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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 43, janvier-février 2006 > DOSSIER : La crise permanente du logement

DOSSIER : La crise permanente du logement

Des solutions ? Réquisitions... et communisme

Mis en ligne le 13 janvier 2006 Convergences Société

Le problème du logement des travailleurs est récurrent dans la société capitaliste et, comme tant d’autres liés à l’exploitation, il ne pourra être définitivement réglé qu’en changeant de société. La société d’exploitation repose avant tout sur la propriété privée, c’est pourquoi elle se montre incapable de faire appliquer même des lois qu’elle a été contrainte de voter sous le coup soit d’une profonde émotion publique, soit d’un rapport de forces momentanément favorable aux travailleurs.

La loi sur la réquisition des logements vides, créée par une ordonnance de 1945, pourtant inscrite dans le Code de la construction et de l’habitation, n’est pour ainsi dire presque jamais appliquée en France. Or, des logements vides, il y en a largement, de quoi loger de nombreuses personnes en difficulté. D’après l’organisation Droit au logement, en 1962, Paris comptait 20 000 logements vacants, contre près de 140 000 actuellement. Deux millions sont recensés dans tout le pays. Mais lorsque des associations organisent des occupations en s’appuyant sur l’existence de cette loi, elles se heurtent inévitablement aux forces de répression.

Remettre en cause la propriété privée

Pour venir à bout du problème du logement, il faudra bien remettre en question ce droit à la propriété privée. Pas celle des petits propriétaires, mais celle des capitalistes qui font s’envoler le prix des loyers, immobilisant des blocs d’immeubles entiers dans un but spéculatif. Et qui privent par leur mainmise toute une partie de la population de l’accès au logement. La classe ouvrière a la force d’imposer un véritable plan d’urgence pour le logement, dont la première mesure serait bien sûr la réquisition des logements et terrains vacants.

Mais dans cette société capitaliste, où l’urbanisation se fait de manière anarchique, et où l’offre et la demande sont en déséquilibre permanent, il est illusoire de prétendre trouver de solution définitive à la question du logement. Que ce soit dans les pays sous-développés ou dans les pays développés, la crise du logement ne cesse pas de se reposer. Même si certains arrivent à obtenir des conditions d’habitat moins précaires, de nouveaux arrivants, plus pauvres et plus précaires, affluent en permanence et constituent des bidonvilles... dans les bidonvilles, comme les squatters qui au Caire viennent occuper les espaces libres sur les toits.

Comme le remarquait déjà Friedrich Engels en son temps dans « La question du logement », le rapport du locataire au propriétaire n’est pas celui de l’ouvrier à son exploiteur, et la question du logement est secondaire par rapport à la question centrale qu’est l’abolition de l’exploitation. C’est un sous-produit du mode de production capitaliste et de l’organisation sociale qui en découle. « Dans une telle société, la crise du logement n’est pas un hasard, c’est une institution nécessaire ; elle ne peut être éliminée ainsi que ses répercussions sur la santé, etc., que si l’ordre social tout entier dont elle découle est transformé de fond en comble ». Ne pas faire de la question du logement l’objet d’une lutte séparée, mais l’intégrer au programme de lutte de la classe ouvrière, voilà qui reste la tâche des communistes du vingt-et-unième siècle.

Lydie GRIMAL

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