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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 51, mai-juin 2007

Tribune : Fallait-il appeler à voter Royal ? Que faire pour les législatives ?

Mis en ligne le 10 mai 2007 Convergences Politique

Avec l’objectif d’aider au débat au sein de l’extrême gauche, aussi nécessaire après qu’avant ces élections, Convergences révolutionnaires entend continuer à ouvrir ses colonnes aux autres groupes et tendances ou leurs militants. La tribune ci-dessous, avec laquelle nous avons bien sûr certains désaccords, nous a été adressée par des camarades de la LCR avant le second tour.


Leçons du 1er tour

La forte mobilisation a concerné aussi bien la classe ouvrière et la jeunesse que la bourgeoisie dont une partie s’est radicalisée autour de Sarkozy. Les couches exploitées ont largement utilisé le « vote utile » pour ROYAL, espérant barrer la route à Sarkozy. Le MEDEF n’a pas pris position, le journal Matin Plus du 25 avril relatant que, comme la CFDT, il se félicitait que les 2 candidats « reconnaissent l’économie de marché  ».

Sens du vote Royal

Rétablissement du CPE (CPC), refus du transport gratuit pour les chômeurs, embrigadement des jeunes par l’armée, institutionnalisation du syndicalisme d’accompagnement, mise en place de la Sécurité sociale professionnelle, refus de titulariser tous les sans papiers, d’abroger la loi Fillion, etc., tout cela interdit les illusions sur une quelconque satisfaction des revendications avec Royal.

C’est parce qu’ Olivier Besancenot s’est démarqué de Royal et du PS au 1° tour, qu’il a réalisé un score important, contrairement à Arlette Laguiller qui, dès le début de sa campagne, a annoncé son ralliement à Royal et a perdu les 2/3 de ses électeurs. Pourtant, les programmes d’urgence » de nos 2 organisations sont très proches.

Le PS, parti bourgeois

Depuis le vote des crédits de guerre en 1914, les dirigeants de la social démocratie sont passés définitivement du côté de l’ordre bourgeois. Malgré leurs crimes (assassinat de K. Liebknecht et R. Luxembourg, politique coloniale, etc.), leurs partis se référaient au socialisme, revendiquaient des améliorations positives pour la classe ouvrière (ex. congés payés, semaine de 40 heures etc.). De ce fait, ils possédaient une base sociale ouvrière. En échange, ils brisaient tous les processus révolutionnaires. Aujourd’hui ils sont mandatés par la bourgeoisie pour détruire tous les acquis, appliquer toutes les contre-réformes, même quand elles ont été mises en échec par la lutte des classes (CPC/CPE). Leur base sociale est donc bien bourgeoise, à l’occasion des élections, comme dans les syndicats.

Une organisation révolutionnaire ne doit, pas plus en 2007 qu’en 2002, appeler à voter pour un(e) candidat bourgeois(e).

Les appels à voter Royal, sous une forme ou sous une autre, des directions de la LCR et de LO constituent des fautes politiques graves.

Le résultat de l’appel à voter Chirac en 2002 de presque toutes les organisations ouvrières (sauf LO et la CGT-FO) a été l’Union Nationale et son élection avec plus de 80% des votants. Les conséquences : contre-réformes dans tous les domaines pendant le quinquennat, idées de Le Pen (portées par Sarkozy) en tête au 1er tour.

Que faire pour les législatives ?

Ne pas se contenter d’avancer des revendications transitoires justes : partage du temps de travail, ouverture des comptes des entreprises, abolition du secret bancaire etc., mais indiquer les moyens de les faire aboutir : destruction de l’État bourgeois, de sa police, de son armée, de sa justice. Cela signifie, qu’à travers tous les mouvements parcellaires, les révolutionnaires doivent mettre en avant ce qui relie les revendications entre elles, combattre pour l’élargissement, la généralisation des luttes, l’unité intersyndicale sur des bases de lutte de classe. Il faudra expliquer que, pour gagner sur les revendications du programme d’urgence, les travailleurs devront prendre le pouvoir non seulement au niveau des entreprises mais constituer leur État.

Il faudra aussi expliquer que le seul moyen pour combattre la politique de trahison des directions syndicales est de s’organiser ensemble dans les syndicats avec tous les militants prêts à défendre un syndicalisme de lutte de classe. Il faudra donc rompre, dans ce domaine, avec les pratiques tant de la direction de la LCR que de celle de LO qui aboutissent, l’une comme l’autre, à laisser les mains libres aux directions syndicales.

Sur la base d’un programme révolutionnaire commun, et parce que nos « Programmes d’urgence » sont pratiquement identiques, il faut, dès maintenant, engager des discussions entre LO et la LCR dans le but de présenter des candidatures communes aux prochaines législatives.

5 mai 2007

Christian (LCR Saint Quentin en Yvelines) – Romain (LCR Vitry) – Claude (LCR Saint Quentin en Yvelines) – Hervé (LCR Orgerus)

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