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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 109, décembre 2016

Moi, Daniel Blake, film de Ken Loach

Mis en ligne le 8 décembre 2016 Convergences Culture

Daniel Blake est charpentier à Newcastle, dans l’Angleterre actuelle – mais le film aurait tout aussi bien pu se dérouler à Nantes ou Toulouse... Ouvrier qualifié, « ayant toujours payé rubis sur ongle », tout ce qu’il doit, il est victime d’une crise cardiaque et ses médecins lui interdisent de travailler : pour la première fois de sa vie, il doit donc faire appel aux services sociaux. C’est à l’équivalent de Pôle emploi qu’il rencontre Katie, une jeune femme élevant seule ses deux enfants, tout juste arrivée de Londres : « À Londres, on ne veut pas de gens comme nous », dit-elle en expliquant pourquoi le logement qui lui a été attribué se trouve à 400 kilomètres de sa famille.

Les deux héros plongent dans l’univers de l’absurde, un système fait pour briser les individus. Car, pour Ken Loach, la descente aux enfers que connaissent les deux héros de son film est voulue par un État qui crée délibérément des situations ubuesques... Il l’a clairement dénoncé dans le discours qu’il a prononcé lors de la réception de la Palme d’or à Cannes en mai dernier.

Les personnages que l’on croise font partie de notre quotidien. Hélas, pourrait-on dire, dans le cas de certains employés, eux-mêmes soumis aux pressions d’une chefferie totalement déshumanisée, et qu’on se prend à avoir envie de gifler à tout-va... Mais il y a aussi la réconfortante chaleur qui émane des amis, des voisins, des collègues. Une solidarité pudique mais tenace, à l’image des relations quasi filiales que noue Daniel avec Katie et ses enfants.

On ne croise pas ceux qui font les lois ou les inspirent, pas plus que dans la vie quotidienne. Mais leur monde est bien là, structurant celui du travail, avec ses cons, qui acceptent d’être les vecteurs d’un système absurde, et ses victimes – dont les précédents, d’une certaine façon, font partie.

« Je suis un homme, pas un chien. Un citoyen – rien de plus mais rien de moins » fait dire Ken Loach à son héros dans l’émouvant discours qui clôture le film. On en sort bouleversé, révolté mais aussi réconforté par l’espoir qui naît de la chaleur des relations que le cinéaste met en scène avec une grande pudeur.

J.-J. F.

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Numéro 109, décembre 2016

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