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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 8, mars-avril 2000

Editorial

La cagnotte n’est pas où on le croit !

Mis en ligne le 1er avril 2000 Convergences Politique

La « cagnotte » fiscale s’élèverait à 50 milliards de francs. Habitués comme nous le sommes à entendre répondre à toutes les revendications qu’il n’y a pas d’argent, il y aurait de quoi se réjouir. C’est vrai avec ces 50 milliards il est possible immédiatement d’augmenter de 1500 F tous les minima sociaux et de doubler la somme allouée par Martine Aubry pour la santé en réponse aux mobilisations des personnels hospitaliers.

Mais le débat autour de la cagnotte est un débat piégé. Certes, ces 50 milliards, à l’aune de nos salaires, semblent très importants, mais ils représentent par exemple moins de la moitié des cadeaux aux patrons occasionnés par la loi Aubry (110 milliards) sous forme de réduction de charges. Prenons un autre exemple récent : 285 milliards c’est la somme représentée par la flambée des actions de France Télécom en une seule journée. Pour l’Etat qui détient 62 % du capital de France Télécom cela représenterait plus de 176 milliards. Bien sûr cet argent est virtuel et sa réalisation signifierait la privatisation totale, ce que nous combattons bien évidemment ! Cet exemple peut donc sembler anecdotique mais il est là pour rappeler que la spéculation boursière permet à certains d’empocher des sommes énormes. Et ce qui n’est pas anecdotique du tout ce sont les profits des grandes entreprises à côté desquels la cagnotte semble bien modeste.

D’abord qu’est ce que cette fameuse cagnotte ? C’est ce qu’ils appellent un excédent fiscal, c’est-à-dire de l’argent entré en plus de ce qui était prévu dans les caisses de l’Etat. Un tout petit peu de chômage en moins, un peu de croissance en plus, et c’est automatiquement plus d’impôt qui rentre.

Et quand il y a des besoins aussi élémentaires que la survie pure et simple ou la santé qui ne sont pas satisfaits, il faut y répondre immédiatement sans tergiverser.

Mais limiter la discussion, comme cela se fait au sein du PS ou de la part du PCF, à la répartition de ce plus occasionnel sans rien changer ni au calcul de l’impôt ni à plus forte raison à la répartition de la richesse, c’est de la poudre aux yeux. C’est nous faire croire que ceux qui n’ont rien ou peu doivent choisir entre le prioritaire, l’indispensable, le vital et l’urgent alors qu’à l’autre extrémité de la société les fortunes et les profits ne cessent de croître et que les inégalités se creusent.

Depuis des semaines, les mobilisations des personnels de santé, de celui des impôts, des enseignants, des parents... exigent des budgets et des effectifs pour les services publics. Au-delà des questions de moyens, c’est bel et bien l’existence et la place des services publics qui est posée. Allègre avec sa réforme des lycées professionnels veut les soumettre purement et simplement aux entreprises. Une bonne part de l’argent débloqué par Martine Aubry est destinée à accélérer la réforme hospitalière qui va elle aussi dans le sens d’une privatisation.

Aux antipodes de la politique du gouvernement qui veut les réduire à un strict minimum, pour les plus pauvres, laissant aux autres le soin de recourir au privé, l’urgence est de faire des services publics, de leur défense, de leur amélioration, de leur extension une priorité afin que l’essentiel des besoins sociaux puissent être satisfaits pour tous, gratuitement et avec toute la qualité possible. Cette urgence exige bien autre chose que de simples marchandages autour de la cagnotte !

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Numéro 8, mars-avril 2000