se passe en Amérique Latine. D’autant plus que l’accès à la médecine et à l’école permet un semblant de bien-être…

En attendant l’inégalité se creuse toujours car même si les magasins en pesos sont plus nombreux, ils s’alignent de plus en plus sur les prix en dollars… Castro parle de l’ouverture de l’université aux travailleurs des 70 usines ou centres du sucre qui ferment. 70, soient 50 l’an dernier + 20 aujourd’hui. C’est dire les problèmes !

…De toutes manières, il est impossible de vivre de son salaire ouvrier ou paysan, et presque tous ont une double activité et cherchent des dollars. Mais le tourisme se tasse, surtout celui qui retombait en partie sur la population. Même de grands hôtels sont en partie fermés… Fin septembre, il y a eu une feria commerciale tout ce qu’il y a de plus officiel de part et d’autre avec plus de 200 citoyens des USA, et une grande fiesta avec Castro au théâtre Karl Marx, tous appelant de leurs voeux la Grande Réconciliation [avec les USA]. Et réclamant pour les touristes des USA une autre politique que celle de Bush, et toute la liberté pour venir à Cuba…

…et celles de la vie politique !

En octobre c’était les élections locales, avec choix entre 2 candidats à chaque fois. Ils sont choisis pour leurs qualités par la population. Mais seule leur personnalité peut varier. La presse n’a pas arrêté de vanter ces élections comme un exemple de démocratie complète. Un jour, un titre : Enfin, cette fois-ci des élections libres ! Je me précipite pour lire : un bien, bien vieux militant racontait comment c’était réactionnaire avant... 1959 ! Mais depuis quelle liberté ! C’est du même tonneau tous les jours, quand ce n’est pas l’histoire du malheureux obligé, toujours dans les temps reculés d’avant, de vendre sa voix… Participation 95,64 % pour le 1er tour. Bulletins nuls : 2,42%, blancs : 2,81%. Participation exacte sans doute, d’après mon sondage même ceux qui auraient envie de s’abstenir ne le font pas car ils seraient remarqués, et mieux vaut être bien avec son CDR. Cependant il y a eu souvent 2 tours, et même un 3e pour 3 circonscriptions où les candidats arrivaient à égalité. Certains pensent réellement en effet que le choix au niveau municipal est important. Mieux vaut quelqu’un d’honnête près de la population car il a un rôle réel pour tenter d’améliorer, la qualité du pain, le manque d’eau, le problème des transports... même s’il ne peut régler qu’à un tout petit niveau. Mais j’ai aussi l’exemple d’un quartier périphérique, où aucun candidat n’avait de programme, il n’y avait pas là d’isoloir (dans d’autres quartiers, oui), il fallait se cacher pour rayer un des noms. Et si les 2 candidats étaient du parti, l’un plus vieux, plus proche des gens (y compris dans ce monde de combines où tous participent), a été choisi pour être candidat par la population malgré le parti, mais n’a pas été élu…

30 octobre 2002

C.M.

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