Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Accueil > Éditos de bulletins > 2006 > juin > 26

Régularisation de tous les sans papiers !

Alors que certains voient venir avec plaisir la période des vacances, d’autres s’inquiètent : leurs enfants, ou des copains de leurs enfants, seront-ils expulsés de France ?

C’est à la fin de l’année scolaire, dans les premiers jours de juillet, que la chasse à l’enfant voulue par Nicolas Sarkozy, va commencer. Des dizaines de milliers de jeunes, selon le Réseau Education sans Frontières qui mène le combat contre les expulsions, entrés dans le pays avant l’âge de 18 ans pour rejoindre leurs parents en situation le plus souvent régulière, se retrouvent, le jour de leur majorité, des sans-papiers. Beaucoup ont effectué une partie de leur scolarité en France, s’y sont fait des amis, parlent la langue, envisagent leur avenir ici. Mais non, pour cause de conditions de plus en plus draconiennes de regroupement familial, ces jeunes n’ont pas obtenu de papiers et sont considérés comme des clandestins à expulser. A l’automne dernier, devant la colère exprimée contre l’ordre donné par Sarkozy aux préfets de procéder aux expulsions, le ministre de l’Intérieur avait dû reculer et donné un sursis jusqu’à la fin de l’année scolaire. Nous y voilà !

Voici le résultat de la volonté d’un Sarkozy de faire du chiffre anti-immigrés : 25 000 expulsions pour l’année 2006. Voici le résultat de sa chasse aux voix pour les élections de 2007, argument de la droite pour faire concurrence à l’extrême droite : des enfants arrêtés au petit matin par flics ou gendarmes. La légère reculade de Sarkozy promettant de régulariser environ 800 familles, soit une goutte d’eau, n’a pas apaisé l’indignation contre les expulsions.

Si le gouvernement croyait l’affaire emballée, c’était sans tenir compte de la résistance de la population. Depuis des mois, un peu partout dans le pays, des parents, des enseignants, se solidarisent avec ces enfants, allant jusqu’à promettre de les cacher si nécessaire pour les soustraire à une loi injuste. Les initiatives sont multiples, rassemblements devant les préfectures, manifestations de lycéens et de parents d’élèves, pétitions, appels à la grève en cas d’expulsion. Petites et grandes villes sont le lieu de nombreux actes de solidarité. Une pétition qui professe « Nous ne laisserons pas commettre ces infamies en notre nom. Chacun avec les moyens qui sont les nôtres, nous leur apporterons notre soutien, notre parrainage, notre protection", a recueilli plus de 80 000 signatures.

Au-delà de cette urgence, c’est toute la politique anti-immigrés actuelle qu’il convient de dénoncer, et notamment la dernière loi sur l’immigration qui compte pourrir encore un peu plus la vie de la population immigrée, en fabriquant des clandestins par milliers. Finie la régularisation au bout de dix ans de présence sur le territoire ! Terminé le regroupement familial ! Tout ça pour faire croire que les immigrés seraient responsables de la situation de l’emploi ! Comme si les vrais et seuls responsables des licenciements et du chômage, comme du pillage des caisses publiques, n’étaient pas les grands licencieurs comme EADS, Michelin, Renault, Dim et bien d’autres. De cette situation, la droite est bien sûr responsable au premier chef, puisqu’elle est aux commandes gouvernementales. Mais la gauche n’est pas innocente.

Si des politiciens de gauche, PS et PC, s’affichent dans le combat contre les expulsions, ils ont leur responsabilité pour la situation actuelle. Loin d’avoir régularisé tous les sans papiers lorsque leurs partis étaient aux affaires, ils ont eux aussi affrété des charters pour des reconduites aux frontières. Nulle part dans le programme tout récent du PS ne figure cette revendication élémentaire de la régularisation de tous ces hommes et femmes qui vivent et travaillent ici, souvent depuis de longues années, sans aucun droit. Et sous une menace policière permanente qui les livre pieds et poings liés à des patrons margoulins qui souvent les sous-traitent... à de grosses entreprises complices.

Pour dénoncer cette politique anti-immigrés, une manifestation nationale aura lieu le samedi 1er juillet prochain à Paris, et des regroupements dans diverses villes en province. Faire reculer le gouvernement, c’est l’affaire de tous les travailleurs.

Imprimer Imprimer cet article