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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 27, mai-juin 2003

Editorial

Pour que la rue gouverne

Mis en ligne le 17 mai 2003 Convergences Politique

Les cartes sont abattues. Du moins du côté du gouvernement. Après la prestation de Fillon à la télé, puis la présentation officielle de son projet de réforme des retraites, tout le monde sait à quoi s’en tenir. A vrai dire tous ceux qui le voulaient bien, le savaient depuis longtemps. Car, il faut le reconnaître, rarement coup porté contre les travailleurs aura été ouvertement annoncé et programmé aussi en avance. La date de présentation du projet en conseil des ministres, son vote au parlement (en juillet, pendant les vacances) étaient connues depuis des mois. Son contenu aussi, étalé à nouveau lors des négociations avec les syndicats.

Seule la manière est un peu inattendue. Au doucereux a succédé le brutal. Alors que la tactique du gouvernement semblait consister jusqu’ici à jouer le privé contre le public pour assommer d’abord le second, il souligne maintenant que ni l’un ni l’autre n’ont d’illusion à se faire : à l’échéance de 5 ou 10 ans les retraites des deux seront en lambeaux. Il en rajoute même en décidant, en même temps qu’une réforme de l’Assurance maladie dans les six mois, le moindre remboursement de centaines de médicaments immédiatement. Et alors que la grogne s’étale chez les enseignants du secondaire et du primaire, il notifie une réforme du supérieur faite pour heurter étudiants et professeurs.

« Ce n’est pas la rue qui gouverne » selon notre premier ministre, feignant de mépriser les grèves et manifestations qui s’annoncent. Arrogance basée sur l’idée que le rapport des forces est d’une façon écrasante en sa faveur ? Tactique visant à assommer toute opposition pour pouvoir passer en force ?

Quoi qu’il en soit la question d’une riposte est posée. Maintenant. Immédiatement. C’est dans les semaines qui viennent que le gouvernement entend faire entériner ses projets qui peuvent amener des conditions de vie dégradées pour la majorité de la population et pour des années.

Dans trois jours, au moment où nous écrivons, se prépare une journée de grèves et de manifestations où pour la première fois depuis longtemps sont appelés tous les travailleurs, du privé comme du public, par pratiquement tous les syndicats qui comptent. Y compris ceux qui atermoient encore, ceux qui tentent d’émietter le mouvement, ceux qui n’avancent que contraints et forcés. La grève générale, que beaucoup, dont nous-mêmes, appelaient de leurs vœux depuis si longtemps est donc à l’ordre du jour.

Déjà des enseignants sont en mouvement, encore minoritaires mais assez déterminés pour tenir en grève depuis des semaines pour certains, en sachant que l’important c’est justement de faire au plus tôt la jonction avec les autres secteurs. En espérant que le 13 mai soit un immense succès et que le 14 bon nombre de travailleurs lui donnent une suite et les rejoignent dans un mouvement qui pourrait alors faire boule de neige… et finir par noyer le bonhomme Raffarin sous l’avalanche.

Car si un jour de grève générale marque la volonté du monde du travail, ce n’est qu’un mouvement d’ensemble bien plus large, jusqu’au retrait des projets scélérats du gouvernement et la satisfaction des principales revendications ouvrières, qui peut l’imposer.

Mai et juin sont justement les mois anniversaires des deux dernières grandes grèves générales de ce pays, en 1936 et 1968. Quelques semaines au moins durant lesquelles la rue a montré qu’elle pouvait gouverner. Mai et juin 2003 sont l’occasion d’en refaire la démonstration.

11 mai 2003

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