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Tous ensemble, contre la chasse à l’enfant !

Chirac se montre aux premières loges pour applaudir Zinédine Zidane et ses équipiers. Mais bonjour la scélératesse de son gouvernement contre les immigrés de plus fraîche date et leurs enfants, qui se voient refuser des titres de séjour. La semaine dernière, au moment où les footballeurs blacks-blancs-beurs marquaient des points, des milliers de gosses étaient soudain menacés d’expulsion du territoire français, parce qu’avec le début des vacances expirait le délai concédé par Sarkozy aux scolarisés sans papiers. Des milliers de parents des gosses menacés se pressaient devant les antennes de préfectures dans l’espoir d’arracher une régularisation que Sarkozy avait vaguement promise au cas par cas, selon des critères on ne peut plus flous « d’attaches fortes avec la France » ou de « réelle volonté d’intégration de ces familles ». Et pour étudier les cas, de nommer un prétendu médiateur en la personne de Arno Klarsfeld, dont les parents avocats se sont illustrés dans la défense de Juifs victimes du nazisme. Car Sarkozy s’est senti gêné de l’initiative de Resf (Réseau éducation sans frontières), qui a incité des dizaines de milliers de personnes connues ou inconnues à signer une pétition intitulée « Nous les prenons sous notre protection », où elles s’engagent, au mépris de la loi, à héberger, nourrir et ne pas livrer à la police les élèves sans-papiers et leurs parents. Aux yeux de Sarkozy, cela faisait trop penser à ceux qui pendant la guerre avaient caché des enfants juifs.

Mais qui se sent morveux se mouche !

Eh oui, la protestation contre la politique anti-immigrés de Sarkozy existe. Depuis des mois, des parents et des enseignants se mobilisent. Un peu partout dans le pays, des collectifs contre les expulsions se sont formés dans les écoles et les lycées, qui ont contraint Sarkozy à accorder un délai jusqu’à la fin de l’année scolaire. Samedi dernier, jour de l’expiration du sursis, des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans le pays, sous les banderoles d’associations, de syndicats et de partis de gauche et d’extrême gauche, à l’initiative de Resf et du Collectif contre l’immigration jetable.

Sarkozy a pour horizon borné sa campagne présidentielle pour 2007. Il joue les gros bras contre les immigrés et leurs gosses à des fins électorales. C’est le sens de sa dernière loi sur l’immigration, dite CESEDA, qui aggrave la vie de la population immigrée : plus question de carte de séjour de 10 ans ni de regroupement familial. Sarkozy se flatte aussi de faire du « chiffre » et de réaliser 25 000 expulsions en 2006. En février, il expliquait aux policiers comment organiser les rafles efficaces, aux abords des foyers de travailleurs, voire à l’hôpital. Et pourquoi pas aller traquer des enfants à l’école ?

Sarkozy compte surtout rafler les voix de ceux à qui il aura fait gober, à l’instar de Le Pen, que l’immigration serait responsable du chômage et de la précarité. Comme si aujourd’hui, ce n’était pas leurs amis patrons d’EADS, Renault ou Arcelor qui licencient et s’en mettent dans les poches, au point que ça fait désordre !

Mais pas sûr que la démagogie xénophobe fasse recette. Pour signe, ces enseignants et ces familles qui se sont insurgés contre les menaces d’arrestation et d’expulsion d’enfants qu’ils connaissaient. Insurgés contre une politique faisant fi de ce que des familles ont dû fuir, guerre ou misère, avant de venir en France. Emus par des situations dramatiques comme celle de cette femme qui s’est retrouvée seule en France, mère d’un enfant de trois ans et enceinte de quatre mois, parce que le père avait été soudain expulsé vers la Chine. Petites et grandes villes ont été le lieu de nombreux actes de solidarité.

Des personnalités de gauche se sont montrées en tête des protestations. Tant mieux mais méfiance ! Jospin qui avait promis de rétablir le droit du sol supprimé par la droite, ne l’a pas réellement fait une fois au gouvernement : il s’est contenté d’assouplir les conditions d’acquisition de la nationalité française pour un enfant né en France. Et la régularisation de tous les sans papiers n’est pas au programme du PS dont les dirigeants décochent eux aussi des œillades à l’électorat xénophobe.

La bagarre est donc loin d’être finie. Pas d’arrêt de jeu ! S’opposer à cette chasse à l’enfant et aux familles est l’affaire de tous les travailleurs.

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