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Annulation de « Roe contre Wade » : la riposte s’organise

28 juin 2022 Article Monde

Conformément à ce que des fuites dans la presse il y a plus d’un mois avaient laissé présager, la Cour suprême des États-Unis a décidé de revenir sur son arrêt dit « Roe contre Wade ». L’avortement n’est plus un droit garanti à l’échelle de tous les États-Unis. Mais en réaction, la mobilisation pour le droit des femmes à disposer de leur corps pourrait prendre une nouvelle ampleur.

Pour leur part, nos camarades de Speak Out Now non seulement participent à des manifestations lancées par de nombreuses associations et collectifs féministes, mais organisent des rassemblements de protestation. Lors de ces rassemblements, qui ont regroupé entre 80 et 200 personnes, des débats « micro ouvert » ont suscité à chaque fois des prises de paroles nombreuses, de personnes visiblement contentes de pouvoir ainsi s’exprimer devant d’autres.

Le texte qui suit est une traduction d’un tract qu’ils distribuent notamment dans ces rassemblements.


C’est à nous de défendre nos droits !

À l’heure où les femmes du monde entier gagnent le droit d’accéder à l’avortement légal, le 24 juin, la Cour suprême des États-Unis a décidé de remonter le temps jusqu’aux années 1970. Cinq juges, nommés à vie à des postes politiques permanents, qui n’ont pas de comptes à nous rendre, ont décidé qu’il n’existe pas de droit à l’avortement garanti au niveau fédéral. Ils sont prêts à forcer les femmes qui ont été violées, ou qui sont victimes d’inceste, ou dont la vie est menacée par leur grossesse, ou qui savent qu’elles ne peuvent pas subvenir aux besoins d’un enfant, à avoir cet enfant. C’est une attaque contre le droit des femmes à choisir, contre la santé des femmes, contre leur vie et leur avenir. Ce sont les femmes pauvres et de la classe ouvrière, en particulier celles de couleur, et celles des zones rurales qui en pâtiront le plus, elles qui sont déjà confrontées à un accès limité à l’avortement et aux autres soins de santé.

L’annulation de la jurisprudence « Roe contre Wade » fait partie d’un vaste assaut de la droite contre nos droits, utilisant les tribunaux et les législatures des États comme armes. Ces politiciens et leurs riches bailleurs de fonds s’organisent pour reprendre un grand nombre de droits qui ont été gagnés dans la rue par des mobilisations massives, pendant des décennies. Ces luttes ont forcé les politiciens à réagir et à légaliser l’avortement. Mais les droits gagnés par l’arrêt « Roe contre Wade » ont été attaqués depuis le jour où la Cour suprême l’a décidé en 1973.

Et ce n’est pas une exception. Les décisions législatives et judiciaires ont été renversées une fois que les mobilisations ont cessé. L’annulation de « Roe contre Wade » fait partie d’une attaque concertée sur de nombreux fronts. Nous assistons à l’adoption de lois et de décisions de justice supprimant le droit de vote, à la mise en place de nouvelles restrictions en matière d’immigration, à la suppression des protections en matière de santé, de sécurité et d’environnement, à des attaques contre les personnes LGBTQ+ et à l’imposition de restrictions sur le contenu éducatif enseigné dans nos écoles.

On nous dit que nous vivons dans une démocratie – mais une démocratie pour qui ? Vos droits ne sont garantis que si vous faites partie du 1 % des plus riches. Les politiques des politiciens et des patrons lors de la pandémie de Covid nous l’ont bien montré. On nous dit que nous pouvons compter sur les élections et la législation pour protéger nos droits, mais comment pouvons-nous croire cela ? Regardez la réponse des politiciens au meurtre de George Floyd – beaucoup de paroles mais aucune action, alors que les meurtres de Noirs par la police augmentent – ou leur manière de faire face à la catastrophe climatique – beaucoup de discours mais la guerre en Ukraine sert à justifier l’augmentation de la production de combustibles fossiles. Nous ne pouvons gagner et conserver nos droits en élisant des Démocrates ou par le biais de leurs tribunaux, mais seulement par la mobilisation de nos propres forces. Ou jusqu’à ce que nous changions l’ensemble du système.

Face à cette dernière attaque, nous devons réagir. Les juges de la Cour suprême et les politiciens qui soutiennent leurs décisions immorales doivent entendre notre colère et sentir notre détermination. Ils doivent faire face aux conséquences de leurs actes contre nos intérêts. Se mobiliser dans les rues est la première façon de montrer notre détermination – à nous-mêmes et aux autres. Mais les démonstrations de notre colère ne suffiront pas à convaincre ceux qui nous attaquent de changer. Nous devons porter cette colère et cette détermination sur nos lieux de travail, dans nos écoles et nos quartiers. Nous devons nous organiser le plus largement possible, mobiliser toutes nos forces et les libérer !

Nous sommes la majorité, et lorsque nous décidons d’agir, nous pouvons forcer les politiciens à changer de cap. C’est nous qui avons le droit de décider de notre avenir, et de décider si et quand nous aurons des enfants. Les femmes auront-elles le droit d’avorter à l’avenir ? Cela dépend de nous et de ce que nous ferons.

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