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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 55, janvier-février 2008 > DOSSIER : Municipales, le mythe de l’élection et de la gestion (...)

DOSSIER : Municipales, le mythe de l’élection et de la gestion démocratiques

L’Internationale communiste et les municipalités

Mis en ligne le 17 janvier 2008 Convergences Politique

En 1920, l’Internationale communiste définit la tactique des révolutionnaires face aux instances démocratiques. «  Les parlements bourgeois, constituant un des principaux appareils de la machine gouvernementale de la bourgeoisie, ne peuvent pas plus être conquis par le prolétariat que l’État bourgeois en général  ». l’IC précise qu’il «  en est de même des institutions municipales ou communales de la bourgeoisie, qu’il est théoriquement faux d’opposer aux organes gouvernementaux. À la vérité, elles font aussi partie du mécanisme gouvernemental de la bourgeoisie : elles doivent être détruites par le prolétariat révolutionnaire et remplacées par les Soviets de députés ouvriers  ».

En France, pour les élections municipales 1925, le jeune Parti communiste se présente, face au « Bloc national » des partis de droite et au « Bloc des gauches » , sous l’étiquette d’un « Bloc ouvrier paysan » dont l’objectif est précisé ainsi : «  Qu’il soit maître de la Mairie, en minorité ou absent du Conseil municipal, le Bloc Ouvrier Paysan fera son travail municipal. En dehors de la mairie, en marge des organismes municipaux constitutionnels, le Bloc des Municipalités Ouvrières et Paysannes fonctionnera et sera animé d’une vie propre.

«  Elus ou non, c’est avec les masses prolétariennes et rurales que les communistes feront leur travail municipal. C’est avec les représentants des organisations prolétariennes, avec les groupements de locataires, de mal lotis, d’anciens combattants, avec les comités de marchés, d’usagers, de consommateurs, avec la masse des femmes, des soldats, des apprentis (privés de toute représentation politique), avec successivement toutes les catégories de travailleurs, dont les intérêts immédiats seront directement en jeu, qu’ils envisageront les modalités selon lesquelles l’action du B.O.P. (Bloc Ouvrier Paysan) sera bien l’expression directe de la volonté des masses exploitées ».

Contre la crise des loyers et du logement, il préconise « la construction en quantité suffisante de logements sains  » et «  la déclaration obligatoire des logements vacants et leur location directe par les offices municipaux du logement  ».

Il insiste sur le fait que « la lutte pour les municipalités, surtout dans les circonstances présentes, ne peut se dérouler sur le terrain étroit des seules revendications locales ». avance des mesures plus générales telle celle « contre les conséquences de la crise économique – Le maintien strict de la journée de huit heures ; l’interdiction pour le patronat de licencier un seul ouvrier tant que la journée de huit heures ne sera pas intégralement appliquée, dans telle ou telle entreprise ».

Alors que le droit de vote ne sera accordé aux femmes que 20 ans plus tard, le Parti communiste réclame pour elles le droit de vote et met des candidates sur ses listes. Les préfets ont beau rappeler aux mairies qu’en dépit «  des informations parues dans certains journaux […] les bulletins portant des noms de femmes sont nuls  », dix femmes seront néanmoins élues… révoquées quelques mois plus tard par la préfecture.

Et le Parti Communiste, «  entend relier de la façon la plus serrée les revendications municipales aux grandes questions économiques et politiques d’ordre national et international qui les conditionnent presque entièrement  ». Mussolini étant au pouvoir depuis 1922 en Italie, il fait donc par exemple figurer la lutte contre le fascisme dans son programme.

Laurent VASSIER

Une affiche du Bloc Ouvrier Paysan aux élections municipales de 1925 :

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