Leur faire payer leur crise
29 septembre 2008 Éditorial des bulletins L’Étincelle
« Dire la vérité aux Français, c’est leur dire que la crise actuelle aura des conséquences dans les mois qui viennent sur la croissance, sur le chômage, sur le pouvoir d’achat ». C’est ainsi que Sarkozy, s’exprimant jeudi dernier à Toulon, se prépare à nous faire payer la crise de l’économie capitaliste.
Tout commence il y a un peu plus d’un an lorsque les ménages pauvres américains ne peuvent plus rembourser les prêts à taux variables qu’ils ont souscrits pour payer leur maison. C’est le système qui veut ça : on bloque les salaires à des niveaux très bas, mais on prête aux pauvres à des taux usuraires, pour maintenir tout de même la consommation, au prix d’un endettement insupportable. Les familles les plus modestes doivent vendre pour rembourser, et se retrouvent à la rue. Mais comme elles le font en masse, le prix de l’immobilier s’effondre, et les banques ne peuvent plus se rembourser avec les saisies. Or, les banques ont spéculé sur ces prêts, se les vendant et revendant les unes aux autres. Tout le système est gangrené, de sorte que depuis un an plusieurs banques n’ont échappé à la faillite qu’en se faisant racheter par leurs concurrentes.
Ces dernières semaines, le processus s’est accéléré. Dernière en date, la faillite de la caisse d’épargne Washington Mutual est la plus importante de l’histoire du système bancaire américain.
Cette crise, c’est la crise du capitalisme. Mais tous les efforts des Etats et des politiciens qui les représentent, visent à la faire payer aux travailleurs et non aux financiers et aux grands capitalistes qui en sont responsables. C’est le sens du plan présenté par le ministre des finances des USA. Par ce plan, finalement accepté par l’ensemble de la classe politique américaine, l’Etat s’engage à racheter à hauteur d’au moins de 700 milliards de $ les « titres toxiques », ces créances que les banques refusent aujourd’hui de s’échanger. Cela représentera au moins 2 000 $ à payer pour chaque Américain !
Cette crise, les travailleurs la paient déjà. Elle a coûté leur logement à cinq millions de familles américaines, et leur emploi à des milliers de travailleurs des banques ou de l’immobilier. Et ce n’est qu’un début. Les grandes entreprises industrielles à l’exemple de Renault préparent des plans de suppression d’emplois. Rien qu’en France au deuxième trimestre de cette année, l’industrie s’est débarrassée de plus de 50 000 intérimaires.
En Europe, on ne cherche plus à nous faire croire que la crise restera purement américaine. On se prépare à nous la faire payer, nous aussi. C’était l’objectif du grand discours de Sarkozy à Toulon. Il y a annoncé que l’Etat français serait prêt à voler aux secours des banques et des grandes entreprises. Dans le même temps, plus de 30 000 emplois seront supprimés dans la fonction publique. On ne saurait montrer plus clairement pour qui roule l’Etat.
Toute la classe politique voudrait nous faire passer pour une fatalité les sacrifices annoncés. Pourtant, les grandes entreprises font encore des milliards de profits. Faire payer la crise aux travailleurs plutôt qu’aux patrons sur leurs profits accumulés n’a rien de fatal, c’est un choix politique.
Toujours dans son discours de jeudi, Sarkozy s’est employé à marteler sur tous les tons que « la crise financière n’est pas la crise du capitalisme ». C’est pourtant la faillite de ce système, basé sur la recherche permanente du profit à court terme, que signe la crise du système bancaire. C’est à ce système qui ne profite qu’à une minorité et qui ne promet aux travailleurs que l’exploitation et la paupérisation, qu’il faudra mettre fin. Cela passera d’abord par refuser de payer pour ses crises.
Sarkozy, à la suite de Bush, prépare un « plan de sauvetage » des grands capitalistes et des banques. C’est d’un tout autre plan que les travailleurs ont besoin, un véritable plan de mobilisation générale en défense de nos intérêts : pour une augmentation générale des salaires d’au moins 300 € par mois et pour 1 500 € de revenu minimum, pour l’interdiction des licenciements et contre la suppression des emplois publics. Seule une lutte d’ensemble sur ces objectifs pourra nous éviter de faire les frais de la crise.


Réactions à cet article
2. Leur faire payer leur crise , 2 octobre 2008, 09:20, par bebeloue
sous traitant pour psa ca y est les capitalistes nous le font payés : on chome 13 jours avec 50% du salaire
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3. Leur faire payer leur crise , 3 octobre 2008, 21:51, par Lerou
En parlant de ces 700 Milliards d’aide (après déjà 300 milliards pendant les mois auparavant) aux spéculateurs, on aurait du dire que ce plan n’envisage bien sûr pas la moindre aide aux véritables victimes de la crise ! La moitié de ces 1000 milliards de Dollars en aide à des familles modestes aurait leur donné les moyens de payer leurs dettes et garder leurs maisons !
Bien sûr, on ne peut pas s’attendre á une telle politique d’un état aux mains des riches.
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