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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 24, novembre-décembre 2002

LCIE : Quand privatisation rime avec restructuration

Mis en ligne le 22 novembre 2002 Convergences Entreprises

Ce que pourrait signifier une privatisation pour les travailleurs d’EDF, ceux des filiales d’EDF déjà privatisées en ont eu un avant-goût, en faisant l’expérience de la précarité des prétendus « emplois privilégiés ».

C’est le cas du Laboratoire central des industries électriques (LCIE), anciennement contrôlé par EDF, qui emploie 430 personnes en France, à Fontenay-aux-Roses, Toulouse et Ecuelles. En mars 2001, le Bureau Veritas (BV) en est devenu actionnaire à 100%. La majeure partie de l’activité du LCIE concerne l’établissement de normes dans le domaine de l’électricité (norme NF). A l’occasion de la privatisation, l’activité de recherche liée à la conservation des étalons nationaux a été abandonnée par BV et reprise par l’Etat pour être confiée à un Etablissement public d’intérêt commercial (EPIC). BV s’est donc emparé uniquement de l’activité commercialisable, concentrée autour des centres d’essais et d’étalonnage (7500 sociétés clientes). Les prestations de certification sont vendues à toutes les industries tenues de répondre aux normes françaises et européennes pour les équipements électriques et électroniques.

Rentabilisation à outrance

Dés le rachat, BV a clairement annoncé son intention de rentabiliser l’entreprise. Un an après, ils vendaient déjà à un très bon prix la Dosimétrie, un secteur lourd en investissement, à un groupe américain, Landauer. Aujourd’hui, c’est au tour de la Radiométrie d’être menacée. L’idée de BV est de ne conserver que les activités lucratives : essais, certification (ISO9000…), conseil et formation. Dans ces secteurs, la « rentabilisation » se traduit par une pression accrue sur l’ensemble du personnel, aussi bien sur les techniciens que sur l’encadrement. Une des méthodes employées par BV, c’est la mise en concurrence des différents services au sein même du LCIE, avec la mise en place de facturations internes.

Chaque chef de service est tenu pour responsable de la rentabilité de son secteur avec la menace de la suppression pure et simple de ceux qui ne le seraient pas. Certains chefs ont été poussés à la démission. Les autres répercutent la pression sur les techniciens qui bénéficiaient jusque là d’une certaine autonomie dans leur travail. Ceux-ci maintenant font l’objet de convocations individuelles et doivent rendre des comptes au quotidien à la hiérarchie. Cette dernière leur cache même désormais le montant des prestations qu’ils effectuent pour le client ! Quand ce n’est pas des rappels à l’ordre pour avoir pris sa pause cigarette devant l’entrée du LCIE ou même des jours de mise à pied… pour « bécottage » dans les couloirs.

Au travers de ces brimades quotidiennes BV qui se vante de ne jamais faire de plans de licenciements, poursuit une restructuration qui ne dit pas son nom. Depuis un an on compte déjà cinq licenciements déguisés, pudiquement baptisés par la direction « départ à l’amiable ».

Dans ce contexte, l’annonce de la direction de s’ouvrir de plus en plus aux marchés étrangers, à l’exemple de la filiale chinoise LCIE China, suscite la méfiance des travailleurs.

15 novembre 2002

Marine YAKOV

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