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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 17, septembre-octobre 2001 > DOSSIER : La santé malade du profit

DOSSIER : La santé malade du profit

SIDA : La guerre des firmes pharmaceutiques contre les malades continue

Mis en ligne le 22 septembre 2001 Convergences Société

Une première victoire…

Le 19 avril 2001, sous la pression d’une campagne mondiale, les 39 firmes pharmaceutiques qui menaient depuis trois ans un procès contre le gouvernement sud africain ont abandonné leur plainte. Elles voulaient empêcher ce pays d’importer des médicaments produits à des prix abordables par certains pays dont le Brésil. La politique volontariste y a permis la production de médicaments génériques par des entreprises publiques à des prix inférieurs de 80% à celui des tarifs de ces grands trusts, et la diminution de 50% de la mortalité des malades du sida entre 1996 et 2000.

Cette macabre bataille juridique s’appuie sur une réglementation internationale qui permet à une société qui a un brevet sur un médicament de fixer les prix comme bon lui semble pendant une période pouvant durer 20 ans. Elle leur permet de vendre les antirétroviraux à des prix prohibitifs qui ne sont pas justifiés. Un médicament d’une importance majeure comme le ddl a été découvert par un institut de recherche public puis a été commercialisé par une société privée (Bristol Meyer Squibb). Cette politique des trusts et cette réglementation coûtent la vie à des millions de personnes.

Depuis la découverte du sida en 1980, 22 millions de personnes sont mortes de l’épidémie, 3 millions durant l’année 2000. Environ 36 millions de personnes vivent avec le sida dans le monde. Mais les médicaments sont au Nord, alors que la maladie touche bien davantage le Sud : 90% des malades vivent dans les pays en voie de développement, et n’ont pas accès aux antirétroviraux, notamment à cause de leur coût, jusqu’à 30 fois supérieur au revenu moyen. L’épidémie a de graves conséquences sur le développement de certaines régions d’Afrique où plus de la moitié des adultes sont morts ou dans l’incapacité de travailler. Au Zimbabwe selon l’ONUSIDA, la production de maïs a chuté de 50%. En Haïti, le sida a réduit l’espérance de vie de 48 à 31 ans. La question du prix des médicaments est donc une question de vie ou de mort.

…largement insuffisante

D’autres pays africains n’osent pas importer ces médicaments génériques de peur d’être confrontés à des procès du même type ou à des représailles de l’OMC. Ils cherchent donc à obtenir l’autorisation de l’OMC à une libre importation lors de la réunion prévue en novembre 2001 au Qatar. Dans les débats préalables, un consensus quasi total en faveur de l’utilisation de génériques pour lutter contre le sida, la tuberculose et le paludisme se serait exprimé, mais les Etats-Unis et la Suisse, pays où sont domiciliées les plus grandes compagnies pharmaceutiques du monde, s’y sont opposés.

A Gênes, lors du sommet du G8 a été annoncé la mise en place d’un « Fonds Global pour la Santé ». Il devrait être effectif en janvier 2002. Mais son fonctionnement est loin de résoudre les problèmes. Dans les débats en cours sur la définition de l’usage des fonds versés, il apparaît que ce ne serait pas le fonds qui gérerait les financements, mais les donateurs qui choisiraient à qui les adresser. Par exemple la fondation de Gates (de Microsoft) est contre le financement de l’accès au traitement. Ce fonds servira donc bien peu aux malades en leur permettant un accès massif aux soins, il ne sera qu’une subvention de plus allouée à l’industrie pharmaceutique des grands pays impérialistes.

Charles PAZ


La loterie de la vie et de la mort

Un médecin New-yorkais a mis en place un programme qui recueille des dons d’antirétroviraux en provenance des Etats-Unis pour soigner des malades guatémaltèques. Dans ce pays seuls 15% des malades ont accès à ces médicaments à travers le système de sécurité sociale. Les 85% restants doivent se débrouiller, mais les antirétroviraux sont bien trop chers pour la grande majorité de ces malades. Le médecin n’a pas autant de traitements qu’il y a de malades au Guatémala. A qui donc et sur quel critère choisir les malades qui en recevront ? Il a fini par opter pour la loterie, la solution la plus juste à ses yeux. Les malades sont réunis, tirent un numéro et seuls les gagnants ont le traitement : en juin 1999 une chance sur 24 de gagner le droit de vivre... (d’après le site web de Médecins Sans Frontières)

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