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DOSSIER : L’Inde : nouveau « miracle » de l’économie capitaliste ?

L’Inde : nouveau « miracle » de l’économie capitaliste ?

Mis en ligne le 10 mai 2007 Convergences Monde

L’Inde, en quelques années, a connu une croissance économique impressionnante. Au point que certains se demandent si le sous-continent peut devenir avec la Chine, le Brésil ou l’Afrique du Sud, l’un des nouveaux pays dominants du monde capitaliste. Le Monde (Dossiers et documents) d’octobre 2006 titre La Chine et l’Inde devraient occuper les 1e et 3e places mondiales dès 2035. Quatrième puissance agricole mondiale et première pour les services informatiques, l’Inde développe son industrie, son commerce et ses services et connaît même un développement des productions d’énergie.

La mondialisation, l’ouverture des marchés, les nouvelles technologies peuvent-ils à ce point transformer le partage des richesses, la répartition mondiale du travail et les rapports de forces mondiaux ? La recherche de la productivité du capital peut-elle l’amener à investir l’essentiel dans ces pays et verra-t-on les pays impérialistes céder les premières places ? L’Inde, qui représentait moins de 1 % de l’économie mondiale au début des années 1970, peut-elle devenir l’un des pivots du système capitaliste ?

D’autres pays de main d’œuvre bon marché ont d’abord connu un boom des emplois, suivi d’un boom des grèves avec une amélioration relative des salaires et une diminution de l’avantage concurrentiel. Ainsi la Corée du Sud a donné l’impression qu’elle allait se hisser parmi les plus grandes puissances, avant de subir des crises dévastatrices puis de repartir de l’avant en limitant ses ambitions. Les nouveaux pays « émergents » comme l’Inde ne risquent-ils pas de se trouver eux-mêmes concurrencés, en termes de main d’œuvre bon marché, par des voisins plus pauvres ? Ou encore le succès de l’Inde n’est-il pas un moyen pour les capitalistes de limiter le développement chinois ?

Rappelons que ce ne sont pas les « pays émergents » qui auraient forcé la porte du marché mondial. C’est le capital international, à commencer par l’impérialisme américain, qui a choisi de s’ouvrir à ces pays et d’y pénétrer. Le plus étonnant n’est pas que des trusts occidentaux investissent en Inde, pays à la main d’œuvre bon marché, ou même qu’un pays du tiers monde soit capable de leur proposer une main d’œuvre qualifiée et des ingénieurs top niveau. C’est plutôt que des trusts indiens aient atteint le stade leur permettant de racheter des entreprises de pays riches et de jouer dans la cour des grands de la concurrence mondiale.

Le développement économique de l’Inde est incontestable. On a longtemps pensé qu’elle s’en tiendrait à son rôle de premier plan dans les technologies de l’information, mais ce stade aussi semble dépassé. La recherche appliquée, les biotechnologies, la pharmacie se développent à grande vitesse. Il y a en Inde quatre millions de chercheurs pour 1,3 en Europe. La croissance économique concerne désormais des grandes chaînes de distribution et même l’automobile. La politique internationale de l’État indien accompagne cette évolution économique dans le sens d’un rapprochement des États-Unis.

Ce qui néanmoins ne permet pas de conclure, et de loin, que l’on assisterait à l’émergence d’un nouveau pays industriel susceptible de faire concurrence aux grandes puissances impérialistes actuelles. Le « miracle indien », si l’on prétend appeler miracle le développement de l’exploitation capitaliste dans de nouvelles régions du monde, est très loin de toucher l’immense majorité de la population. S’il y a un avenir dans les importants changements que connaît l’Inde, il faut plutôt l’attendre du développement d’une importante classe ouvrière et de l’essor de ses luttes économiques et politiques.

2 mai 2007

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