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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 60, novembre-décembre 2008

Altis (Corbeil-Essonnes) : De l’usage des « Russes » pour désamorcer la colère

Mis en ligne le 2 décembre 2008 Convergences Entreprises

Les 1 400 salariés de l’usine de fabrication de puces électroniques basée à Corbeil-Essonnes sont dans l’expectative depuis l’annonce du désengagement des actionnaires IBM et Infineon prévu fin 2009. Cette inquiétude pour les emplois est partagée par les centaines de salariés sous-traitants, prestataires ou employés par d’autres entreprises implantées sur le site. Si, en août 2007, un consortium russe s’est signalé comme repreneur potentiel, un an plus tard, il n’a toujours pas confirmé le rachat.

Aussi, à la rentrée de septembre, lorsque la direction a annoncé son intention de ne pas augmenter les salaires en 2008, le ras-le-bol était tel que les syndicats appelaient à une assemblée générale pour le 1er octobre. Ce jour là, les 300 personnes réunies décidaient de poser un ultimatum à la direction : sans garanties sur l’avenir d’Altis et si la direction persistait à refuser d’augmenter les salaires, on ne reprendrait pas le travail après le 14 octobre, jour de l’arrêt technique annuel pour maintenance.

À la fin de l’AG, malgré l’invitation de la CFDT à retourner au travail, les salariés décidaient d’aller manifester à l’extérieur. L’idée d’aller à la rencontre de l’équipe du soir, dont seulement une faible partie était en grève, est venue à certains, mais ni la CFTC ni FO ne l’ont reprise. Ayant installé un barrage filtrant sur la Nationale 7, les grévistes ont reçu bien des signes de solidarité de la part des habitants de la région, qui n’avaient pas vu un tel mouvement sur le site depuis 1999.

14 jours de préparation à la grève... mis à profit par la direction

Restait donc deux petites semaines avant la grève. Un temps que la direction a su utiliser : annonce d’une rencontre au ministère et de la visite de deux représentants du repreneur potentiel sur le site... précisément la veille du jour prévu pour la grève ! Du côté des salariés, à l’assemblée générale du 1er octobre, le chiffre de 100 € d’augmentation avait bien été évoqué, mais les syndicats s’étaient contentés de demander la « réouverture du plan salaire ».

Tandis que la direction gagnait des points en envoyant les managers discuter en ligne pour convaincre les salariés de ne pas faire mauvaise impression au repreneur, aucun des opérateurs qui comptaient se mobiliser le 14 n’avait en tête de mots d’ordre clairs ni de plan de mobilisation. Tant et si bien qu’à l’approche de la date convenue, quelques salariés se demandaient même si l’AG qui devait décider de la grève était maintenue. Du coup cette AG n’ayant réuni qu’une centaine de salariés, la grève fut ajournée.

La visite des Russes, dont on se demande s’il ne s’agissait pas de deux acteurs coiffés d’une chapka, n’a évidemment rien résolu. La direction va continuer de jouer sur l’incertitude quant à l’avenir du site pour tenter de faire accepter le pire. Les salariés ont pourtant montré qu’ils ne marchaient pas tous aveuglément. Il faudra donc autre chose la prochaine fois qu’un nouveau « coup des Russes ».

15 novembre 2008

Laurent VASSIER

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