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Accueil > Convergences révolutionnaires > Numéro 139, juin 2021

Menace de révocation à la RATP : une véritable déclaration de guerre

Mis en ligne le 11 mai 2021 Convergences Entreprises

Ce lundi 10 mai, plus de 250 collègues de la RATP de différents dépôts et ateliers de maintenance ainsi que divers soutiens (de la SNCF, de Transdev…) se sont retrouvés devant les locaux de la direction sur la place Lachambeaudie pour soutenir Ahmed Berrahal, militant à la CGT sur le dépôt de Flandre, qui y était convoqué pour un entretien disciplinaire.

La direction a annoncé sa volonté de le révoquer !

En quelques mois à peine c’est le deuxième militant élu d’un des syndicats majoritaires, la CGT, que la direction souhaite licencier ! C’est une véritable déclaration de guerre de la part de la RATP. Cette situation montre que la seule façon pour les salariés de se protéger ne passe pas uniquement par le juridique mais surtout par le rapport de force. Et pour cause, cette répression est hautement politique et cible des militants actifs notamment pendant la grève de l’hiver 2019. C’est donc avec la force du nombre et de l’action collective que la direction peut reculer : la grève comme l’ont montré les collègues de Flandre dont le quart était en grève en soutien à Ahmed ce lundi. C’est dans ce sens qu’il va falloir continuer de se mobiliser car c’est seulement ainsi qu’il sera possible d’empêcher la révocation d’Ahmed et d’avancer nos revendications de travailleurs. Le tout dans un même mouvement qui, dans les deux cas, est contre la politique de rentabilité de la direction ! La réduction de moitié des élus CSE est dans la même ligne : celle de s’en prendre aux militants pour mieux s’attaquer à l’ensemble des salariés.

Les motifs trouvés par la direction ne sont que des prétextes pour s’attaquer à Ahmed. Ce camarade est accusé de harcèlement auprès d’un chef, parce qu’il aurait dénoncé le harcèlement sexiste et sexuel de ce même chef ! Face à ce genre de comportements - et ils sont nombreux - c’est à l’ensemble des salarié.e.s d’imposer que la peur change de camp. Mais il ne faut pas s’y tromper, si la direction cherche à faire taire Ahmed comme d’autres militants syndicaux, c’est pour se venger de la grève de l’an dernier contre l’ensemble des salariés et mettre la pression aux travailleurs qu’ils soient syndiqués ou non. La RATP comme l’ensemble du patronat et du gouvernement n’a pas supporté cette période et pour cause, les grévistes, soutenus par la population, s’étaient organisés pour riposter contre une nouvelle réforme des retraites.

La direction compte donc bien prendre sa revanche en optant pour la répression syndicale alors même que les attaques sur les conditions de travail continuent de pleuvoir : vols de congés annuels, suppressions de postes, augmentation des cadences...

Face à ces nombreuses attaques que la direction promet de poursuivre pour préparer puis mettre en place l’ouverture à la concurrence, les travailleurs de la RATP doivent réagir collectivement à commencer par soutenir évidemment Ahmed, mais aussi en résistant collectivement à l’image de la grève de l’hiver dernier qui a fait reculer le gouvernement, contre tous les coups bas de Guillouard, patronne de la RATP, et de ses sbires. Il va falloir imposer un nouveau rapport de force en faveur des travailleurs avec nos moyens, ceux de la grève, la mobilisation, la convergence entre les différents dépôts et ateliers, pour inverser la tendance et empêcher ce rouleau compresseur de révoquer notre collègue et de détruire nos conditions de travail.

Correspondants

(Article à paraître dans l’Anticapitaliste n° 568)

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