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Mélenchon ou Poutou, il faut choisir !

27 avril 2022 Article Politique

(Tribune parue sur le site de l’Anticapitaliste. Une version plus courte pour l’édition imprimée de l’Anticapitaliste no 613 est disponible ici)

« Mélenchon Premier ministre », en boucle dans les médias. Le chef de la France insoumise, qui pose au sauveur suprême, choisit l’esbroufe et une posture de vendeur de rêve… ou de cauchemar, car son programme d’« avenir en commun » n’arrive pas à la cheville des 110 propositions de son mentor François Mitterrand en 1981, dont on sait comment l’aventure de l’Union de la gauche s’est terminée. Pour passer ensuite à la « gauche plurielle » de Lionel Jospin. Puis à la gauche de François Hollande qui a enfanté Emmanuel Macron. Et à chaque fois, des politiques contre les classes populaires et favorables aux fortunes bâties sur l’exploitation, politiques dignes de celles de la droite et qui ont largement contribué à la montée électorale de l’extrême droite et de ses idées nauséabondes contre les immigrés, les femmes, les minorités de genre. Alors un remake d’union ou « bloc » de gauche, sur des points de programme flous ou inacceptables pour des révolutionnaires, avec un Mélenchon Premier ministre ?

Mélenchon compte rallier à son entreprise le Parti communiste, les Verts d’EELV et même le NPA, pour une première étape de législatives en commun : il propose un accord pour une « nouvelle majorité gouvernementale, c’est-à-dire majorité politique à l’Assemblée nationale » (de cohabitation avec Macron, donc), derrière un « programme commun partagé ». Le conseil national du PS, de son côté, s’est prononcé pour un accord à gauche, y compris avec la FI.

Sectaire, de ne pas vouloir discuter ? Tout dépend de quoi…

Le NPA devait-il aller discuter avec l’Union populaire de cet accord électoral donnant (même hypothétiquement) à Mélenchon les moyens d’une coalition parlementaire pour accéder à l’exécutif ? Au CPN des 16 et 17 avril, les élus de la Fraction l’Étincelle ont voté contre. Non pas par refus de discussion voire décisions communes, dans le cadre de luttes sociales ou politiques, avec les militants ou responsables de la FI. Mais par refus du cadre fixé, de fabrique purement institutionnelle d’un futur gouvernement de gauche (ou simple fabrique de son illusion). Car si Mélenchon, qui connaît le poids des mots parle de « pôle populaire » et de « peuple » (surtout « français » !), c’est pour ne pas parler de « classes sociales », de lutte de classe et a fortiori d’internationalisme prolétarien. S’il met en avant la perspective d’une cohabitation avec Macron, c’est pour laisser loin derrière la nécessité de mobilisations sociales et politiques d’ampleur de la classe ouvrière et de sa jeunesse. Elles seules pourtant renverseront le mur de l’argent – devant lequel la gauche, même radicale, en France comme dans bien d’autres pays, a toujours capitulé. C’est toute la différence entre le programme de l’Union populaire et le programme de lutte de classe défendu par notre candidat Philippe Poutou dans la campagne présidentielle.

Faire vivre les perspectives anticapitalistes et révolutionnaires

Mélenchon utilise les 22 % de suffrages qui se sont exprimés pour l’UP au premier tour de la présidentielle. Ces scores ont été spectaculaires dans les quartiers populaires, dans un prolétariat d’origine immigrée, comme dans une partie de la jeunesse étudiante (secteurs marqués aussi par un fort taux d’abstentions). Dans des municipalités encore gérées par le Parti communiste, l’UP a pu rassembler 60 % des suffrages (et Fabien Roussel quelque 2 %). Chacun sait qu’un milieu plus large que celui de l’UP s’est servi de ce vote le 14 avril, pour échapper au piège d’un futur choix impossible entre Macron ou Le Pen. Ce vote est porteur d’espoir pour les luttes à venir, mais le monopole de la représentation politique n’en revient pas à Mélenchon. Nous sommes devant un choix : cautionner – pour quelques sièges hypothétiques de députés – une machine institutionnelle que Mélenchon oppose aux luttes (en promettant qu’avec lui, plus besoin de kilomètres de manifestations) ou organiser les travailleurs et les jeunes qui ont été sensibles à notre campagne et attendent de préparer avec nous l’avenir révolutionnaire promis par Philippe Poutou. Si nous choisissons d’être présents dans ces prochaines législatives, ce doit être avec notre programme de lutte et de contestation du capitalisme. Car il va falloir en faire, des kilomètres de manifs. Il va falloir en mener, des luttes et sans attendre. Il va falloir aussi aller vers un parti révolutionnaire des exploités et opprimés, pour renverser la table – ce qu’a martelé Philippe Poutou dans sa campagne –, et non pour remettre le couvert aux bourgeois – comme le propose l’UP de Mélenchon derrière son écran de fumée.

La Fraction l’Étincelle, 26 avril 2022

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