Pour faire reculer de Villepin et les patrons, tous dans l’action le 28 mars, c’est la grève générale qu’il faut préparer !
20 mars 2006 Éditorial des bulletins L’Étincelle
En dépit des centaines de milliers de manifestants descendus dans la rue samedi - la plus importante de toutes les actions engagées contre le CPE - il apparaissait ce lundi qu’il en fallait encore davantage à de Villepin pour l’amener à retirer sa loi. L’aurait-il fait qu’il n’aurait pas, il est vrai, la certitude d’en être quitte pour autant. Non seulement avec l’immense majorité de la jeunesse qui la première s’est mise en branle, mais aussi avec tous ceux qui les ont rejoint samedi, pour lesquels le droit de licencier sans motif pendant deux ans, que ce soit dans le cadre du CPE, ou dans le cadre du CNE, avec la promesse d’étendre la mesure à tous travailleurs ensuite, n’a été que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.
Oui ras l’bol de la précarité, ras l’bol des licenciements, ras l’bol des salaires de misère imposés par les patrons profiteurs du chômage !
Les propositions « d’aménagement » de de Villepin - adjonction d’un « référent » (un surveillant !) pour tout jeune en CPE, ajout d’un rab de 15 jours de salaire à ceux qui seront licenciés, bilan dans 6 mois une fois la mesure avalée - ne fait rien à l’affaire. Et les syndicats ont eu bien raison de refuser de discuter sur ces bases-là. Quant aux dernières propositions des patrons consistant à ramener à un an la période d’essai (alors qu’elle est de un à six mois actuellement dans le code du travail !) et de « justifier le motif des licenciements », elles non plus ne rendent pas « meilleur » l’inacceptable CPE. Le retrait s’impose toujours !
Un recul du gouvernement sur le seul CPE ne supprimerait pas la précarité. Mais il serait un encouragement pour tous ceux qui ont pris le chemin de la lutte, il les aiderait à entraîner tous ceux qui n’y sont pas encore. C’est pour cette raison essentielle que de Villepin, malgré les incitations à « suspendre » sa loi venant même d’une partie de son camp, s’est gardé jusque-là de le faire. Préférant, entre deux dangers, prendre encore le risque de faire monter la mobilisation d’un cran... ou de plusieurs, tout en caressant l’espoir qu’au contraire le mouvement retombe de lui-même.
A nous de le persuader qu’il a tout faux ! Et nous en avons les moyens.
Oui c’est une grève générale que nous devons préparer. Comme le demandent les étudiants et les lycéens qui ont décidé à la coordination nationale dimanche dernier de continuer à manifester dans la rue cette semaine et appellent à se retrouver jeudi dans une manifestation centrale à Paris.
Les syndicats de travailleurs appellent à une journée d’action avec des arrêts de travail pour le mardi 28 mars. Nous devons répondre massivement à leur appel, car de cette façon nous pourrons préparer les étapes suivantes. Il en va de l’intérêt de tous. En attendant, rejoignons nombreux les manifestations des jeunes.
La lutte doit continuer. Pour obliger le gouvernement à retirer le CPE et la prétendue loi sur « l’égalité des chances », à retirer le CNE, pour faire vraiment reculer la précarité, interdire les licenciements, augmenter les salaires, préparer ainsi un autre avenir aux jeunes et à leurs parents que celui qu’on nous promet. Tout est possible aujourd’hui pour que ce combat que le pouvoir et les patrons ont engagé, se termine par leur défaite et ouvre la porte à un véritable changement pour l’ensemble du monde du travail.
Cela fait bien trop longtemps que nous encaissons - recul sur les retraites, sur la sécurité sociale, démantèlement des services publics, licenciements en masse et réduction des indemnités de chômage, baisse des salaires et du niveau de vie, chasse aux travailleurs sans-papiers - il est temps de rendre les coups. Le patronat et la bourgeoisie n’ont jamais été aussi riches, comme les profits en hausse du CAC 40 l’attestent, à nous de leur imposer par une grève générale, d’autres conditions d’existence et un autre avenir.


Réactions à cet article
2. Pour faire reculer de Villepin et les patrons, tous dans l’action le 28 mars, c’est la grève générale qu’il faut préparer ! , 21 mars 2006, 20:29, par poum
Hardi camarades je suis de la lcr mais je soutiens toute convergence révolutionnaire le cpe est l’occasion de doter les travailleurs de la conscience de classe révolutionnaire et de radicaliser la jeunesse pour l’arracher des griffes idéologiques de la bourgeoisie en avant pour le socialisme en avant pour la révolution
Réagir à ce message