Al Quaïda pour justifier le terrorisme impérialiste ?
11 septembre 2006 Éditorial des bulletins L’Étincelle
Il y a cinq ans 3 000 personnes trouvaient la mort aux Etats-Unis suite aux attentats suicides d’Al Qaïda. Et le décompte n’est pas clos. Parmi les milliers de sauveteurs et ceux qui ont déblayé les ruines, nombreux sont ceux qui souffrent aujourd’hui de problèmes respiratoires dus aux produits toxiques inhalés. Détail sordide dans le pays le plus riche du monde : nombre des immigrés qui ont nettoyé les sites, payés à la journée, échappent à toute protection médicale et n’ont aujourd’hui pas de quoi se soigner.
Pour qui, pour quoi, toutes ces victimes ? Al Qaïda prétendait lutter contre la présence américaine au Moyen orient et contre l’oppression du peuple palestinien. Mais en tuant ainsi aveuglément il ne pouvait défendre aucune cause justifiable. Ben Laden et consorts méprisent la vie des gens, quel que soit l’endroit de la planète où ils vivent, musulmans ou pas. Ils en ont encore fait la preuve ensuite par d’autres attentats sanglants à Bali, Casablanca, Madrid, Istanbul, Londres ou Charm el-Cheikh. Ils ne visent au nom d’un radicalisme religieux réactionnaire qu’à s’emparer des moyens d’opprimer à leur tour leur propre peuple, et les femmes encore plus que les hommes. Mais ces assassins ne sont pas nés de rien. Ben Laden avant de se retourner contre les Etats-Unis avait rendu des services à la CIA et il avait reçu armes et moyens de financement pour former ses troupes en Afghanistan contre l’ex-URSS.
Ben Laden n’en était pas à son premier attentat contre des intérêts américains avant que Bush ne décide pour le punir... de livrer la guerre contre l’Afghanistan, un mois après les attentats du World Trade Center, le temps d’y envoyer 50 000 soldats, des centaines d’avions de combat et des dizaines de navires au large des côtes. C’est par des destructions massives et des dizaines de milliers de victimes dans la population afghane que se traduit maintenant le bilan de cette politique. Les troupes de l’Otan ont officiellement pris le relais, mais les attentats et les affrontements avec les Talibans n’en continuent pas moins.
Pire, c’est cette nouvelle guerre en Irak depuis trois ans, lancée au prétexte que Saddam Hussein aurait soutenu Al Qaïda et aurait préparé des armes de destruction massive. Lesquelles n’ont jamais existé. Et pas plus tard que la semaine dernière, le Sénat américain publiait un rapport citant la CIA, affirmant que le régime irakien n’a jamais soutenu Ben Laden et a même au contraire combattu ses partisans en Irak. Tout n’était que prétexte inventé.
Tandis que Ben Laden court toujours, la population américaine - qui paye aussi son tribut de sang, 2700 morts en Irak - a vu se renforcer le contrôle policier sur sa vie de tous les jours : diminution des droits de la défense, violation de la vie privée, atteinte à la liberté d’expression. Dans le même temps les droits de l’homme sont ouvertement bafoués, l’utilisation de la torture étant justifiée par Bush.
La réalité c’est que ces guerres qui depuis le 11 septembre font d’innombrables victimes - après celles du déluge de feu américain des premiers temps, ces derniers mois c’est 100 morts par jour en Irak - n’ont d’autre but que le contrôle des richesses du Moyen Orient, le pétrole en premier, par l’impérialisme américain. Lequel menace aujourd’hui la Syrie par Israël interposé et l’Iran.
De ce bourbier sanglant, le gouvernement français n’a pas voulu être absent. Même si Chirac, Villepin et Cie ont exprimé leur réserves sur l’intervention en Irak, ou leur différence en ce qui concerne la guerre menée par Israël contre les Palestiniens et les Libanais, ils n’en participent pas moins à cette politique criminelle. Des troupes françaises interviennent en Afghanistan et maintenant au Liban, prenant le relais de Tsahal qui n’a pu achever sa sale besogne. Pas pour défendre les intérêts des peuples de la région, mais pour permettre à des capitalistes français d’y trouver aussi leur compte.
Partout sur la planète, le système capitaliste fait ses ravages. Partout il doit être combattu. Non par des guerres fratricides entre les peuples, mais par l’union des travailleurs et des opprimés contre la domination des puissances de l’argent.

