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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 32, mars-avril 2004 > DOSSIER : Après Jospin, Raffarin. De mal en pis, Bilan du gouvernement

DOSSIER : Après Jospin, Raffarin. De mal en pis, Bilan du gouvernement

Après Jospin, Raffarin. De mal en pis, Bilan du gouvernement

Mis en ligne le 6 mars 2004 Convergences Politique

Commentant, à l’occasion de ses vœux à la presse, le 12 janvier dernier, l’action de son gouvernement en 2003, Raffarin évoquait « dix innovations de solidarité » s’inscrivant dans une « logique du social durable » ! Parmi ces innovations, la création de CDI sans charges pour l’embauche des jeunes (comme si la baisse des charges patronales avait jamais favorisé l’emploi !) ou l’instauration du RMA, présenté comme une « étape entre le RMI et le CDI » (une étape surtout vers un salaire de misère). Il promettait de maintenir le cap de la « baisse des prélèvements » (c’est-à-dire des cadeaux fiscaux aux plus favorisés) et la « modernisation de la fonction publique » (synonyme de restrictions budgétaires et de réductions d’effectifs). Et, pour marcher sur les plates-bandes de Le Pen, promettait la « maîtrise de l’immigration ».

Mais sur l’essentiel du bilan de son gouvernement, à savoir la réforme des retraites, il a préféré ne pas insister, juste vanter l’instauration d’un « nouveau droit à la retraite pour ceux qui ont commencé à travailler entre 14 et 16 ans ».

Certes, pour Raffarin, cette « réforme » des retraites a été une victoire dont le patronat ne peut que lui savoir gré. Ouf, elle est passée ! Mais non sans le camouflet du mouvement de mai-juin dernier.

Raffarin s’était pourtant promis de ne pas recommencer Juppé en 1995. Lui, comme la gauche, allait tout négocier avec les syndicats, les mettre dans sa poche, pour éviter toute explosion. Au début, c’était plutôt bien parti, concernant les retraites des gaziers et électriciens.

Mais patatras ! Voilà que des employés d’EDF-GDF votaient majoritairement contre la réforme, alors que CGT et CFDT les appelaient à voter pour.

Et re-patatras ! Voilà que des enseignants se mettaient en grève, pas pour 24 heures symboliques, mais pour presque deux mois durant lesquels Raffarin a tremblé, non sans raison, devant une possibilité d’extension. FSU, CGT et FO durent se mettre dans le coup, à appeler à des manifestations qui commençaient à rassembler enseignants, cheminots, postiers, des délégations de travailleurs d’autres secteurs. Ça commençait à avoir un petit parfum de 1995.

Mais les directions syndicales, pas davantage la CGT que la CFDT, même si la seconde était fièrement du côté du gouvernement et la première beaucoup plus hypocritement, n’ont voulu que le mouvement se renforce et s’étende. Et les grévistes n’ont pas eu la force de déborder.

Mais le gouvernement a eu chaud.

C’est pourquoi le traitement du prochain gros dossier au programme, la refonte de la Sécurité sociale, commencera plus tardivement (après les élections et peut-être en juillet, quand une partie du pays sera en congés ou mort de chaud !). D’ici là, sont seulement égrenées quelques pilules amères.

Ce que tout cela prouve en tout cas, c’est que le gouvernement se sait impopulaire ! Pas besoin des sondages !

Multiplication des licenciements, baisse des salaires, des retraites, de l’indemnisation du chômage et des minima sociaux, développement de la précarisation : l’équipe Raffarin-Fillon-Ferry-Sarkozy-Aillagon a bien mérité le César spécial que les intermittents du spectacle lui ont décerné.

Quand on voit ce qu’on peut faire à quelques dizaines et bien organisés, imaginons ce que des millions pourraient ! Raffarin et sa clientèle de riches et de possédants n’y résisteraient pas longtemps.

C’est ce que nous devons mettre au programme.

28 février 2004

O.B.

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