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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 93, avril-mai 2014

Renault Lardy (Essonne) : Contre les méthodes mafieuses des patrons du nettoyage : la grève !

Mis en ligne le 22 avril 2014 Convergences Entreprises

Les salariés chargés du nettoyage à Renault Lardy (Centre technique de 2 000 salariés) ont mené une grève de trois semaines en mars pour s’opposer à la mutation par leur entreprise PEI (Propreté environnement industriel) de deux camarades et anciens délégués qui refusaient de marcher dans les pratiques d’achat de syndicalistes par la direction de cette grosse entreprise de nettoyage de 5 000 salariés au total.

Grève contre des mutations de force

En février 2014, ces deux travailleurs du nettoyage font signer par leurs camarades une pétition dénonçant la dégradation des conditions de travail et la remontent à leur direction. Comme seule réponse, celle-ci leur envoie un courrier leur indiquant qu’ils seraient mutés quelques jours plus tard sur deux sites éloignés de leur domicile. Suite à ce qu’ils considèrent comme une sanction, les salariés PEI de Lardy convoquent une assemblée générale. Grande surprise, en plus d’eux-mêmes et de délégués Renault CGT qui sont toujours à leurs côtés, se sont invités quelque vingt « syndicalistes » PEI venus d’autres sites. Des briseurs de mouvement, qui vocifèrent et tentent de prendre à l’écart et d’intimider des salariés hésitants.

Grâce aux réflexes acquis lors de luttes passées, 25 nettoyeurs du site, sur 35, partent en cortège pour interpeller la direction Renault. Qui se défile : « Nous ne sommes pas responsables de la gestion par la société sous-traitante de son personnel ». 19 salariés PEI décident donc de se mettre en grève pour obtenir l’annulation des mutations.

Tous les coups tordus…

Deux jours après le début de la grève, alors que les grévistes distribuent un tract au personnel Renault devant la cantine, un salarié vient les prévenir qu’un autre tract, injurieux à l’égard des deux représentants et des grévistes, est distribué à une entrée isolée. Quand ils s’y rendent, accompagnés de militants CGT et SUD de Renault, ils se trouvent nez à nez avec une brochette de délégués PEI maison, parmi les trublions de la première AG. Ces derniers mettent vivement de côté leur tract et font mine d’en distribuer un favorable à la grève ! Le ton monte alors…

Le lendemain, les deux représentants sont mis à pied et convoqués pour un entretien préalable à licenciement. C’est là que PEI sort de son chapeau un motif de licenciement fabriqué de toutes pièces : une pétition de salariés du nettoyage se disant harcelés – en fait quelques signatures que les délégués maison ont extorquées par pressions, menaces et mensonges. L’inspection du travail, après enquête sur le site, confirme les méthodes douteuses de PEI.

Soutien des salariés Renault mais échec de l’extension

Les grévistes reçoivent un soutien massif des salariés de Renault : une pétition de soutien recueille 650 signatures en un jour, une collecte permet de récolter plus de 1 300 euros.

La lutte devenant visible, la direction Renault entre dans le jeu… pour soutenir PEI. Le directeur d’établissement réunit la hiérarchie en urgence pour dénigrer les grévistes, relayer les rumeurs que PEI fait courir et dénoncer la mauvaise publicité que cette grève fait pour Lardy ! Les grévistes de leur côté, tentent de s’adresser à leurs camarades nettoyeurs et salariés de l’automobile d’autres centres Renault (Rueil et Guyancourt) par tracts et collectes. Une réunion se tient au Technocentre de Guyancourt avec des salariés PEI de ce site, soumis aux mêmes conditions de travail. Mais PEI menace les présents de sanction, voire de licenciement, et décourage ainsi une extension du mouvement.

Les grévistes du nettoyage de Lardy ont repris le travail après trois semaines de grève faute de cette extension. Mais ce n’est que partie remise contre les petits gangsters à la tête du nettoyage, avec comme parrain la direction Renault… Toujours est-il que les deux représentants menacés de licenciement continuent à se battre, avec l’appui de leurs camarades de travail et des militants Renault de Lardy, contre l’éventuel licenciement et les pratiques mafieuses de leur employeur.

10 avril 2014, Lucien MASSA

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Numéro 93, avril-mai 2014

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