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DOSSIER : Croissance et mondialisation : des raisons pour une reprise de l’offensive ouvrière

Croissance et mondialisation : des raisons pour une reprise de l’offensive ouvrière

Mis en ligne le 1er avril 2000 Convergences Politique

Ressassé et développé sur tous les tons, le concept de mondialisation ou de globalisation s’est aujourd’hui imposé. Pour les partisans du capitalisme l’idée que celui-ci connaîtrait un nouvel essor ne fait plus de doute, même si les raisons, les caractéristiques et l’importance de cette mutation sont en débat.

Et si il y a encore quelques années, en Europe et en France, beaucoup accueillaient cette mondialisation avec méfiance, réticences et réserves, aujourd’hui ce n’est plus le cas. La croissance n’est-elle pas enfin là ? Pour les économistes comme pour les politiciens, de droite comme de gauche, la seule question restante est celle de savoir comment profiter à plein des opportunités nouvelles que cette mondialisation apporterait.

La croissance des inégalités

Il n’est certainement pas encore établi que nous sommes au début d’une nouvelle ère de l’économie capitaliste. Les bouleversements et les changements introduits par les « nouvelles technologies » ou Internet sont tangibles. Mais la place de la « nouvelle économie » dans l’histoire n’est pas encore exactement mesurée. Et la durée de la période de croissance dans laquelle nous sommes entrés reste à voir. Ce n’est que dans les années 70, alors que nous étions donc déjà dans ce qu’on appelle maintenant les « vingt piteuses », que l’on s’est mis à parler des « trente glorieuses » précédentes. Quel adjectif mériteront les dix, vingt ou trente années prochaines ? La réponse dans dix, vingt ou trente ans sans doute, à moins qu’une catastrophe économique et sociale, telle que le capitalisme en a connu à plusieurs reprises durant son histoire, ne la fournisse beaucoup plus tôt.

Mais il y a une autre question tout aussi importante, à laquelle nous avons dès maintenant un commencement de réponse. Quelles sont donc les caractéristiques et les conséquences de la croissance que connaissent les Etats-Unis depuis dix ans et l’Europe et la France depuis un an ou deux ?

La croissance permet de réduire le chômage. Réduire, pas supprimer. Loin de là. Les chiffres officiels, et arrangés comme partout pour les besoins de la cause, du chômage aux Etats-unis montrent que même en plein boom il reste un volant de chômeurs irréductible, que les économistes ont baptisé « structurel ». Le taux varierait, paraît-il et sans qu’une explication bien claire ne soit fournie, suivant les pays, de 4 ou 5 % aux Etats-Unis, de 6 à 8 % en Europe. Nous sommes encore bien au-dessus en France. Mais de toute façon cela fait des millions, et même des dizaines de millions de chômeurs et d’exclus ad vitam capitalistam aeternam rien que dans les zones du monde les plus avancées et prospères.

La croissance se traduit surtout par la croissance des inégalités : l’accumulation de nouvelles richesses et de nouveaux capitaux à un bout de la société, l’extension de la pauvreté, de l’exclusion, d’une exploitation aggravée et de conditions de vie misérables à l’autre. L’exemple des Etats-Unis depuis dix ans est probant. Celui de la France, où depuis deux ou trois ans la précarité augmente en proportion de la diminution du chômage, tout autant.

La mondialisation et l’actualité du communisme

Durant ces « vingt piteuses », où le chômage n’a fait que croître (même quand les profits, eux, augmentaient) la classe ouvrière, en France comme dans le monde, a été essentiellement sur la défensive. La faute au chômage et à la crise, qui pesaient effectivement lourdement, mais qui furent surtout de formidables excuses pour les prétendus leaders syndicalistes ou politiques du prolétariat pour prêcher l’acceptation et la résignation ou, au mieux, des combats défensifs. Or les combats défensifs, même quand ils ont imposé quelques coups d’arrêt momentanés à l’offensive capitaliste, n’avaient aucune chance de s’opposer à la détérioration de la situation de la plus grande masse des salariés.

La croissance revenue, que ce soit momentanément ou durablement, crée une nouvelle situation. Mais celle-ci ne supprime pas la nécessité de lutter si l’on ne veut pas voir les conditions de vie de la majorité continuer à se détériorer. Et elle ne supprime pas plus la nécessité de donner à la lutte un tour offensif si on veut vraiment aboutir.

C’est pourquoi, par exemple, le Plan d’urgence défendu par LO et la LCR l’année dernière à l’occasion des élections européennes, demeure d’actualité. Il ne reste pas seulement valable dans ses grandes lignes puisque, croissance ou pas, le chômage, la précarité, la pression sur les salaires, la détérioration des services publics et des conditions de vie, l’aggravation de l’intensité et des conditions de travail continuent. Il reste valable aussi parce qu’il propose un but qui permettrait le regroupement des forces et le développement d’une lutte enfin offensive. Car c’est bien au moment où les bénéfices des capitalistes, les rentrées budgétaires du gouvernement, les prix des actions en bourse battent partout des records que les salariés peuvent et doivent revoir à la hausse leurs revendications et leurs exigences et passer à l’offensive (et que leurs organisations et leurs leaders n’ont plus d’excuse pour tourner le dos à celle-ci).

La croissance ne change rien aux tâches et aux buts fondamentaux que peuvent et doivent s’assigner le mouvement ouvrier et le mouvement révolutionnaire. La mondialisation non plus. Plus le capital étend son emprise et s’internationalise, plus l’économie de marché se renforce, et plus ils augmentent les richesses du monde mais plus aussi ils les répartissent inéquitablement. Ainsi la mondialisation, loin de réhabiliter le réformisme, appelle au contraire une révolution, une autre organisation sociale, plus juste, le communisme, à qui elle donne les bases matérielles de sa réalisation. Au début du vingtième siècle la révolution socialiste en Russie, cantonnée d’abord par les impérialistes ensuite par les bureaucrates à un pays sous-développé et arriéré, a sombré pour n’avoir eu à partager que la misère. La mondialisation capitaliste du vingt-et-unième siècle appelle une nouvelle tentative, qui sera cette fois basée sur le partage et l’exploitation des richesses accumulées à l’échelle du monde entier, au profit, enfin, de l’ensemble de l’humanité.

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Numéro 8, mars-avril 2000

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