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DOSSIER : L’Inde : nouveau « miracle » de l’économie capitaliste ?

L’autre face du miracle

Mis en ligne le 10 mai 2007 Convergences Monde

L’Inde reste un pays frappé par une pauvreté massive. Selon les critères du gouvernement indien, 26 % de la population vit sous le seuil de grande pauvreté, soit 260 millions de personnes, qui souffrent de sous-nutrition chronique. Selon les chiffres de la Banque mondiale, 35 % des Indiens (soit 365 millions) vivent avec 1 $ par jour, contre 16 % de la population chinoise, et en tout 80 % des Indiens vivent avec 2 $ par jour ou moins (soit 840 millions !) contre 46 % de la population chinoise. La comparaison avec la Chine, l’autre grand pays émergent, montre que le niveau de vie indien est encore bien plus faible.

L’Inde se classe au 127e rang mondial (sur 175 pays recensés) pour son indice de développement humain. C’est un indicateur qui tente de mesurer le confort de vie d’une population, en prenant en compte le revenu par habitant, l’accès aux soins et à la scolarisation. L’espérance de vie n’est encore que de 63 à 65 ans selon les estimations, contre plus de 71 ans en Chine. Selon l’OMS, 5 millions de personnes meurent chaque année de maladies dues à la contamination de l’eau, par manque d’accès à l’eau potable. Dans la région très pauvre du Madhya Pradesh, 13,8 % des enfants meurent avant l’âge de 5 ans. La progression du sida est inquiétante, avec 4,6 millions de personnes infectées, mais peut-être le double en réalité. Le gouvernement indien consacre moins de 1 % du PIB à la santé publique. Cette situation sanitaire catastrophique n’empêche pas l’essor du tourisme médical au profit des cliniques privées dans lesquelles de plus en plus de riches occidentaux viennent occuper des lits d’hôpitaux haut de gamme pour se faire soigner à moindre coût.

Le système d’éducation est aussi très insuffisant. En 2001, le taux officiel d’adultes alphabétisés était de 65,4 %. En réalité, seuls 41 % sauraient vraiment lire et écrire, en raison du grand nombre d’enfants contraints d’abandonner en cours d’étude. La situation est encore pire pour les femmes dont 21 % seulement sont alphabétisées en milieu rural. Dans ce domaine aussi l’Inde est le pays des inégalités criantes, avec ses informaticiens hyper qualifiés et ses centaines de millions d’analphabètes, contradiction qui pourrait bien compromettre sa place de « bureau du monde ».

La majorité des Indiens est donc toujours exclue de la croissance économique, laquelle a aggravé les inégalités entre les riches et les pauvres, mais aussi les inégalités entre les régions : les régions les plus pauvres, encore très rurales (Bihar, Madhya Pradesh, Rajasthan et Uttar Pradesh, un ensemble surnommé le BIMARU) ont un niveau de vie comparable à celui de l’Afrique subsaharienne, alors que les villes des régions côtières comme Bombay ou Madras, ou encore le Sud autour de Bangalore, se modernisent à toute vitesse.

La pauvreté n’épargne cependant pas plus les villes que les campagnes : la moitié des 18 millions d’habitants de Bombay vivent dans la rue ou dans des bidonvilles. Pas plus que le sous-emploi : 4 millions de postes sont créés par an actuellement, contre 8 millions dans les années 1980 ; au vu de la croissance démographique, il en faudrait au moins 10 millions. La libéralisation de l’économie en a même supprimé dans le secteur public, suite à un certain désengagement de l’État, comme dans le secteur privé à cause des restructurations. En clair, en Inde aussi les patrons licencient sous prétexte de compétitivité mondiale.

L. G.

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