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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 46, juillet-août 2006 > DOSSIER : Afghanistan, Irak, Iran, Somalie… l’islamisme face à l’impérialisme (...)

DOSSIER : Afghanistan, Irak, Iran, Somalie… l’islamisme face à l’impérialisme : ennemis irréductibles ou futurs partenaires ?

Des oppositions conjoncturelles

Mis en ligne le 28 juin 2006 Convergences Monde

Qu’ils soient dans l’opposition ou au gouvernement, les islamistes radicaux, ceux d’Al Qaida, du Hamas ou encore les khomeinistes, sont aujourd’hui présentés comme les ennemis jurés des USA et de l’Occident. Mais cela est en bonne partie le choix de l’impérialisme lui-même. Il n’en a pas toujours été ainsi. Cela peut changer à nouveau demain.

Dans L’Islam mondialisé, Olivier Roy cite de multiples exemples passés d’ententes pouvant paraître surprenantes : « En Afghanistan, lors de la campagne de 2001, l’Iran s’est retrouvé dans le même camp que les Russes, les Indiens et les Américains pour soutenir l’Alliance du Nord contre les Talibans. (...) Téhéran a vivement condamné l’attentat du World Trade Center par la voix du Guide lui-même. »

Ben Laden lui-même était directement lié à l’impérialisme US dans les années 1980 quand la guerre d’Afghanistan opposait Russes et Américains, les islamistes étant alors les meilleurs alliés de ces derniers. Avant d’acquérir une célébrité mondiale avec l’attentat du World Trade Center en septembre 2001, ses réseaux ont été fondés sous l’égide des services secrets américains à l’époque où l’islamisme saoudien était utilisé par eux contre l’URSS. Même après la première guerre du Golfe de 1991, après que Ben Laden se fut brouillé avec les États-Unis, des services secrets américains ont, paraît-il, continué à entretenir des rapports avec lui. Ils espéraient continuer à se servir de lui pour menacer le régime saoudien qui montrait des vélléités d’autonomie.

Radicaux parfois, toujours réactionnaires

Si l’impérialisme a pu les utiliser et peut espérer le faire à nouveau à l’avenir, c’est que même les courants les plus radicaux se réclamant de l’islamisme politique ne le sont que par les moyens terroristes violents qu’ils sont prêts à utiliser. Sur le terrain politique et social, ils sont au contraire ultra-conservateurs et réactionnaires, généralement liés aux classes dirigeantes de la région ou à une de leurs fractions.

Du coup, le courant islamiste forme tout un kaléidoscope d’organisations de toutes sortes, extrêmement variées, socialement comme politiquement, et souvent violemment opposées entre elles. Cela va de courants modérés - modérément critiques vis-à-vis des USA ou modérément religieux, ou encore modérément réactionnaires et anti-démocratiques - à des groupes terroristes extrémistes. Il y a loin du groupe de feu Abou Moussa al Zarkaoui, se réclamant d’Al Qaida et s’appuyant sur les seuls sunnites, aux partis fondamentalistes chiites actuellement au gouvernement de l’Irak aux côtés de l’armée d’occupation américaine. Pas grand chose de commun non plus entre les islamistes marocains poseurs de bombe en Espagne et le Parti de la justice et du développement, bourgeois, modéré et légaliste, qui a ses entrées au palais du roi et à Washington, qui a eu des élus aux municipales en 2002, gouverne des villes depuis 2003 et espère gouverner le Maroc tout entier après les élections législatives de 2007. Ils ne se rapprochent que dans leur volonté d’instaurer une dictature religieuse sur la société.

Mais l’enchevêtrement d’intérêts et de visées les plus divers et même opposés permet d’envisager les retournements les plus spectaculaires comme les réconciliations les plus inattendues, pour le plus grand bénéfice de l’impérialisme et de ses manœuvres politiques dans toute cette région du monde.

R.P.

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