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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 60, novembre-décembre 2008 > DOSSIER : Leur crise... et nos moyens de sauvegarde

DOSSIER : Leur crise... et nos moyens de sauvegarde

La spéculation, moteur du capitalisme

Mis en ligne le 2 décembre 2008 Convergences Politique

Économie de casino ? Prépondérance anormale de la finance sur la production ? Irresponsabilité des actionnaires, qui auraient pris le pouvoir sur les bons managers et patrons d’industrie ? Le capitalisme aurait-il déraillé sous la conduite de pilotes enivrés par le cours de la Bourse, que la déréglementation des 25 dernières années aurait privés de contrôles étatiques et de freins ?

Ce sont les fables qu’on nous sert de tout côté. De celui de Sarkozy qui nous promet de sanctionner « les responsables de ce naufrage » . Par malchance ils seraient américains selon lui, mais les banquiers français qu’il renfloue blancs comme neige. Du côté de la gauche, Ségolène Royal oublie que c’est un ministre socialiste, Bérégovoy, qui a introduit en France en 1984 la déréglementation financière, déjà en vogue aux USA et en Grande-Bretagne, et qu’elle-même promettait lors de sa campagne présidentielle le développement de fonds de pension. Et également du côté des critiques du « social-libéralisme » , le mouvement Attac qui fait appel à l’ONU pour réguler la circulation des capitaux. Des casques bleus de la finance !

Mais la prépondérance de la finance, c’est-à-dire du capital sur la production, n’est-ce pas la définition même du capitalisme ? Et crédit et spéculation en ont été, depuis son origine, les moteurs.

Crédit et spéculation rythment le développement du capitalisme

Le crédit « intervient pour concentrer un grand nombre de capitaux privés en un seul — c’est le système des sociétés par actions — et pour assurer aux capitalistes la disposition de capitaux étrangers — c’est le système du crédit industriel » , écrivait Rosa Luxembourg en 1899 (dans Réforme sociale ou Révolution ), il y a plus d’un siècle. « …Il augmente la capacité d’extension de la production dans des proportions gigantesques ; il est la force motrice interne qui la pousse à dépasser constamment les limites du marché. Mais il frappe de deux côtés. En sa qualité de facteur de la production, il a contribué à provoquer la surproduction ; en sa qualité de facteur d’échange il ne fait, pendant la crise, qu’aider à la destruction radicale des forces productives qu’il a lui-même mises en marche. Dès les premiers symptômes d’engorgement du marché, le crédit fond » . On ne saurait mieux dire aujourd’hui. Elle précisait même : « …Ce fut par conséquent chaque fois l’expansion brusque de l’économie capitaliste, et non le rétrécissement de son champ ni son épuisement, qui fut à l’origine des crises commerciales » .

Tout investissement est une spéculation sur les profits qu’il peut rapporter, sur les richesses matérielles, agricoles, minières ou sur les biens industriels sur lesquels il permet de mettre la main. La spéculation est le point de départ de tout investissement, que ce soit directement dans la création d’une entreprise ou indirectement dans la ruée sur les actions émises par d’autres. On spécule sur leurs dividendes ou, à plus court terme, sur l’évolution de leurs cours, à la hausse comme à la baisse !

Les spirales infernales

Une série de crises ont marqué le dernier quart du xixe siècle, en commençant en 1873 par l’effondrement de la bourse de Vienne, suivi de faillites bancaires en Allemagne et en Autriche. Suivies par celles d’établissements financiers américains et britanniques spécialisés dans les opérations financières mondiales. Les spéculations sur le développement des chemins de fer, et les perspectives qu’il semblait offrir aux industriels et aux barons de l’acier, butaient sur une baisse de rentabilité et la concurrence effrénée qui régnait en ce domaine.

La distinction entre capital financier et capital productif — le banquier cantonné dans son rôle d’intermédiaire financier et l’entreprise, domaine d’une grande famille d’industriels du textile ou de l’acier — n’avait déjà plus grand sens.

Cette période, souvent baptisée de « grande dépression » , marquée de période de crises successives et de maints scandales financiers, n’en a pas moins été aussi celle du grand bouleversement qui a permis, à l’orée du xxe siècle, aux deux nouvelles puissances industrielles en plein développement, les États-Unis et l’Allemagne, de voler les premières places à l’Angleterre et à la France. En même temps, elle a été la première grande époque de la concentration du capital.

Les exportations de capitaux explosaient, y compris vers les « pays émergents » de l’époque, la Russie notamment, sous forme de créations de filiales, de prises de participations ou de ces prêts aux États, comme l’emprunt russe, dont les investisseurs français étaient particulièrement friands et pour lesquels on drainait facilement l’épargne, car ils étaient cotés comme sans risque. Sauf en cas… de révolution, laquelle a évité au peuple russe de payer la dette. Le monde commençait à devenir trop petit au regard de l’explosion de la finance, qui allait engendrer la Première Guerre mondiale pour le partage du monde.

25 ans plus tard, la crise des années 1930 débouchait sur la Deuxième Guerre mondiale pour le repartage. Sur quoi débouchera celle d’aujourd’hui ?

Olivier BELIN

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