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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 60, novembre-décembre 2008

Portugal : les enseignants veulent pouvoir… enseigner !

Mis en ligne le 2 décembre 2008 Convergences Monde

Depuis le mois de janvier, le personnel de l’éducation nationale se mobilise au Portugal contre une réforme qui fait l’unanimité contre elle. Pour le gouvernement socialiste de José Socrates, qui mène une politique de coupes sombres dans la fonction publique depuis 2006, l’école est une des cibles principales. La suppression de 75 000 emplois de fonctionnaires d’ici 2010 va de pair avec une surcharge sans précédent des horaires pour les professeurs, qui non seulement se retrouvent avec toujours plus de classes mais se voient attribuer aussi la plupart des tâches administratives, autrefois assurées par le personnel auxiliaire. Les 35 heures de travail hebdomadaire se sont transformées en 40, voire parfois 60 heures, une situation ingérable qui explique l’exaspération croissante.

Le 8 mars dernier, la mobilisation avait débouché sur la plus grande manifestation jamais vue dans le secteur. 100 000 manifestants étaient montés à Lisbonne pour exiger le retrait de la réforme. L’issue en avait été décevante puisque le FENPROF, syndicat le plus représentatif chez les enseignants, avait finalement signé un accord avec le gouvernement, presque en tous points identique à la réforme refusée. Dans la foulée, des collectifs pour la défense de l’école publique se sont constitués afin de contester cette politique du gouvernement, cautionnée par le syndicat majoritaire.

Depuis la rentrée, le mécontentement va croissant. Notamment le nouveau système de notation révolte le personnel puisqu’il établit des hiérarchies, y compris entre les professeurs, ceux-ci devant se noter entre eux au sein d’un même établissement sur la base des heures effectuées, des résultats de leurs élèves, etc. Ce système d’évaluation empreint d’une démagogie malsaine qui divise les salariés n’est d’ailleurs pas spécifique à l’éducation nationale, il fait partie de la politique déclarée du gouvernement pour « mettre les fonctionnaires au boulot » !

Dans nombre d’établissements, le mouvement de contestation se poursuit donc par des assemblées générales où les enseignants décident le boycott de ce système de notation et exigent l’embauche de personnel en nombre suffisant.

Face à cette situation, les associations de professeurs créées depuis le mois d’avril ont décidé d’appeler à une nouvelle manifestation nationale, initiative à laquelle s’est finalement associée la FENPROF, après quelques cafouillages et tentatives de dénoncer un mouvement anti-syndical… La manifestation du 8 novembre été un succès puisque 120 000 manifestants se sont retrouvés à Lisbonne à l’appel de toutes les organisations. Mais il faudra faire plus pour faire reculer le gouvernement.

20 novembre 2008

Anne HANSEN

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