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Accueil > Convergences révolutionnaires > Numéro 148, novembre 2022 > Italie

Italie

Italie : L’extrême droite au gouvernement

Mis en ligne le 8 novembre 2022 Convergences Monde

En Italie, la coalition entre la droite et l’extrême droite a remporté les élections du 25 septembre avec 44 % des voix et obtenu la majorité absolue des sièges, tant à la Chambre des députés (237 sur 400) qu’au Sénat (112 sur 200). Au sein de cette coalition, c’est Fratelli d’Italia, un parti post-fasciste issu du MSI formé après la guerre par des partisans de Mussolini, qui est arrivé en tête avec 26,1 % des voix. Et sa dirigeante, Giorgia Meloni, a été nommée à la tête du nouveau gouvernement.

Même si Meloni dit que désormais, le fascisme appartient à l’histoire, elle tient à montrer qu’elle n’a pas rompu complètement avec ce passé. Elle se dit « orgueilleuse de la flamme tricolore », emblème fasciste qu’elle a voulu conserver sur ses affiches. Comment un tel parti a-t-il pu passer de 4,3 % des voix aux élections de 2018 à 26,1 %, en multipliant son nombre de voix par cinq ? Avant tout grâce à un changement des rapports de force au sein même de la coalition de la droite et de l’extrême droite, en faveur de Fratelli d’Italia et au détriment de ses alliés, et rivaux. Par rapport aux élections de 2018, la Lega, de Mario Salvini, passe de 17,4 % à 8,7 %, tandis que Forza Italia, le parti de Berlusconi, passe de 14,4 % à 8,1 %. Fratelli d’Italia a bénéficié d’être resté dans l’opposition alors que les autres partis, de la Lega jusqu’au Parti démocrate, en passant par le Mouvement 5 étoiles, ont tous participé au gouvernement de « grande coalition » formé par Mario Draghi, l’ex-dirigeant de la Banque centrale européenne.

Si l’on compare le total des voix obtenues par la droite et l’extrême droite en 2018 (12 137 557) au nombre de suffrages obtenus en 2022 (12 299 648), on remarque une grande stabilité. Plus qu’un virage à droite de l’électorat, il s’agit bien d’un déplacement de voix à l’intérieur de l’alliance Fratelli d’Italia-Lega-Forza Italia.

Du côté du centre gauche

L’alliance formée autour du Parti démocrate a recueilli 26,1 %, ce qui représente 7 337 624 voix, contre 7 480 806 en 2018, et obtient 68 députés. Tandis que ce qu’on appelle « le troisième pôle », un regroupement au centre formé par des transfuges du PD a eu 7,8 % des suffrages.

Le Mouvement 5 étoiles

Il a obtenu 15,4 % des voix, contre 32,7 % en 2018, et perdu plus de six millions de voix, même s’il a en partie enrayé sa chute dans le sud du pays et arrive encore en tête en Campanie (région de Naples) avec plus de 40 %, et en seconde place dans les autres régions du Mezzogiorno. Le Mouvement 5 étoiles qui, à ses débuts, se présentait comme un mouvement anti-système dont le slogan était « Tutti a casa ! » pour dire qu’il se proposait de renvoyer tous les politiciens « à la maison », paye sa participation au gouvernement Draghi, avec les partis et les politiciens tant décriés. Si le Mouvement 5 étoiles était arrivé en tête des élections en 2018, et s’il conserve encore une partie de son électorat dans le Sud (où la pauvreté est plus grande), c’est parce qu’il est le principal défenseur du revenu de citoyenneté, que la droite veut supprimer.

À gauche du centre gauche

L’Union populaire, formée essentiellement par le Parti de la refondation communiste et Potere al Popolo, et dirigée par l’ancien maire de Naples, Luigi de Magistris, n’a pas gagné son pari d’entrer au parlement. Malgré le soutien de Mélenchon et de Pablo Iglesias, qui ont fait le déplacement en Italie, elle n’a obtenu que 1,4 % des voix (401 836 voix). On est habitué en Italie à voir surgir ce genre de regroupement de la gauche (plus ou moins) « radicale » le temps d’une élection.

Un fait marquant de ces élections a été le nombré élevé des abstentions, 36 % contre 27 % en 2018, soit six millions d’abstentions supplémentaires, provenant essentiellement des déçus du Mouvement 5 étoiles.

S’il y a une droitisation du Parlement italien, on ne peut pas parler de droitisation (et encore moins de fascisation) de l’électorat, et en particulier des couches populaires, qui ont plutôt montré par l’abstention leur rejet du jeu politique et des gouvernements qui se succèdent en moyenne tous les 18 mois depuis vingt ans pour mener toujours les mêmes attaques contre les travailleurs et les plus démunis.

2 novembre 2022,Thierry Flamand

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