Tous ensemble pour l’augmentation des salaires, des pensions et des minima sociaux !
15 septembre 2008 Éditorial des bulletins L’Étincelle
Ah la belle rentrée que voilà ! Après des vacances passées à se serrer la ceinture (40 % des Français ne sont pas partis cet été, y compris 20 % des cadres, faute de salaires suffisants), nous voilà accueillis par des attaques tous azimuts dans tous les secteurs.
Renault annonce 5000 suppressions de postes, PSA licencie un millier d’intérimaires, General Motors menace de fermer son site à Strasbourg. Dans le public, les enseignants ont repris le travail avec 11 200 postes en moins dans des conditions de surcharge des classes qui nuira surtout aux élèves les plus défavorisés. La privatisation accélérée de la Poste est à l’ordre du jour : encore des suppressions de postes, des fermetures de bureaux et surtout l’augmentation vertigineuse des prix que l’on commence déjà à sentir sur l’ensemble des services postaux. Comme si les prix de l’essence, des loyers, de la santé, des produits de première nécessité n’étaient pas déjà assez élevés pour des salaires, eux, totalement bloqués.
La hausse du chômage et donc de la pauvreté qui résultera de ces diminutions d’effectifs a même été anticipée par le gouvernement. En effet, celui-ci s’en prend déjà aux chômeurs par de nouvelles mesures qui portent à deux mois, contre quinze jours actuellement, la durée de radiation des chômeurs qui auront refusé deux offres d’emplois, y compris à temps partiel. Faire payer le chômage aux chômeurs, il n’est pas de meilleure diversion pour éviter d’accuser ceux qui profitent réellement de la détérioration des conditions de vies des travailleurs.
Car au même moment les profits des entreprises du CAC 40 crèvent le plafond. Alors que l’essence devient de plus en plus inaccessible, Total réalise un bénéfice net de 8 milliards d’euros (+ 29 %). Alors qu’ils suppriment des postes dans toute l’Europe, Renault et PSA augmentent leurs bénéfices nets respectivement de 21 % et de 49 %. Alors que les prix de l’alimentation explosent, les profits de Danone aussi (+ 16 %) !
Les raisons ne manquent pas pour réclamer notre dû.
Contre la privatisation de la Poste, les syndicats appellent à une journée de mobilisation le 23 septembre. Contre les suppressions massives de postes, les syndicats enseignants appellent à une manifestation le 19 octobre. La CGT appelle à une journée de mobilisation le 7 octobre prochain contre la politique patronale et gouvernementale.
Il faut que ces journées soient des succès, dans l’intérêt de tous, travailleurs et usagers. Mais il ne faudra surtout pas en rester à ces journées de protestations dispersées, alors que nous avons tous les mêmes problèmes, de suppressions d’effectifs, de conditions de travail et de salaire.
En effet, avec la pression du chômage et des suppressions d’effectifs, la baisse du pouvoir d’achat frappe de plein fouet toutes les catégories de salariés, tous secteurs confondus. Face à cette baisse, il nous faut dès aujourd’hui imposer l’augmentation de nos salaires, indexée sur celle des prix, à commencer par 300 € pour tous chaque mois, la revalorisation du SMIC (à 1500 € nets), mais aussi des retraites, des indemnités et minima sociaux.
Pour cela nous ne pouvons compter que sur un mouvement d’ensemble. Car ce qui fera vaciller l’arrogance du gouvernement et du patronat c’est qu’un ou plusieurs problèmes, à commencer celui du pouvoir d’achat, donc de l’augmentation des salaires, deviennent l’affaire de tous, l’affaire d’une mobilisation capable de regrouper tous les travailleurs du privé comme du public.
Il faut que les prochaines mobilisations soient l’occasion de l’affirmer haut et fort, afin de préparer l’indispensable riposte d’ensemble.

