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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 36, novembre-décembre 2004 > DOSSIER : Délocalisations, chômage et démagogie chauvine

DOSSIER : Délocalisations, chômage et démagogie chauvine

Et le péril bleu-blanc-rouge !

Mis en ligne le 14 novembre 2004 Convergences Monde

On nous parle des dégâts des délocalisations sur l’emploi en France. Mais que se passe-t-il, à l’étranger, quand les grands groupes français investissent, bien souvent d’ailleurs pour racheter des entreprises locales ? Quelques exemples...

Renault-Peugeot : les destructions des constructeurs

En 1999, Renault rachète le constructeur japonais Nissan. Le groupe change de taille et s’implante en Asie. Mais l’opération se traduit par la fermeture de cinq usines et la suppression de 21 000 emplois chez Nissan. A ce prix-là Nissan peut contribuer pour 70 % aux bénéfices du nouveau groupe en 2003.

Toujours en 1999, autre opération du même acabit en Roumanie : Renault rachète Dacia. Mais pour venir exploiter les travailleurs roumains, le groupe français pose ses conditions : exemption de l’impôt sur les bénéfices pendant cinq ans, report du paiement de la TVA pour trois ans, nouvelle hécatombe d’emplois. Toutes acceptées par l’Etat roumain. Bilan : en un an, le nombre de travailleurs de Dacia passe de 27 000 à 24 000 ; il diminue encore jusqu’à 16 000 en 2004. En cinq ans, 40 % des emplois ont donc été supprimés.

Encore plus près, dans la vieille Europe, les constructeurs français n’hésitent pas à jouer du chantage à l’emploi pour faire pression sur les salaires. Ainsi l’usine Peugeot-Citroën de Ryton, près de Coventry en Angleterre. En 2002, la direction obtient une aggravation de la flexibilité des horaires, en prétendant qu’elle veut créer des emplois. En 2003, elle impose une réduction de 52 euros par mois en moyenne, sous prétexte cette fois d’éviter des licenciements. Ce qui ne l’empêche pas, en avril 2004 d’annoncer 700 suppressions sur 3 500 emplois environ.

France Telecom : les profiteurs de crise

La crise économique en Argentine du début des années 2000 a illustré les effets de la rapacité de nombreux trusts occidentaux sur les pays du Tiers-monde. Parmi ces trusts, France Telecom s’est particulièrement illustré. Dans les années 1990, profitant de la grande braderie des privatisations de l’Etat argentin, France Telecom prend possession de 27 % de la société Telecom Argentina. L’autre grande compagnie de téléphonie est détenue par Telefonica de España.

En une dizaine d’années elles vont supprimer près de 50 % des emplois et imposer d’importantes baisses de salaires. L’économie du pays s’effondre, mais Telecom Argentina et Telefonica réalisent des marges de profit trois fois supérieures à celles en moyenne des dix plus grands groupes dans le reste du monde.

Carrefour : s’enrichir en fermant boutique

Carrefour SA est le second groupe de grande distribution dans le monde, derrière l’américain Wal-Mart. 10 400 magasins dans 30 pays, 450 000 salariés, une position de leader en Europe et en Amérique latine.

Mais le groupe prétend avoir reculé sur le marché français en 2003. Il annonce en septembre 2004 un renforcement de son activité en France, et pour financer ce redéploiement la probable fermeture de ses magasins au Mexique (où la chaîne avoue pourtant faire des bénéfices). 35 établissements seraient concernés, soit 7 000 emplois. Le groupe pourrait aussi fermer ses magasins japonais.

TotalFinaElf : le remplacement du salariat... par l’esclavage

Dans certains coins de la planète, les trusts français ne se posent pas le problème de la compression des salaires ou des licenciements, parce que ceux qu’ils exploitent n’ont pas même le statut de salariés.

Ainsi TotalFinaElf a prospéré sur le travail forcé en Birmanie. Lors de la construction du gazoduc de Yadana, des dizaines de milliers de paysans auraient été déplacés par l’armée birmane, et 15 000 enrôlés de force dans la construction d’un chemin de fer auxiliaire aux travaux de constructions du pipe-line. Contrepartie : pour mater la guérilla de la région, Total aurait prêté son soutien à l’armée et à ses tortionnaires.

Benoît MARCHAND

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