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Accueil > Convergences révolutionnaires > Numéro 104, mars-avril 2016 > Loi travail, dégage !

Loi travail, dégage !

Au restau U de Cachan

Étudiants et salariés au contact

Mis en ligne le 20 mars 2016 Convergences Politique

Vendredi 11 mars, rencontre entre quelques étudiants de la petite AG du campus étudiant de Cachan et une douzaine de salariés du restaurant universitaire [1] à l’heure de leur pause. Nous sommes accueillis avec du café (certains d’entre nous connaissent déjà quelques employés) dans une très bonne ambiance. La discussion fuse rapidement : débat entre les employés au sujet de la loi. On sent déjà que leur temps de pause de 20 minutes ne suffira pas.

En fait, ils s’étaient déjà renseignés sur la loi au moins dans les grandes lignes. « Nous, on galère déjà aujourd’hui, avec cette loi je ne sais pas comment on va faire ! », fut l’une des premières réactions. Nous évoquons la facilitation des licenciements. Réponse : « Pourtant, nous, ici, on est déjà tout le temps en sous-effectif ».

Je leur explique que nous étions une vingtaine, à tout casser, à la manif sur l’ensemble des établissements du campus de Cachan, « C’est tout ! Oh non… ». Tous avaient l’air un peu déçu. Du coup, je m’empresse de parler des chiffres nationaux et de la mobilisation des autres facs, de l’inter-facs, de la SNCF, etc... Nous évoquons la convergence de la lutte des jeunes et des salariés, l’idée d’une suite du mouvement, puis l’ouverture de l’AG étudiante du 17 mars aux salariés. Là, nous sommes carrément débordés sur notre gauche, ils mènent le débat. « Il faut qu’on soit plus nombreux, il faut qu’on sorte tous dans la rue. »

« Une grève générale, plus rien qui fonctionne dans tout Paris, voilà ce qu’il faudrait. »

« Elle est où l’AG ? À quelle heure ? – 10 heures dans le Hall Villon – Ça veut dire qu’il n’y aura pas à manger ! » … « Il faut y aller, il faut se battre. » Et, étonnamment, le syndicaliste de l’UNSA, à ses collègues : « C’est pas forcément pour vous mais c’est pour vos enfants… C’est ouvert à tout le monde cette AG ? Je vais y aller avec ma femme et mes enfants ». Une autre : « La loi Travail, c’est qu’une mesure parmi d’autres, c’est tout un système derrière... ». « Moi j’ai voté la dernière fois en 2012, je voterai plus jamais j’arrête. ». Puis son collègue : « De toute façon on vote jamais pour quelqu’un, on vote contre quelqu’un. Moi j’ai pas voté Hollande, j’ai voté contre Sarkozy ». « Vous savez si on était vraiment nombreux, on pourrait même faire chuter un gouvernement ! Comme en Europe de l’Est où ils ont fait chuter les dictateurs... » « Le problème, si on se met en grève, c’est qu’il y a les CDD et les contrats avenir, pour eux c’est plus dur, et ils feront tourner le CROUS quand même… L’idéal, ce serait que les étudiants bloquent le CROUS, comme ça on pourrait se mettre en grève sans problème. » … On verra.

Plus de 15 minutes après la fin de la pause, la directrice pousse à reprendre le travail. « Attendez on discute avec les étudiants ». La directrice, qui elle-même avait autorisé la rencontre : « Le restaurant ne va pas se nettoyer tout seul ! – Oui, mais là on essaye de changer le monde, s’il vous plaît. »


[1Ce restaurant universitaire, situé sur le campus de l’École Normale Supérieure (ENS) de Cachan, sert les étudiants et le personnel de l’ENS (École normale supérieure), mais aussi les étudiants d’un Institut Universitaire de Technologie (IUT), le lycée Gustave Eiffel (général), le lycée Maximilien Sorre (professionnel) et une école d’ingénieur : l’École spéciale des travaux publics, du bâtiment et de l’industrie (ESTP).

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