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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 70, septembre 2010 > DOSSIER : Chine, un capitalisme du XXI° siècle

DOSSIER : Chine, un capitalisme du XXI° siècle

Après 30 ans de croissance capitaliste

Mis en ligne le 23 septembre 2010 Convergences Monde

Un « miracle » ! C’est ainsi que commentateurs et économistes se plaisent régulièrement à qualifier le développement économique de la Chine durant les trois dernières décennies. Il faut dire qu’avec une croissance moyenne du Produit Intérieur Brut (PIB) de 9,8 % depuis 1978 et le début de la période des réformes impulsées par Deng Xiaoping, ce développement peut impressionner. Sans doute faut-il accueillir ces chiffres avec une certaine prudence (en particulier concernant la fiabilité des données officielles fournies par l’État chinois). Et ce n’est certes pas le seul cas, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, où des pays relativement peu développés connaissent des périodes de forte croissance et attirent assez massivement les capitaux des grandes puissances impérialistes. L’Asie a ainsi connu plusieurs vagues, elles aussi en leur temps taxées de « miraculeuses » : le Japon à partir des années 1950, la Corée du Sud, Taïwan et Singapour dans les années 1970 et 1980. Mais tant par son rythme, sa durée et, surtout, le fait qu’elle concerne un pays immense – un quasi-continent de plus de 1,3 milliard d’habitants –, la croissance chinoise apparaît sans précédent. Sur cette base, l’économie chinoise serait en passe aujourd’hui de dépasser celle du Japon et de lui ravir la seconde place dans l’économie mondiale. Elle est la première exportatrice au monde et la deuxième importatrice. Ces décennies ont surtout été celles du développement industriel. Si la production agricole occupe encore près de la moitié de la population du pays et si elle reste largement dominante pour de nombreux produits (elle est, par exemple, la première productrice mondiale de céréales, de coton ou de tabac), elle ne représente plus que 11 % de la richesse produite en Chine, contre 48 % pour l’industrie. La Chine est aujourd’hui le premier producteur mondial d’acier (elle atteint 660 millions de tonnes et oscille entre 40 et 50 % de la production mondiale). Les produits « made in China » dominent le marché mondial dans de nombreux secteurs. Ils représentent par exemple : 90 % des DVD, 85 % des jouets, 85 % des tracteurs, 85 % des montres et horloges, 70 % des photocopieurs, 60 % des bicyclettes, 58 % des téléphones portables, 55 % des ordinateurs portables, 36 % des téléviseurs ou 25 % des machines à laver. La production chinoise se développe également dans le secteur automobile : en 2009, 14 millions de véhicules ont y été produits, faisant de la Chine, là aussi, le premier producteur mondial. Cette croissance industrielle s’est également traduite par un formidable développement urbain : le pays compte onze agglomérations de plus de 10 millions d’habitants (soit comparable à l’agglomération parisienne) et la plus grande de ces concentrations urbaines, celle de Chongqing, regroupe plus de 30 millions d’habitants. De même, les infrastructures ont connu un développement prodigieux et le territoire chinois compte aujourd’hui près de 86 000 km de voie ferroviaire (deuxième réseau mondial) et un réseau autoroutier de plus de 65 000 km (également le deuxième mondial).

N’ayant été renversé ni au XIX° ni au XX° siècle, le capitalisme continue au XXI° à transformer la planète à sa façon. L’essor de l’économie chinoise s’inscrit à la fois dans le cadre de l’organisation de ce système à l’échelle internationale (la mondialisation) et dans la volonté de l’appareil d’État chinois de promouvoir un développement purement national. Les profits des capitaux produits sur le dos des travailleurs chinois se partagent entre d’une part les grosses sociétés et la bourgeoisie des anciennes puissances impérialistes et, d’autre part, celles de la Chine elle-même. Dans quelle proportion ? Qu’est-ce qui change au niveau des rapports de forces entre la Chine et les États des principales grandes puissances de ce monde ? La crise démarrée en 2008 avec les subprimes aux États-Unis va-t-elle imprimer un nouveau cours ? C’est ce que nous allons essayer de regarder de plus près.

Quoi qu’il en soit, le résultat le moins contestable de ce prodigieux essor, c’est la transformation sociale qui en résulte. Que le camp de la classe ouvrière – elle qui, par son rôle dans la production et par ses possibilités d’organisation, devrait être en capacité d’amener l’avènement d’une société plus humaine et plus rationnelle – s’en trouve ainsi renforcé, voilà pour nous le résultat le plus important. L’existence de centaines de millions de nouveaux prolétaires en Chine change le rapport des forces non seulement à l’échelle de ce pays mais aussi de la planète. Et les combats des travailleurs de Chine accompagnant ce récent développement sont un signal d’espoir pour les prolétaires du monde entier.

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