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Accueil > Éditos de bulletins > 2006 > juillet > 10

Terrorisme d’Etat

Cela fait 12 jours que l’armée israélienne bombarde sans répit la bande de Gaza : une quarantaine de morts, des maisons en ruines, des routes et des ponts détruits, la centrale électrique (qui fournissait 40% de l’électricité) démolie et des hôpitaux ou des stations d’épuration d’eau réduits à fonctionner avec des groupes électrogènes qui ne vont pas tarder à manquer de carburant.

La raison mise en avant de ce déluge de fer et de feu ? L’enlèvement d’un caporal de l’armée israélienne par un commando palestinien qui revendique la libération de 1 000 prisonniers palestiniens. Un chantage inadmissible pour le gouvernement israélien. Le premier ministre israélien Ehud Olmert, invitant l’armée israélienne à agir « avec toute sa puissance » et à recourir « aux moyens extrêmes ».

Admissible, par contre, de punir tout un peuple pour libérer un seul militaire ? En tout cas, cela ne semble pas choquer les puissances occidentales, les USA comme plusieurs pays européens (dont la France), qui soutiennent l’opération israélienne. « Israël a le droit de se défendre » a déclaré le porte-parole de la présidence américaine. En fait d’autodéfense, c’est plutôt la loi du plus fort que pratique Israël ! En effet, face aux roquettes artisanales de faible portée et imprécises des Palestiniens, l’Etat israélien dispose d’une des armées les plus puissantes du monde, équipée et financée par les Etats-Unis. Même disproportion sur la question des prisonniers : pour un soldat israélien aux mains des Palestiniens, c’est 10 000 palestiniens (dont des femmes et des mineurs) qui croupissent dans les geôles israéliennes !

Sous prétexte de se protéger contre le terrorisme palestinien, l’Etat d’Israël s’autorise les actes les plus barbares et dénie par contre aux Palestiniens le droit de résister. Une résistance pourtant bien légitime ! Réduits à vivre sur un territoire exigu et morcelé, complètement asphyxié économiquement, rongé par le chômage ( 60% des Palestiniens vivent sous le seuil de pauvreté, avec moins de 2 € par jour), sur lequel la colonisation ne cesse d’empiéter, les Palestiniens subissent quotidiennement de la part de l’armée israélienne contrôles et incursions meurtrières. Une situation qui s’est encore dégradée depuis les élections législatives de janvier dernier. Israël a en effet vu dans l’arrivée au pouvoir du Hamas un prétexte pour resserrer encore l’étau autour du peuple palestinien, encouragé là encore par les puissances occidentales qui se sont empressées de suspendre toutes aides financières. Résultat : depuis 5 mois, les fonctionnaires ne sont plus payés, à commencer par les enseignants et le personnel soignant...

Soutenu par les grandes puissances, Olmert peut ainsi continuer la politique inaugurée par Sharon et tous ses prédécesseurs : enfermer la population palestinienne dans un véritable camp de concentration aux frontières sans cesse réduites, en tentant d’y maintenir l’ordre par la terreur.

Cette complicité des dirigeants occidentaux avec le gouvernement israélien n’est pas nouvelle. Les puissances impérialistes considèrent depuis un demi-siècle Israël comme une base avancée chargée de maintenir leur ordre dans un Moyen-Orient riche en pétrole. Au détriment du peuple palestinien d’abord, mais aussi contre les intérêts de la population israélienne, condamnée elle aussi à porter le poids d’une guerre sans fin, avec ses morts, avec ses dépenses, avec la militarisation de toute la société.

Pourtant, les deux peuples pourraient cohabiter fraternellement, sur la base de l’égalité sociale et politique. Mais les dirigeants des deux côtés mènent des politiques qui s’opposent à cette perspective. Les dirigeants israéliens en premier, responsables de l’oppression du peuple palestinien. Et le terrorisme d’Etat d’Israël alimente le terrorisme des organisations palestiniennes, aggravant encore la coupure entre les deux peuples. Seule l’émergence de forces politiques se plaçant sur le terrain de la défense des intérêts de tous les travailleurs, de tous les opprimés de la région, et non sur celui d’un nationalisme étroit, pourrait offrir à la population palestinienne comme à celle d’Israël une véritable issue.

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