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DOSSIER : Industrie de guerre et trafic d’armes à l’heure de la mondialisation

Industrie de guerre et trafic d’armes à l’heure de la mondialisation

Mis en ligne le 17 mai 2003 Convergences Monde

Au début des années 1990, avec la fin de l’URSS, l’arrêt de la course aux armements, nous disait-on, allait dégager les « dividendes de la paix », relancer l’économie et permettre l’élévation du niveau de vie. Dix ans après on n’a toujours pas vu la queue d’un tel dividende. Mais on a connu quatre guerres d’importance (deux guerres d’Irak, une en Afghanistan et une en Yougoslavie), et quelques autres, dont les Lockheed-Martin, General Electric, Boeing, Northrop et dans une moindre mesure les européens Rolls Royce, Matra ou Dassault ont touché les dividendes. Il ne s’agit là que des interventions américaines. Il ne faudrait pas oublier les menées de l’impérialisme français dans son pré carré africain et toutes les guerres civiles qui ont secoué plusieurs régio ns de la planète. La fin de la guerre froide a multiplié les guerres chaudes.

Quant à la course aux armements, elle continue, même si l’ex-URSS est quasiment hors-jeu. Elle se joue en partie en solitaire, la patrie de Lance Amstrong ayant quelques bonnes étapes d’avance et un tout autre braquet que ses suiveurs (la production d’armements des Etats-Unis représente six à sept fois celle de la France ou de la Grande-Bretagne). Il s’agit pour les Etats-Unis de se doter des moyens d’assurer et de maintenir leur domination sur l’ensemble du monde, indépendamment de ses challengers, qui officiellement courent dans la même équipe puisque ce sont leurs alliés. Elle se joue aussi, malgré la disproportion des forces, entre les grandes puissances impérialistes, alliées mais néanmoins concurrentes.

La course aux armements n’avait fait que prendre une forme particulière durant la période dite de la « guerre froide ». Elle reste une constante du système capitaliste, et reprend en quelque sorte désormais son cours ordinaire.

Pour une raison fondamentale : les rapports de forces militaires entre grandes puissances déterminent la part de chacune dans le contrôle et le pillage des richesses de la planète et la domination des peuples. L’actuelle guerre d’Irak n’en est que le dernier exemple.

Raison subsidiaire : quelle que soit la conjoncture économique, l’Etat de chaque métropole impérialiste assure la permanence des commandes et un marché privilégié à ses industriels de l’armement. L’industrie d’armement est le secteur industriel le plus protégé, le plus assisté, dans cette société, celui dont l’avenir est le plus assuré, le moins sensible aux à-coups économiques. Touchant plus que jamais, avec l’armement moderne, à tous les domaines de l’industrie, bénéficiant des plus gros budgets de la recherche scientifique et technique, elle sert aussi de fer de lance aux autres secteurs industriels des puissances impérialistes.

A l’heure où la « croisade contre le terrorisme » a remplacé « la dissuasion nucléaire », dans la panoplie des justifications du militarisme, les rodomontades de nos gouvernants sur un prétendu « désarmement » se limitent aux discours sur la « non-prolifération », ce qui en clair se résume au monopole des grandes puissances sur les armes de destruction massive. Il ne peut être question de désarmement, pas plus que de règlement des conflits par une quelconque « communauté internationale », ONU ou autre, dans une société basée sur l’exploitation de l’immense majorité de la population et le pillage de la planète. Pour en finir avec la course aux engins de mort de plus en plus sophistiqués, et consacrer enfin l’industrie et la recherche au progrès de la société et non à sa destruction, il faudra d’abord que les travailleurs arrachent les armes des mains de ceux qui les détiennent.

Olivier BELIN

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