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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 98, mars-avril 2015 > La Grèce asphyxiée par les banquiers : À quand le bol d’air des luttes (...)

« Pas un gouvernement de gauche, un gouvernement de sauvetage national ! »

23 mars 2015 Convergences

Ces mots, Tsipras les répète. Ne pouvant mettre en avant des mesures sociales, il met l’accent sur « la dignité nationale », mot d’ordre réunissant des milliers de Grecs de tous bords, de la gauche à l’extrême droite lors des manifestations de soutien au gouvernement.

D’ailleurs, un ministre du gouvernement sur deux n’est pas membre de Syriza. Certains viennent du Pasok (PS grec), de Dimar (historiquement à gauche du Pasok) ou des Grecs indépendants (formation souverainiste d’extrême droite). Tsipras a même installé au poste de Président de la République un membre de Nouvelle Démocratie (le grand parti de la droite grecque).

Qui est Panos Kammenos, au ministère de la Défense ?

C’est dans un esprit « d’union nationale » contre la troïka que Tsipras a ressorti du panier, pour les négociations, la question d’un remboursement de la dette contractée par l’Allemagne nazie à la Grèce et qui a été effacée il y a 60 ans. Si cela n’effraie pas Angela Merkel, cela a au moins le mérite de plaire au nouveau ministre grec de la Défense, Panos Kammenos, une espèce de Jean-Marie Le Pen de confession orthodoxe, spécialiste des petites phrases racistes anti-immigrés, anti-musulmans et anti-juifs qui agite le torchon nationaliste dès qu’il peut, que ce soit au sujet de la République de Macédoine à laquelle il ne reconnaît pas le droit de porter de ce nom ou de la Turquie avec laquelle la Grèce entretient des relations conflictuelles.

Kammenos qui selon la presse a acheté son yacht grâce à un fonds offshore et rénové une maison familiale grâce à un fonds européen, s’est retrouvé lors la campagne électorale des Grecs indépendants à défendre la lutte contre la corruption et contre l’évasion fiscale. Et c’est à lui que reviennent les clés du ministère historiquement le plus corrompu de Grèce.

Tsipras – ainsi qu’une partie de la gauche de Syriza – justifie l’entrée au gouvernement de Kammenos par le fait que ses conceptions racistes seraient secondaires vu qu’il oriente ses efforts dans la lutte contre la troïka. Et les patrons grecs ? Et les colonels ? Non, juste l’ennemi de l’extérieur. Nationalisme quand tu nous tiens !

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