Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Accueil > Convergences révolutionnaires > Numéro 104, mars-avril 2016 > Loi travail, dégage ! > À la SNCF

Loi travail, dégage !

À la SNCF

Décret-socle, loi Travail, dégage !

Mis en ligne le 20 mars 2016 Convergences Entreprises

Le 18 février, le jour même de la publication de l’avant-projet de loi Travail, les cheminots découvraient le décret-socle censé réglementer leurs horaires de travail [1]. Nous publions ci-dessous des extraits des bulletins l’Étincelle SNCF datés du 22 février :

Au menu du décret-socle

L’avant-projet de décret sur notre régime de travail fait 6 pages, contre 37 pour le règlement actuel. Exit l’encadrement des amplitudes et des coupures. Finis les repos doubles [2] et les week-ends. Flou total sur les agents commerciaux – sont-ils « couverts » par ce décret ? Une partie des contrôleurs ne sera plus considérée comme « roulant [3] ». Plus de notion de roulement [4], ni de réserve – et pour cause, si ce décret s’applique, on sera tous en réserve, sans les primes…

Par contre, le décret se prononce sur la durée du travail effectif : journées rallongées, encadrement des repos rabotés, même le temps de travail annuel est augmenté de 39 heures, soit plus d’une semaine de boulot en plus.

Cerise sur le gâteau : on tombe à 111 repos pour les sédentaires, 115 pour les roulants. Entre 11 et 21 repos en moins chaque année !

Plus que le socle ?

Le gouvernement et la direction se veulent rassurants : ce décret n’est qu’un « socle » qui sera complété par une convention collective puis par des accords d’entreprise. Ayez confiance !

Mais, déjà, les patrons du ferroviaire ont annoncé qu’ils n’avaient pas envie de s’embarrasser d’une convention collective. Ils n’auront peut-être pas davantage envie d’accords d’entreprise… Nous n’avons d’ailleurs rien à attendre de négociations à froid, dont le ton est donné par le recul sur toute la ligne sur nos conditions de travail que représente ce décret.

Ils voudraient ratiboiser, déboulonner la statue déjà bien maigrichonne pour qu’il n’en reste qu’un minable socle ? C’est nous qui allons nous dresser à la place !

Comme dans les hôpitaux

L’an dernier les hospitaliers de la région parisienne (AP-HP) ont subi exactement le même genre d’attaque : une modification des plannings qui a débouché sur la perte d’une dizaine de repos RTT – sans aucun allègement de la charge de travail quotidienne. Le tout sur fond de suppressions de postes.

Ils ont réagi par des manifestations massives, des AG et des grèves, ce qui leur a permis de repousser ce plan. Comme eux et avec eux, il va falloir faire entendre notre colère.

Comme le Code du travail

Le jour où le gouvernement dévoilait son projet de décret pour la SNCF, on a découvert le contenu de la future « loi Travail ».

Décret ou Code du travail, cheminots ou salariés de tous les autres secteurs, pour une fois c’est clair : mêmes attaques, même combat !

Et les accords locaux ?

Dans bien des services, la réglementation du travail actuelle, qui permet déjà une flexibilité peu compatible avec notre vie privée et sociale, est un peu améliorée par des accords locaux, comme par exemple le midi-midi dans certains établissements à la conduite (finir avant 12 heures avant un repos et commencer après 12 heures après un repos).

Pas question de laisser la direction mettre ces accords à la poubelle. Au contraire, les dispositions les plus avantageuses qu’ils contiennent doivent être généralisées à tous les services.

Ils osent tout, c’est à ça qu’on les reconnaît…

Le Canard Enchaîné, le Figaro, Mediapart… Les révélations s’accumulent autour de l’enquête sur l’accident de Brétigny. La direction connaissait la dangerosité du réseau, elle savait que c’était la conséquence de sa politique de « risque calculé » et de suppressions de postes… et elle a menti pour le cacher à la justice.

Pourtant, cette politique d’économies criminelles continue avec 1 400 suppressions de postes l’an prochain. Pépy n’est même pas inquiété.

Et ce sont ces voyous, qui mettent en danger usagers et cheminots pour garantir les profits, qui prétendent « réformer » les 35 heures et le régime de travail ? Pas question de les laisser faire.

Pas un repos en moins, pas un chômeur en plus !

Il n’est pas question d’accepter ce recul. Il n’y a rien à négocier ! La logique de la direction et du gouvernement, c’est de nous faire travailler plus pour supprimer encore plus de postes. Ils l’ont déjà calculé : si leur « réforme » passait, cela permettrait 10 000 suppressions de postes supplémentaires d’ici 2020.

Nos besoins sont exactement à l’opposé : il faut embaucher pour alléger notre charge de travail, améliorer nos plannings, obtenir nos congés et assurer la sécurité. 25 000 postes ont été supprimés depuis 2003, exigeons au moins 25 000 embauches… et plus !

R.P.


[1Voir « À la SNCF aussi on réforme le Code du travail », Convergences Révolutionnaires n°103, janvier-février 2016.

[2Repos double : deux jours de repos accolés. L’équivalent d’un week-end, mais pas forcément un samedi-dimanche.

[3Les cheminots considérés comme « roulants » ont quelques avantages par rapport aux autres, comme le fait de partir plus tôt en retraite.

[4Les roulements sont les plannings de travail : repos, journées de service, horaires. Un cheminot « en roulement » peut donc dérouler son planning plusieurs mois à l’avance, contrairement à son collègue de « réserve ».

Mots-clés : |

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article