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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 36, novembre-décembre 2004

La SNCF inaugure le « dialogue »... en disant « non » à tout !

Mis en ligne le 14 novembre 2004 Convergences Entreprises

Certes, un accord a été signé le 13 octobre concernant les salaires. Il prévoit la majoration de 1,8 % du salaire de base par rapport au 31 décembre 2003, morcelée en 3 étapes : 0,75 % au 1er janvier 2004, 0,75 % au 1er juillet 2004 et 0,3 % au 1er octobre 2004. Dans un texte interne la direction rappelle que ces mesures générales sont les plus importantes depuis 1994... ce qui ne fait que souligner la perte de ces dix dernières années !

Par ailleurs, la direction annonce des mesures spéciales pour les plus bas salaires : une augmentation de 3,8 % au cours de l’année 2004, qui ramènera les salaires de bas de grille à environ 1200 € par mois. Là encore ce qui est mis en évidence... c’est que certains n’atteignaient même pas le Smic qui est de 1286 euros pour 169 heures de travail.

Suppressions d’emplois et dégradation des conditions de travail

Au moment où les syndicats apportent leur quitus à la direction, celle-ci procède à des suppressions d’effectifs (particulièrement sensibles dans le domaine des ventes) à tour de bras. 2500 postes en moins au cours du seul premier semestre 2004.

Réorganisations de l’activité Grandes Lignes

Selon un « dossier de travail » remis aux syndicats par la direction, la SNCF s’apprêterait à supprimer 245 agents affectés à la vente des billets grandes lignes en 2005, 450 en 2006 et 540 en 2007. Sur quelque 7 900 agents, cela fait beaucoup ! La SNCF envisagerait de limiter à 30 % le nombre de transactions effectuées aux guichets (ou dans certaines boutiques supprimées elles aussi) à l’horizon 2010. La vente aux guichets deviendrait une activité presque semblable à celle d’une agence de voyage, qui vendrait surtout les services couplés avec le billet de train, comme la location de voitures ou la réservation de nuits d’hôtel.

Ainsi, si la direction de la SNCF veut promouvoir la vente aux machines, installer de nouveaux automates dans les grandes gares, capables de réaliser en 20 secondes les opérations de vente ou d’échange les plus simples, ou encore pousser la vente sur le net, avec impression du billet et/ou retrait sur les machines en gare, c’est moins par souci des usagers... que pour réduire ses effectifs.

« Low-costs » de main-d’œuvre

Le lancement le 6 décembre d’un « i-TGV » uniquement accessible sur internet à un prix défiant la concurrence des compagnies aériennes va dans le même sens, à ceci près que ledit TGV serait géré par une filiale de la SNCF. Voie vers la privatisation ?

Réorganisations des gares de banlieue

Parallèlement à cela, la SNCF accélère le rythme des restructurations entamées depuis quelques années sous le nom de « gestion par activité ». En banlieue parisienne est apparu le « nouveau métier Ile-de-France », dont l’intérêt principal pour la direction consiste à mixer les activités jusque-là séparées de vente et d’accueil : désormais un même agent dans une même journée pourrait ouvrir et fermer un guichet et poursuivre par de l’accueil dans une autre gare éventuellement, ou dans un autre guichet. Le cheminot Shiva en quelque sorte !

Par ailleurs, de plus en plus de cheminots sont amenés à travailler seuls en week-ends ou en soirée, avec les difficultés que l’on imagine s’il y a le moindre pépin, tant pour l’agent que pour les voyageurs. Car les agressions verbales, et physiques parfois, sont désormais le lot quotidien des agents d’accueil comme des recettes.

C’est pour convaincre les plus réticents d’accepter de faire des horaires de plus en plus difficiles (même si le travail de nuit, de dimanches et fêtes ont toujours été le lot de ces métiers) que les chefs font miroiter le bénéfice des heures de nuit pour la fiche de paye. Ainsi les primes finissent par constituer une part non négligeable de salaire... de plus en plus à la traîne.

Les nerfs sont à vif, mais les réactions éparpillées

Cette réorganisation, accélérée ces derniers temps, a engendré des réactions, à l’appel de divers syndicats. Le 2 novembre, plusieurs grèves ont eu lieu. A Melun, la journée faisait suite au 30 septembre où des agents commerciaux d’une quarantaine de gares d’Essonne et de Seine-et-Marne ont baissé les rideaux pour protester contre un projet qui signifie des suppressions de postes. Le même jour à la gare du Nord (Paris), réseau banlieue, la grève était bien suivie. A Juvisy (Essonne) également. A la gare de Lyon (Paris) les grévistes ont envahi le CHSCT, repoussant la réorganisation de quelques mois.

Cela dit, ces mouvements sont lancés par des militants syndicaux sans aucun plan de la part de leurs directions, aucune perspective d’ensemble, aucune destination commune affichée, même pas avec les autres salariés du public, postes, hôpitaux, éducation nationale, qui connaissent exactement les mêmes attaques. Et ce n’est pas la journée d’action annoncée, sans grève jusqu’ici, par les syndicats pour le 25 novembre, au nom de la défense des services publics (ferroviaires seulement) et du droit de grève (qu’ils viennent de brader), qui offre des perspectives.

A moins que les cheminots ne réservent aux appareils des surprises.

12 novembre 2004

Ninon HEBERT

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