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Archives > Éditos L’Étincelle > 2015 > juillet > 14

Les vautours n’ont pas peur des urnes

À peine refusé par les électeurs grecs lors du référendum du 5 juillet, le plan d’austérité des créanciers est revenu par la grande porte. C’est d’abord le Premier ministre grec lui-même qui a fait voter jeudi 9 juillet au parlement le programme exact qui venait d’être repoussé dans les urnes. Mais cela ne suffisait plus à Hollande et Merkel qui tenaient à leur démonstration de force : ce lundi, après un nouveau simulacre de négociations, le gouvernement grec et les dirigeants européens ont proposé un nouveau plan, encore pire que les précédents, encore plus insupportable pour la population que les mémorandums qui l’ont saignée depuis 2010 : hausse de la TVA, attaques contre les retraites, des privatisations pour une valeur de 50 milliards d’euros, etc.

Tous les Grecs qui ont voté « Non » à l’austérité lors du référendum, les travailleurs, les milieux populaires, les jeunes sans avenir, ont de quoi être en colère. Ils subissent l’austérité depuis 5 ans, ils se sont appauvris quand ils ne sont pas tombés dans la misère, réduits à se rendre à la soupe populaire et on leur demande une nouvelle fois de se serrer la ceinture. Face à eux, les banques et les capitalistes qui vont bénéficier des privatisations se fichent pas mal de leur sort.

Le bal des usuriers

En France, on nous demanderait presque de nous réjouir de leur malheur. Des politiciens de gauche et de droite français, aidés par les principaux médias, veulent nous mettre dans la peau d’un créancier de l’État grec. On veut même nous faire croire que les Grecs devaient de l’argent à chaque contribuable français. Alors même qu’en réalité l’État français s’est enrichi avec la dette grecque. Les mêmes applaudissaient quand le gouvernement nous a fait les poches, réellement cette fois-ci, afin d’offrir 40 milliards d’euros au patronat français.

Mais qu’avons-nous de commun avec ces créanciers ? Qu’avons-nous de commun avec une Christine Lagarde, directrice du FMI, prête à punir la population grecque en commençant par les plus pauvres parce que l’État n’a pas pu rembourser les 1,5 milliard d’euros qu’il devait au FMI ? La même était moins regardante quand il s’agissait, alors qu’elle était ministre française des Finances, de faire un cadeau fiscal de 1,7 milliard d’euros à la Société générale au moment de l’affaire Kerviel. Qu’avons-nous de commun avec Hollande et Merkel, prêts à enfoncer la tête des couches populaires grecques sous l’eau pour satisfaire l’appétit de quelques vautours, qu’il s’agisse des banques, des institutions financières internationales ou des États, français et allemand en premier lieu ? Notre camp est bien celui des travailleurs et des classes populaires grecques ; ce que les banques et les États coalisés leur ont imposé nous est aussi promis.

A quand la révolution ?

En jouant le jeu truqué des créanciers, en respectant les règles du capitalisme et les droits des possédants, le gouvernement Syriza s’est condamné à trahir ses promesses électorales.

S’il faut trouver de l’argent, il faut aller le chercher là où il est : dans les coffres-forts de la bourgeoisie. Chez les riches armateurs grecs et l’Église de Grèce, puissant propriétaire foncier, qui sont exonérés d’impôts. Parmi les biens des grands bourgeois grecs, notamment ceux qui sont allés planquer leurs milliards en Suisse. Dans les réserves des banques. En prenant sur le budget de l’armée, qui sert surtout à enrichir un marchand d’armes bien français comme Dassault. Il ne devrait pas y avoir de scrupules à réquisitionner les biens de la bourgeoisie, cela fait des années que les conditions de vie des classes populaires sont prises en otage. Une telle politique supposerait une mobilisation puissante des travailleurs en Grèce. Une mobilisation révolutionnaire, la seule qui ferait peur aux créanciers et les ferait céder.

Certains comptent sur la contagion électorale du vote de gauche de la gauche en Europe depuis la Grèce. La récente expérience grecque démontre qu’il s’agit d’une impasse ; on n’effraye pas les vautours de la finance avec quelques bulletins de vote. Comptons plutôt sur la combativité des travailleurs de Grèce, sur notre solidarité et sur la contagion révolutionnaire à l’Europe entière.

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