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Archives > Éditos L’Étincelle > 2003 > mai > 20

A bas le plan Fillon ! Ce n’est qu’un début, le combat continue !

Raffarin et Fillon espéraient que l’attaque contre les retraites pourrait passer grâce un scénario orchestré à l’avance, moyennant quelques journées d’action entrecoupées de discussions avec les syndicats. L’ampleur de la réaction des travailleurs commence à leur en faire douter. Après l’importante journée de grèves et de manifestations du 13 mai et la poursuite des mouvements dans l’enseignement et les transports, après la réussite de la journée du 19 mai centrée sur les services publics, la mobilisation a encore de beaux jours devant elle.

La manifestation interprofessionnelle du dimanche 25 mai doit être une nouvelle occasion de faire entendre haut et fort l’opposition résolue aux projets du gouvernement, du privé comme du public. D’autant que cette manifestation ne sera pas une fin, comme d’aucuns l’auraient espéré, car d’autres mouvements de grève, notamment dans les transports, s’annoncent pour la semaine suivante.

Les personnels de l’Education Nationale, en lutte depuis des semaines, ont ouvert la voie et ils ne sont pas restés isolés. Chaque jour, il est plus évident que la grande majorité des travailleurs prend conscience de l’enjeu. Si on laissait faire cette réforme des retraites, un grave recul social serait entériné, ouvrant la porte à bien d’autres attaques (la sécurité sociale, le salaire minimum, l’emploi dans les services publics et dans le privé...)

Raffarin a pu croire un temps que ses manœuvres pour diviser les travailleurs seraient couronnées de succès. Il lui faut déchanter. Les enseignants se retrouvent ainsi en grève aux côtés des emplois-jeunes, des ouvriers des services techniques, des assistantes sociales et d’autres catégories menacées par les projets de décentralisation. Fillon et Raffarin ont tenté de mettre hors jeu les salariés du service public couverts par des régimes spéciaux, en prétendant qu’ils n’étaient pas concernés et en se réservant de les attaquer ensuite. Mais cette diversion a elle aussi échoué : transports publics et EDF se sont retrouvés en grève et dans la rue. Une campagne a essayé de faire croire aux travailleurs du privé qu’il ne s’agissait que de rétablir « l’équité » en s’attaquant aux prétendus privilèges du public, mais des travailleurs du privé un peu partout se sont retrouvés au coude à coude avec ceux du public lors des journées d’action et des manifestations, comme le 13 mai.

A juste titre, car le passage à 42 annuités pour tous avec une baisse des pensions de 20 à 30 %, touche tous les travailleurs. Patrons et gouvernement prétendent faire travailler jusqu’à 65 ans et même au-delà, alors que bien des travailleurs sont jetés à la rue avant 50 ou 55 ans du fait des plans sociaux qui se multiplient. Quant aux jeunes, voués de plus en plus aux emplois précaires et accédant à un véritable emploi de plus en plus tard, devront-ils attendre 75 ans ou la mort pour partir en retraite ?

Les dirigeants de la CFDT ont consenti à donner leur signature au projet du gouvernement, soulevant la réprobation et même la révolte de nombre de militants et syndiqués de leur organisation. Déjà en 1995, les mêmes ou leurs prédécesseurs avaient approuvé le plan de Juppé… Ce qui n’avait aucunement évité à ce dernier, face la vague de grèves et de manifestations, d’avoir à le remballer piteusement.

Avec ou sans signature, d’autres scénarios du genre, d’autres sales coups, sont sans doute en préparation. Des directions syndicales, jusque-là non-signataires, se disent elles aussi pour une « réforme » et demandent à négocier ce qui devrait être rejeté, renonçant à la défense des 37 annuités et demi pour tous. Mais rien ne dit que nous devrons les suivre. C’est à nous salariés de décider de nos revendications et de la lutte que nous entendons mener.

Nous sommes tous concernés, travailleurs du public comme du privé, la mobilisation de tous est nécessaire pour gagner. Le gouvernement ne renoncera à ses projets que face à une grève générale. Chaque action nouvelle peut être une occasion d’entraîner de nouveaux secteurs dans la lutte. Raffarin a prétendu que ce n’est pas la rue qui gouverne. Qu’il demande à Juppé ! S’il persiste à imposer sa « réforme », oui il faut qu’il retrouve toute la classe ouvrière dans la grève et dans la rue !

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