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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 60, novembre-décembre 2008 > DOSSIER : Leur crise... et nos moyens de sauvegarde

DOSSIER : Leur crise... et nos moyens de sauvegarde

Ce que vous avez toujours voulu savoir sur les banques, et qu’il serait vain de leur demander

Mis en ligne le 2 décembre 2008 Convergences Société

Qu’est-ce qui part en fumée avec la Bourse ?

« 25 000 milliards de dollars évanouis » , titrait Le Monde du 26 octobre. Affreux ! La somme est faramineuse. Que n’a-t-on encore vu un homme d’affaires sauter dans le vide du haut d’un gratte-ciel ? À croire qu’ils ne sont pas encore au désespoir. C’est que la perte n’est pour l’instant que virtuelle.

Les cours de la Bourse, et donc les « capitalisations boursières » des entreprises qu’on en déduit (nombre total des actions d’une entreprise multiplié par son prix), ne représentent dans la pratique que les taux auxquels les actions s’échangent. Cela peut décoller de la valeur réelle des entreprises (murs, machines, stocks, etc.), ou même des dividendes qu’elles rapportent. Tant que les opérations restent dans le cercle fermé de la Bourse, on vend pour placer son argent immédiatement ailleurs. Ce qui constitue en temps ordinaire l’essentiel du marché boursier.

Mais dès qu’une grande partie des investisseurs, craignant une récession, préfèrent retirer leur mise, pour s’acheter yachts ou palaces, ou bien stocker leur fortune en biens matériels plus fiables (de l’or, des tableaux de maîtres ou des parcs immobiliers), la bourse retombe les pieds au sol et le cul par terre.

Règle de trois, boursière

Imaginez un bourgeois qui a acheté pour 1 million d’euros d’actions de la Bourse parisienne en mars 2003. À ce moment, le CAC 40 est au plus bas. Jusqu’en 2007, les cours de la Bourse augmentent. Au point culminant, juin 2007, ses actions sont évaluées à 2,2 millions d’euros. Depuis, c’est la crise et la Bourse baisse. À l’indice CAC 40 de début juin 2008, son panier d’actions ne vaut plus en Bourse que 1,8 million. Elles ont perdu depuis près de 40 %. Au cours du 20 novembre, elles ne valent que 1,1 million.

S’il les revend maintenant, dira-t-on qu’il a perdu 700 000 € depuis juin dernier ? 1,2 million depuis juin 2007 ? Ou qu’il a gagné 100 000 € de plus que ce qu’il avait misé au départ, en 2003 ? Sans parler des dividendes qu’il a touché entre-temps.

Evidemment, le bourgeois américain qui aurait placé toute sa fortune en titres de Lehman Brothers, le seul organisme financier que l’État américain a laissé déposer bilan, aurait aujourd’hui quasiment tout perdu. Mais un tel bourgeois n’existe pas. Quand on est riche on ne met pas tous ses œufs dans le même panier. Les quelque deux millions de travailleurs américains expulsés de leur logement ont, eux, tout perdu.

Bourse en lévitation ?

Comment gagner du 15 % sur ses placements, si l’investissement productif ne rapporte que du 7 % ? Avec l’argent des autres, évidemment. C’est ce que les économistes appellent « effet de levier » . Pour investir dans la production 1 million d’euros, vous en mettez directement 200 000 de votre poche et 800 000 que vous empruntez à un taux raisonnable aux banques, ou par des obligations vendues aux épargnants qui n’ont pas vos moyens et se contenteront d’un 5 %.

L’entreprise vous rapporte 70 000 euros (7 % du million) sur lesquels vous reversez 40 000 € d’intérêts aux prêteurs (5 % de leurs prêts). Votre bénéfice est bien de 30 000 € sur vos 200 000 de « fonds propres ».

C’est quoi une « Banque centrale » ?

Une banque centrale gère la monnaie. C’est la Réserve Fédérale (la Fed) pour le dollar américain, la Banque centrale européenne (BCE) pour l’euro. Son intervention passe par la fabrication des pièces et des billets, mais beaucoup plus par des relations avec les banques, et la gestion de la politique de crédit en jouant sur les taux d’intérêt.

On a vu depuis un an de nombreuses interventions des Banques centrales pour prêter de l’argent aux banques (un total de 660 milliards d’euros pour la BCE sur le second semestre 2007). À des taux d’intérêt de plus en plus bas, et à des conditions de plus en plus souples : en pratique, n’importe quelle banque peut venir emprunter la quantité qu’elle souhaite. Cet argent, prêté pour une durée allant de un jour à quelques mois, est créé par la Banque centrale au moment du prêt.

La BCE et la FED sont censées être « indépendantes », et agir pour le bien-être de toute l’économie. Comment ? Mais en assurant le bien-être des banques !

Actifs toxiques, titres pourris ?

Qu’est-ce qu’un actif pour une banque ? C’est quelque chose qu’elle possède qui représente une valeur. Son siège social par exemple, ou bien son portefeuille d’actions qu’elle peut revendre. Ou bien une dette que vous contractez auprès de cette banque : au fur et à mesure des remboursements, cette dette se convertit en argent. N’oubliez pas que « votre argent les intéresse ! », que vous êtes une source de revenus pour la banque ! Dans son bilan comptable, elle indiquera donc comme actifs son siège social, ses actions ou d’autres « produits financiers » plus complexes, votre dette, etc.

Un actif est dit « pourri », quand il perd tout ou partie de sa valeur... Si la banque se convainc qu’elle ne pourra plus obtenir de vous le remboursement de votre dette et des intérêts, votre dette (ou sa « créance ») devient un actif « pourri ». Et comme elle l’a rediffusée par petits morceaux dans une multitude de titres disséminés elle ne sait plus où, elle a pollué les finances des acheteurs et vendeurs en chaîne. D’où le surnom aussi d’actifs « toxiques ». C’est le cas des crédits « subprimes » dont la diffusion paralyse le système bancaire.

Qu’est-ce qui est offert aux banquiers ?

Le gouvernement américain a annoncé 700 milliards de dollars, Sarkozy 360 milliards d’euros, Merkel 480 milliards d’euros… Etc.

Depuis, on nous a expliqué qu’il faudrait distinguer les simples « garanties » – de l’argent pour l’instant « fictif » – et ce qui sera effectivement mis sur la table par les États.

Si l’on s’en tient au « cash », aux États-Unis, le Trésor américain va acheter dans l’immédiat 290 milliards de dollars « d’actions préférentielles » (c’est-à-dire sans droit de vote) de banques et de la société d’assurance AIG.

Pour la France, il y a déjà 13 milliards d’euros d’investissements fermes dans les banques. Et 19 milliards de la Caisse des dépôts leur ont été mis à disposition au nom de l’aide aux PME. Ce petit cash, on le préfèrerait pour la Sécurité sociale ou les caisses de retraite. Quant aux 320 milliards « fictifs » de « garantie »… on les préférerait pour la garantie de l’emploi et l’interdiction des licenciements !

Combien ça coûte ?

Les États-Unis ont connu dans les années 1980 une crise des caisses d’épargne où des centaines d’établissements ont fait faillite. Le plan de sauvetage de l’État, qui s’est écoulé sur toutes les années 1990, a coûté finalement au contribuable 124 milliards de dollars, pour un plan initialement annoncé de 50 milliards de dollars.

Caisse des dépôts ou tuyau percé ?

La Caisse des dépôts est fortement mise à contribution. Cette institution financière publique a plusieurs rôles : gestion des livrets A et d’autres livrets d’épargne, financement du logement social, banque des institutions de sécurité sociale et des caisses de retraites, prêts aux municipalités, etc. Cette caisse remplie par de l’épargne populaire et destinée en principe aux dépenses sociales, est donc mise allégrement à la disposition des banquiers !

Il y a un an, le gouvernement a décidé la mise en vente de 140 000 logements HLM, pour faire « une France de propriétaires » . Sarkozy a annoncé qu’il allait réduire le nombre de familles pouvant solliciter un HLM pour « lutter contre les abus » et surtout réduire les constructions.

Aux banques, on offre copieusement le couvert, aux classes populaires même plus un billet de logement ! Et tout cela, avec l’argent d’une caisse alimentée par les économies des « petites gens » !

État garant ou recycleur de déchets ?

Ce ne sont que de simples cautions, répètent en coeur Sarkozy et Lagarde au sujet des 320 milliards de leur plan. En fait, l’État a constitué une Société de financement de l’économie française (Sfef), possédée aux deux tiers par les grandes banques françaises et pour un tiers par l’État : les banques privées la contrôlent. L’État, lui, apporte la « garantie irrévocable et inconditionnelle accordée par la République française ».

Par le relais de cette Sfef, l’argent sera prêté aux banques contre des titres mis en gage. C’est le principe de Ma tante , comme on surnommait familièrement le Mont de Piété : la banque dépose des titres à la Sfef, comme vous déposeriez la bague en or de votre grand-mère pour obtenir un prêt. Voilà qui est très sûr, nous dit Michel Camdessus, ancien patron de la Banque de France puis du FMI, nommé à la tête de la Sfef. Sauf qu’on a déjà l’exemple de ce que fait en ce domaine la Banque centrale américaine (la Fed) : accepter en dépôt de caution des titres de plus en plus douteux, y compris liés aux crédits « subprime » . Comme si chez Ma tante , vous vouliez faire passer une bague en toc pour de l’or !

Prêts relais ou patate chaude ?

L’État joue dans le montage français un peu plus qu’un rôle de caution.

La version Sarkozy-Lagarde se résume à une fable : L’État, ou disons A, a un ami B (comme banque, on a les amis qu’on mérite !) qui n’est pas très solvable (et encore moins de confiance) mais qui a besoin d’emprunter. Aucune banque ne veut prêter à B ; ils se connaissent trop bien... Alors A envoie son fils (c’est la Sfef) emprunter de l’argent à la place de B. Il n’a aucun mal à le faire, c’est le fils à papa, et papa a de l’argent. Le vôtre. Il n’y n’a plus qu’à prier le ciel que B rembourse.

Coût du risque ou goût du risque ?

Les sociétés financières, banques ou assurances, sont expertes en gestion des risques. Vous avez un découvert à la banque : c’est un risque pour elle et elle vous fait casquer des agios. Le taux d’intérêt est élevé. C’est paraît-il le prix du risque.

Mais cette fable qui vise à justifier les profits par le risque ne tient pas la route aujourd’hui. Les banques refusent toutes de se prêter entre elles, car c’est trop risqué. Et elles ne trouvent pas de fonds pour consolider leur capital. Quel bourgeois va se risquer à investir dans une banque aujourd’hui ? Reste l’État qui nous jure que ça lui reportera un petit intérêt. Mais pas des agios. En cas de pertes il aura nos impôts, et les sacrifices qu’il nous imposera, pour les éponger. Pas étonnant que le risque n’ait pas de prix pour lui !

Nationalisation honteuse ?

En France, même pas. L’État français investit dans six banques en achetant des « titres de dette subordonnée ». Ces titres au nom barbare sont une espèce d’actions rémunérées à taux fixe (8 %, un taux très moyen dans le milieu), mais sans droit de vote. En clair, l’État allonge le fric, sans le moindre droit de regard.

Pour les actionnaires, l’opération est sans douleur. Cela pourrait apporter la stabilité, mettre leur banque en meilleure position dans la guerre contre les concurrentes, et en soutenir les cours des actions. En cas de faillite l’actionnaire sans droit, l’État, perd sa mise. Et dire que la gauche se félicite que Sarkozy ait retrouvé le chemin des nationalisations !

Quelles contreparties donnent les banques ?

Le gouvernement français assure que les banques se sont engagées, en échange de l’aide de l’État, à accorder plus de crédits aux PME et aux particuliers. Un « médiateur de crédit » a été nommé, auquel les PME peuvent s’adresser en cas de difficulté. Les banques promettent de « ne pas revenir sur des crédits déjà accordés, sauf situation exceptionnelle le justifiant ». Quant au médiateur, il a précisé qu’il s’engage à « ne jamais demander aux banques des interventions qui leur feraient courir un risque anormal. »

Au moins c’est clair : personne ne promet rien.

Mais les fonds ne sont pas perdus pour tout le monde : les banques plus à l’aise en profitent pour grossir en rachetant leurs concurrentes ou des filiales à l’étranger, profitant des bas prix des actions. BNP Paribas s’est emparée de Fortis pour 14,5 milliards. Avec les 2,55 milliards qu’elle a demandés à l’État, elle pourra continuer ses emplettes !

Et les ripoux ?

Vous avez une maison payée 100 000 €. Mais pas moyen de la revendre, ou alors à un prix ridicule... C’est ce qu’un financier appellerait un « actif pourri ». L’État lance un grand plan de reprise des actifs pourris. Ah ah… vous vous apprêter à lui montrer que vous l’aviez payée 100 000 €, en lui demandant qu’il vous la rachète. Trop beau pour être vrai ! Le plan de sauvetage n’est pas pour vous.

Vous êtes banquier, vous avez juste un bout de papier attestant que vous avez prêté de l’argent à quelqu’un que vous saviez insolvable, en hypothéquant sa baraque. Vous allez l’en expulser, mais le prix du logement s’est effondré. C’est un actif pourri digne de respect. Que l’État veut bien vous racheter au prix de départ. Avec notre argent. Entre ripoux !

Alzheimer ?

En matière de reprise d’actifs pourris (on dit aussi toxiques), l’opinion américaine était déjà vaccinée.

En mars dernier, la banque Bear Stearns en faillite a été reprise par la banque JP Morgan pour une bouchée de pain (1,4 milliard de dollars). Mais en ne récupérant de Bear Stearns que ses bonnes affaires. Les 30 milliards de dollars d’actifs pourris de Bear Stearns étaient pris en charge par la banque centrale américaine, la Fed. Si la Fed peut en tirer quelques sous, tant mieux pour elle. Sinon JP Morgan veut bien mettre de sa poche 1/30e du montant de la perte. Soit tout au plus un milliard.

On comprend que le plan de reprise des actifs pourris du secrétaire d’État américain aux finances, Paulson, n’ait pas été populaire. Au point que le gouvernement américain a fini par faire marche arrière. Mais il avait dans sa besace une autre combine : investir dans les banques en difficulté.

En France aussi on a un précédent, moins frais dans les mémoires : l’affaire du Crédit Lyonnais. L’État avait repris à son compte, via une société créée exprès, le Consortium de réalisation , pour 26 milliards d’actifs douteux de la banque. Au bout de dix ans, il a fini par s’en débarrasser… avec une perte finale de 16 milliards !

C’est quoi, une banque ?

Aux USA, American Express (cartes de crédits et chèques voyages) vient de demander et a obtenu le statut de banque. GMAC, spécialiste du crédit auto, ancienne filiale financière de General Motors, frappe aussi à la porte. Les autorités américaines se montrent de plus en plus souples sur la définition de « banque ». Car il y a de la demande, vu qu’il suffit d’être une banque pour recevoir quelques milliards de dollars du Trésor, sur demande !

En France, Renault et Peugeot viennent chacun d’empocher 25 millions de la SFEF ou de la Caisse des dépôts, au titre de leurs filiales bancaires parait-il en difficulté. Ce qui ne les empêchera pas de toucher aussi les millions prévus d’aide aux constructeurs au titre des voitures propres.

Les 700 milliards de dollars (du plan Paulson), ça fait quoi ?

  • Tout le PIB annuel des Pays-Bas, ou un tiers du PIB français.
  • 2 300 dollars par Américain.
  • Cent fois les sommes promises au sommet de Rome de juin 2008 pour la faim dans le monde (6,5 milliards de dollars).
  • Presque un an de budget de l’Education des États-Unis.
  • Mais ce n’est que la moitié des dépenses militaires mondiales (environ 1 300 milliards de dollars)

L’endettement, c’est grave docteur ?

Ça dépend. Coté santé publique ou Sécurité sociale, il parait que c’est mortel. Le « trou de la Sécu » ? Abyssal, mon pauvre ! La gestion de l’État ? C’est comme un budget familial : hors de question de s’endetter en permanence, ce serait faire payer nos enfants. Et la France était en faillite, disait Fillon il y a un an.

S’il est à ce point indispensable de réduire les déficits ou la dette, le plus simple serait de revenir sur les baisses des tranches supérieures d’impôts, supprimer les niches fiscales : quelques 73 milliards s’y cachent contre 50 milliards de déficit public. Mais vous n’y songez pas ? La médication aurait des effets secondaires désastreux pour les nerfs de toutes ces bonnes gens.

Un remède pire que le mal, avec lequel l’État peut bien vivre, nous explique-t-on aujourd’hui. Car si la dette n’est pas soluble, l’État est solvable. La preuve, il vient de décider de s’endetter pour sauver les banques. Et, quelques jours après, il en rajoute en créant un « fonds souverain » pour soigner les entreprises cette fois. Là aussi en s’endettant.

C’est qu’ils ont une santé de cheval, les États des pays riches ! À mettre en confiance tous les prêteurs de la planète. Surtout que la dette profite aux prêteurs, gourmands de bons du Trésor, ces placements assez rémunérateurs et surtout si sûrs.

L’État, bon payeur ?

Ça dépend pour qui ! C’est sûr que l’État français paye sa dette rubis sur l’ongle. Ce qui lui vaut la note maximum pour les agences de notation. Les vacataires du service public qui touchent parfois leur paye avec 3 mois de retard ne seront pas du même avis !

C’est quoi la titrisation, une maladie ?

Un virus au moins. Qui a donné la fièvre à la planète capitaliste. Inventée par les banques pour fournir davantage de crédits, la titrisation est le moyen pour elles de revendre à d’autres les crédits qu’elles ont déjà accordés, en les transformant en titres négociables - comme des actions ou des obligations. Avant, un prêt individuel restait sagement dans le portefeuille de l’organisme prêteur, jusqu’au remboursement de la somme empruntée, immobilisant ainsi ses capitaux. Grâce au nouveau cadre de la titrisation, des tas de plusieurs milliers de prêts individuels sont empaquetés et revendus sous le nouvel emballage à des « investisseurs ». Il faut préciser que ces petits paquets mêlent des parts de plusieurs prêts différents, noyant aux yeux de l’acheteur des prêts peu fiables avec des prêts réputés sûrs. Bref dans chaque sandwich une petite rondelle de saucisson avarié ! Selon le dosage, beaucoup de prêts pourris mais un bon taux d’intérêt, beaucoup de prêts plus fiables mais un petit taux : il y des « produits » à vendre pour tous les goûts. Les premiers sont surnommés « juniors », offerts aux risque-tout ; les seconds « seniors », pour les pépères. Ça réduit les risques en les partageant entre les acquéreurs, disent les banques. Ou ça les diffuse partout et finit par faire crouler le système. Mais les banques y ont gagné en commissions qu’elles empochent à l’occasion des reconditionnements. Et elles y ont gagné aussi d’avoir mis « hors bilan » ces titres, ce qui les autorise à prêter encore. La spirale devient infernale quand le marché arrive à saturation.

Il existe une multitude d’autres titres plus ingénieux (ou retors) les uns que les autres mis sur le marché. « Certains établissements financiers proposaient à leurs clients des actifs dont la description tenait en un manuel de 150 pages » pouvait-on lire dans Le Monde de 10 octobre.

Pour les pigeons de la Bourse, une pandémie pire que la grippe aviaire.

Le Fonds monétaire international : à quoi ça sert ?

Doté d’un budget de 200 milliards de dollars, même pas un petit tiers du plan Paulson, le FMI, n’en déplaise à Sarkozy ou Strauss-Kahn, ne peut jouer qu’un rôle marginal dans la crise actuelle. L’institution internationale du FMI existe depuis 1944 pour gérer les crises monétaires et financières en fournissant des crédits aux États. À l’époque cela visait surtout à aider les bourgeoisies européennes ou japonaises à se remettre en selle et stabiliser leurs monnaies. Depuis les années 1980, par le biais de renflouements somme toute dérisoires, il sert à rééchelonner la dette des pays pauvres, mais au prix de plans d’austérité dévastateurs. Petits plans de secours, énorme pouvoir de nuisance !

Dernier exemple en date : le FMI vient de prêter 12,3 milliards d’euros à la Hongrie. Il exige en échange de la Hongrie une réduction du secteur public, un gel des salaires et la suspension du treizième mois dans la fonction publique, ainsi que pour certains retraités !

Une illustration du « socialisme » du président du Fonds, Dominique Strauss Kahn.

Laurence VINON et Michel CHARVET

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