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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 70, septembre 2010

Editorial

Après le 7 septembre : Les retraites... et tout le reste !

Mis en ligne le 23 septembre 2010 Convergences Politique

Le moins qu’on puisse dire, au vu du succès des manifestations du 7 septembre, c’est qu’au bout de plus d’un an, l’intox gouvernementale sur les retraites n’a pas fonctionné. Le prétendu argument « démographique » – « nous vivons désormais trop vieux, le déficit des caisses menace… » – a fait flop. La retraite de misère, après avoir travaillé plus longtemps et gagné moins, en chaise roulante ou avec les articulations comme le moral bousillés, tout le monde est contre. Sauf bien entendu les actionnaires du CAC 40, les PDG à parachutes dorés, les dorés sur tranche de la République à la Tapie, les exemptés du fisc à la Bettencourt et toutes les petites mains gouvernementales qui leur servent les plats en échange du financement de leurs campagnes. Ceux-là s’accommodent du chômage massif, du travailler plus pour gagner moins, des suicides au travail, des classes surchargées et des retraites amputées… pour les autres. Pour eux, pas de déficit qui tienne. Le robinet de la caisse est toujours ouvert. Aux pauvres d’être solidaires des banques et des gros actionnaires, aux riches d’être rentiers à vie sur le dos des retraités.

Le gouvernement a bien cherché un vieux dérivatif. Un bouc émissaire. Cet été, c’est tombé sur les Roms, les plus pauvres parmi les pauvres. Mais là non plus ça n’a pas marché ! La crapulerie était trop grosse. Jusqu’à l’Eglise, l’ONU et les instances européennes qui s’en sont émus. Les politiciens du PS ayant trouvé le moyen, en l’occurrence, d’être nettement plus timorés que les curés, en se contentant d’expliquer que la politique sécuritaire du gouvernement n’était pas assez efficace ! Démagogie électorale, quand ça les tient ! Mais voilà. Ladite « sécurité », c’est devenu, selon un sondage Sofres du 13 septembre, le dernier souci de la population, après le chômage et l’emploi, les retraites, la qualité des soins, le pouvoir d’achat et l’école… ! L’ignominie sécuritaire n’a fait qu’ajouter au discrédit gouvernemental.

Car la préoccupation de l’heure des salariés, c’est de faire remballer au gouvernement sa réforme des retraites, même votée au parlement. C’est de faire en sorte que la loi s’incline devant la mobilisation populaire. L’indignation des quelque 3 millions de salariés dans les rues le 7 septembre et des millions d’autres qui les soutenaient, ne se limite d’ailleurs pas à la réforme des retraites. Il y a tout le contexte : le chômage, les licenciements, la précarité, les bas salaires, l’école et les hôpitaux sacrifiés. Mais faire reculer le gouvernement sur les retraites, ce serait le début d’un changement de rapport de force entre les travailleurs et les nantis. Le problème étant de savoir ce qui le fera vraiment reculer.

Les confédérations syndicales appellent à une nouvelle manifestation le 23 septembre. On verra le résultat. Mais une chose est sûre : une succession de quelques manifestions nationales, même massives mais finissant par s’épuiser (on l’a vu en 2009), ne suffira pas à faire céder le gouvernement. Or manifestement, les principales confédérations qui se contentent de quémander l’ouverture de « vraies négociations » (voir notre article sur la « gauche politique et syndicale »), ne proposent aucun plan de mobilisation sérieux au-delà du 23. Les initiatives devront partir d’en bas.

D’ici là, tout ce qui peut renforcer la mobilisation et préparer la suite : rassemblements, départs de grèves, etc. est bon à prendre. Et c’est dès maintenant qu’il s’agit de préparer la suite. La montée en puissance des manifestations ne portera ses fruits que si elle débouche sur la multiplication de grèves reconductibles, en un mot sur une grève générale capable de susciter la panique chez nos adversaires. Le test de la mobilisation du 7 septembre est plus que positif. La meilleure façon de transformer l’essai, ce serait de ne pas reprendre le travail le 24 septembre. Et que tous ceux qui ne reprennent pas le travail, forts de leur propre détermination, ne restent pas isolés dans leur coin mais s’adressent aux autres salariés, localement et nationalement. C’est ainsi que le ras-le-bol général peut se transformer en une vague de fond sociale changeant totalement la donne.

13 septembre 2010

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