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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 32, mars-avril 2004

Services publics - réalité : A Paris-Lyon (SNCF), sous les palmiers, c’est pas la plage !

Mis en ligne le 6 mars 2004 Convergences Entreprises

Depuis le TGV-Méditerranée, la gare de Paris-Lyon est agrémentée de grands palmiers en pots. Ambiance de vacances, atmosphère de farniente, ah ces cheminots ? Ne vous y fiez pas !

Des tracasseries, des mesquineries

La direction est lancée « à la recherche du temps perdu ». Elle compte, elle minute, elle grappille…

En cas de retard au travail faisant suite à des retards de transports dont la SNCF est pourtant responsable (trains retardés ou même supprimés comme c’est de plus en plus courant), l’encadrement fait maintenant pression pour que le personnel rattrape. Il est même arrivé que la direction demande de rattraper la pause obligée lors d’une alerte à la bombe, le mois dernier, au cours de laquelle, eu égard au danger encouru, la police avait décidé de faire évacuer tout le personnel. Si bien que le syndicat Sud a décidé de saisir l’Inspection du travail, qui a rendu un avis défavorable à la direction.

Depuis cette année, pour la visite médicale annuelle, les cheminots restent « commandés » et doivent retourner au travail après la visite, ce qui n’était pas le cas auparavant puisqu’ils étaient remplacés. Seuls les cheminots exerçant un métier dit de sécurité (agent de conduite ou autre) échappent encore à la nouvelle obligation, mais pour combien de temps ?

Enfin, au Commercial, la direction multiplie les pressions individuelles : les agents sont désormais contraints de porter la tenue sous peine de sanctions ou de blocage dans les notations (qui permettent pour certains de passer à une qualification ou échelon supérieur, donc de percevoir une petite augmentation de salaire). Le port de la tenue entre également dans le calcul pour l’attribution de la nouvelle prime annuelle GEXCI (Gratification Exceptionnelle de Contribution Individuelle). En fait avec cette prime instaurée il y a quelques mois, la direction s’aligne sur la politique patronale générale d’individualisation des salaires. Autant dire à la tête du client, à charge surtout pour la petite hiérarchie de la distribuer et de se faire aimer !

Le pompon revient pourtant à la concurrence que l’encadrement cherche à introduire entre agents en les poussant à s’inscrire au concours… du meilleur vendeur de cartes commerciales. Ainsi les agents dits d’accueil sont maintenant invités à recevoir l’usager comme quelqu’un moins à renseigner qu’à faire payer.

Et surtout des suppressions de postes

Ces mesquineries et tracasseries sont d’autant plus mal ressenties qu’elles s’ajoutent à la détérioration des conditions de travail comme de transport. Ce dont cheminots mais aussi usagers sont les victimes.

Quasiment pas d’augmentation générale de salaire depuis deux ans. Par contre, des suppressions de postes. Les milliers annoncés à l’échelle nationale ont leur traduction locale. Aux ventes de Paris-Lyon, la direction vient d’annoncer la disparition d’une petite dizaine de postes. Elle avait déjà fermé le service « après-vente » grandes lignes auquel les usagers insatisfaits pouvaient trouver réponse, voire réparation, à leur problème (en fait, tous ces services clientèles des grandes gares subissent ce sort, seul celui de la gare de Paris-Nord reste ouvert). Les usagers devront désormais écrire… La direction mise cyniquement sur l’abandon, de ce fait, de quelque 30 % des réclamations. Pour ce qui est du personnel son sort n’est pas encore scellé.

Le personnel des cabinets médicaux se sent lui aussi menacé. Les travailleurs des ateliers-matériel de Villeneuve-Prairies également (déjà du fait de la suppression des 3X8 et de leur remplacement par des horaires de soirée, matinée ou journée, leurs primes et repos compensateurs liés aux nuits sautent).

Suppression des services à la clientèle, suppression des ateliers de réparation… encore un effort. Il ne restera bientôt plus qu’à supprimer les trains eux-mêmes, et la SNCF ne sera plus embêtée ni par les cheminots ni par les usagers.

27 février 2004

Luigi PALESTRO

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